mardi, février 3, 2026

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Arrestation musclée d’un trafiquant de drogue à Baalbek : échange de tirs avec l’armée libanaise

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Le 2 février 2026, une opération menée par une patrouille de la direction du renseignement de l’armée libanaise dans la localité de Nahle, près de Baalbek, a tourné à l’affrontement armé. Un citoyen libanais, identifié par les initiales M.N., a été arrêté pour trafic de stupéfiants. Au moment de son interpellation, l’individu a ouvert le feu sur les militaires, qui ont riposté sans causer de blessures. Les forces ont saisi sur place une quantité de drogue, un pistolet militaire et plusieurs téléphones portables volés. Les éléments confisqués ont été remis aux autorités compétentes, et une enquête a été ouverte sous la supervision du judiciaire.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre plus large d’une campagne soutenue contre les réseaux de narcotrafic qui opèrent dans diverses régions du Liban. Selon le communiqué officiel de la direction de l’orientation de l’armée, cette arrestation résulte d’une surveillance prolongée des mouvements d’une bande active dans la promotion de stupéfiants. L’opération met en lumière les risques encourus par les forces de sécurité dans des zones où le trafic de drogue est ancré depuis des décennies, particulièrement dans la vallée de la Bekaa, épicentre historique de cette activité illicite.

Parallèlement, dans la région du Mont-Liban, les forces de sécurité intérieure ont procédé à l’arrestation de deux individus impliqués dans une série de vols à main armée. Le 3 février 2026, A.D., né en 1988, et M.D., né en 1970, tous deux libanais et fichés pour des antécédents en vols et larcins, ont été appréhendés dans la localité de Kafaat à bord d’une Mercedes E320 de couleur argentée, dépourvue de plaques d’immatriculation. Une plaque a été découverte à l’intérieur du véhicule, qui a été saisi. Les suspects ont avoué plusieurs opérations de vol à main armée, dont une tentative récente à Aaramoun où l’un d’eux a menacé un témoin avec un fusil Kalashnikov avant de s’enfuir. A.D. a également reconnu avoir causé la mort d’une personne par accident de la route à Damour, en perdant le contrôle de son véhicule, avant de prendre la fuite.

Ces arrestations, annoncées par la direction générale des forces de sécurité intérieure, découlent d’enquêtes intensives basées sur des renseignements accumulés sur des vols récurrents dans le Mont-Liban. Elles soulignent la persistance d’un phénomène criminel qui s’aggrave dans un contexte de précarité économique généralisée au Liban.

Une vallée de la Bekaa gangrenée par le narcotrafic

La région de Baalbek, située dans la vallée de la Bekaa, est depuis longtemps un foyer majeur de production et de trafic de stupéfiants au Liban. Historiquement, cette zone frontalière avec la Syrie a été propice à la culture du cannabis et à la fabrication de captagon, une amphétamine synthétique hautement addictive. Des opérations récentes, comme le démantèlement d’un laboratoire de captagon à Tal Al-Abyad en janvier 2026, illustrent l’ampleur du problème. Lors de cette descente, effectuée suite à un renseignement saoudien, les forces de sécurité intérieure ont arrêté le propriétaire, son fils, son père et un assistant, saisissant des drogues, de l’argent et des armes.

Le captagon, souvent qualifié de “drogue des djihadistes” pour son usage par des groupes armés dans la région, représente une part significative du trafic. En novembre 2025, l’armée libanaise a capturé Noah Zeaiter, décrit comme l’un des barons les plus recherchés du pays, lors d’une embuscade à Baalbek. Âgé de 54 ans, membre du clan Zeaiter, il était condamné à perpétuité par contumace pour trafic de drogue et d’armes, et faisait l’objet d’un mandat d’Interpol. Son réseau s’étendait à la production et à l’exportation de captagon, avec des liens allégués à des entités régionales, y compris des milices et des régimes voisins.

D’autres raids ont suivi : en juillet 2025, l’armée a détruit une usine majeure à Yammouneh, démantelant 10 tonnes de machines et un tunnel de 300 mètres utilisé pour le smuggling. En août 2025, trois trafiquants notoires, dont Abu Salleh et al-Sultan, ont été tués lors d’une poursuite armée près de Baalbek. Ces actions ont porté un coup aux réseaux, mais la porosité de la frontière syro-libanaise facilite toujours les flux. Le commerce de captagon, évalué à des milliards de dollars annuellement, persiste malgré les engagements du nouveau gouvernement syrien à le combattre.

Les clans locaux, comme les Zeaiter et Jaafar, dominent ces activités, souvent en confrontation avec les autorités. En octobre 2025, le quartier de Sharawneh à Baalbek est redevenu un refuge pour fugitifs et dealers, après une prise de contrôle par l’armée en 2022. Des figures religieuses chiites ont parfois justifié le trafic destiné à des non-musulmans, compliquant les efforts de répression.

