Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a rencontré vendredi à Londres le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati, afin de discuter des frappes israéliennes sur le Liban, alors que Washington presse le gouvernement de Beyrouth de prendre des mesures contre le Hezbollah. Cette réunion s’est tenue dans un contexte de tensions accrues entre Israël et le Hezbollah, alors que le Liban subit de lourdes conséquences de la campagne militaire israélienne.
Blinken, de retour d’une tournée au Moyen-Orient, a rencontré Mikati après que ce dernier a assisté à une conférence sur le Liban à Paris la veille. Les deux dirigeants se sont souri devant les caméras, mais n’ont fait aucune déclaration publique après la rencontre.
La position des États-Unis sur le conflit
Les États-Unis, principal allié politique et militaire d’Israël, ont jusqu’à présent évité d’appeler à un cessez-le-feu immédiat, malgré le mois de bombardements israéliens sur le Liban. Cependant, Antony Blinken a insisté sur la nécessité de trouver une solution diplomatique rapide au conflit.
Jeudi, lors de son passage à Doha, Blinken a déclaré : « Nous avons été très clairs sur le fait que cela ne doit pas conduire à une campagne prolongée et qu’Israël doit prendre les mesures nécessaires pour éviter les pertes civiles et ne pas mettre en danger les forces de la FINUL ou l’armée libanaise. »
Washington appelle le gouvernement libanais à renforcer son contrôle sur la sécurité du pays et à œuvrer au désarmement du Hezbollah, qui joue un rôle clé dans le conflit actuel avec Israël. Le Hezbollah, groupe soutenu par l’Iran, est considéré par les États-Unis comme une organisation terroriste et son rôle militaire au Liban constitue un obstacle majeur pour une stabilisation politique et sécuritaire.
Préoccupations concernant les frappes israéliennes
Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a exprimé ses préoccupations concernant les frappes israéliennes qui ont touché les forces armées libanaises. Lors d’un appel à son homologue israélien, Yoav Gallant, Austin a souligné l’importance de protéger les troupes libanaises et les forces de la FINUL. Selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces de l’armée libanaise, au moins 11 soldats libanais ont été tués par des frappes israéliennes.
Cette situation a renforcé la pression sur le gouvernement de Beyrouth, déjà fragilisé par une crise économique et politique, pour gérer la situation sécuritaire tout en maintenant un fragile équilibre entre la coopération internationale et la gestion des tensions internes avec le Hezbollah.
Vers une solution diplomatique ?
Malgré la pression exercée sur le Liban pour qu’il prenne des mesures contre le Hezbollah, la complexité du paysage politique libanais rend difficile toute action décisive. Le Hezbollah, bien que considéré comme une menace par les États-Unis et Israël, reste un acteur politique et militaire puissant au Liban, bénéficiant d’un soutien considérable au sein de la population chiite.
Le défi pour le gouvernement libanais, dirigé par Mikati, est de naviguer entre les demandes internationales de désarmer le Hezbollah et les réalités internes du pays, où le groupe est profondément enraciné. La rencontre entre Blinken et Mikati marque une nouvelle tentative diplomatique pour résoudre ces tensions, mais la voie vers une solution durable semble encore semée d’embûches.