Les vols armés, symptôme d’une insécurité croissante au Mont-Liban

Dans le Mont-Liban, les vols à main armée se multiplient, touchant des zones comme Aaramoun, Damour et d’autres localités. Les suspects arrêtés le 3 février 2026 illustrent un modus operandi récurrent : utilisation de véhicules anonymes pour cibler des victimes isolées, avec menace d’armes automatiques comme le Kalashnikov. Ces actes ne se limitent pas à des biens matériels ; ils incluent des agressions physiques et, dans un cas, un homicide involontaire lors d’une fuite.

Les forces de sécurité intérieure, via leur branche d’information, ont intensifié les traques. En janvier 2026, un suspect lié à plus de 400 vols, pickpocketing et vols de motos a été arrêté dans la banlieue sud de Beyrouth. Il opérait en se faisant passer pour un agent de sécurité, ciblant des zones comme le camp de Chatila et Rahab. Un autre individu, appréhendé sur la route de l’aéroport, a avoué des vols à l’arraché dans Beyrouth et le Mont-Liban, avec saisie de biens volés et de drogue.

Ces incidents reflètent une hausse des crimes opportunistes. En juin 2025, quatre hommes originaires de l’Ohio ont été arrêtés à Mount Lebanon pour vol de courrier, peu après des braquages de facteurs postaux. En mai 2022, deux suspects ont été recherchés pour un vol à main armée et un carjacking à Mount Lebanon Boulevard. La police locale, comme celle de Mount Lebanon, publie des rapports filtrables par type et localisation, montrant une augmentation des cambriolages et vols mineurs.

L’impact de la crise économique sur la criminalité libanaise

La crise économique qui frappe le Liban depuis 2019 a exacerbé l’insécurité. Le PIB a chuté de 55 milliards à 33 milliards de dollars en deux ans, avec un chômage touchant 40 % de la population et 80 % vivant sous le seuil de pauvreté. Les réfugiés syriens et palestiniens, ainsi que les migrants asiatiques et africains, sont particulièrement vulnérables. Cette précarité a favorisé une hausse des crimes : vols en hausse de 266 % en 2020, bien que les statistiques officielles montrent des fluctuations.

Au premier trimestre 2025, les vols de voitures ont baissé à 87 contre 179 en 2024, mais les homicides ont augmenté à 57 contre 50, et les enlèvements à 10 contre 8. Les indices de criminalité placent Beyrouth à 46,75 et Tripoli à 55,19. L’économie informelle, estimée à 10 milliards de dollars en 2022 (45 % du PIB), facilite le blanchiment et les transactions illicites.

Les forces de sécurité, affaiblies par la dévaluation de la livre libanaise, peinent à répondre. Les salaires des militaires ont fondu, menant à des désertions et des secondes emplois. En 2021, le commandant de l’armée avertissait d’un “implosion” imminent, tandis que le ministre de l’Intérieur notait une incapacité à remplir 90 % des tâches. Les institutions formelles dépendent d’aides internationales, contournant parfois les régulations pour survivre.

Le rôle central de l’armée et des forces de sécurité intérieure

Sous le gouvernement de Nawaf Salam, formé le 8 février 2025, l’armée et les forces de sécurité intérieure jouent un rôle pivotal. Le président Joseph Aoun, ancien chef d’armée élu en janvier 2025, priorise les réformes financières et la reconstruction. L’armée a multiplié les raids : en novembre 2025, arrestation de Nouh Zaiter ; en juillet 2025, saisie de 64 millions de pilules de captagon à Baalbek.

Les forces de sécurité intérieure, via leur bureau des cybercrimes et détachements judiciaires, ciblent les vols organisés. En janvier 2026, 559 arrestations pour divers crimes. Malgré les défis, des accords avec la Syrie post-Assad facilitent les retours de réfugiés, allégeant les tensions.

Les implications immédiates des récentes opérations

Les arrestations du 2 et 3 février 2026 soulignent une intensification des efforts contre le crime organisé. À Baalbek, la saisie de drogue et d’armes perturbe les chaînes locales, mais expose les militaires à des ripostes. Dans le Mont-Liban, la confession des suspects sur des vols multiples et un homicide routier permet de relier des affaires dispersées, renforçant les enquêtes en cours.

Ces actions interviennent alors que le budget 2026, approuvé en janvier, prévoit des hausses salariales pour les forces de sécurité d’ici fin février, visant à stabiliser les institutions. La coopération régionale, avec des raids basés sur des renseignements saoudiens, indique une dynamique transfrontalière accrue contre le narcotrafic. Les retours de plus de 500 000 réfugiés syriens depuis 2025 réduisent les pressions socio-économiques, mais les clans armés persistent, comme à Sharawneh.

Les forces libanaises maintiennent une vigilance accrue, avec des saisies régulières d’armes et de stupéfiants, comme en octobre 2025 à Majdal Anjar et Roumieh. Ces opérations, supervisées judiciairement, visent à restaurer l’autorité de l’État dans un contexte où la pauvreté et les armes illégales menacent la cohésion nationale.

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Newsdesk Libnanews
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