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Assad en zugzwang : entre forces sunnites et forces israéliennes en perspectives dans le Golan et le sud syrien, l’axe chiite Téhéran -Beyrouth se coupe. 

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Le terme zugzwang, emprunté au jargon des échecs, désigne une situation où chaque coup d’un joueur aggrave sa position, le conduisant inéluctablement à une perte. C’est exactement la posture dans laquelle se trouve aujourd’hui Bachar el-Assad. Pris entre la pression des forces sunnites progressant depuis le nord et l’est de la Syrie, et les manœuvres israéliennes dans le Golan et le sud syrien, le régime est acculé à faire face à des défis insurmontables.

1. L’étau des forces sunnites
Les forces sunnites, soutenues par la Turquie, l’Arabie saoudite et indirectement Israël, progressent en multipliant les victoires. Après la prise d’Alep, Hama et Homs, elles se rapprochent de Damas. Cette avancée menace directement le cœur du pouvoir d’Assad et vise à briser l’axe chiite reliant Téhéran à Beyrouth, un corridor stratégique pour le régime syrien et ses alliés iraniens. La prise de Homs, en particulier, couperait les communications entre le littoral alaouite, bastion loyaliste, et Damas, isolant Assad de ses soutiens logistiques.

2. La menace israélienne dans lsud syrien
Au sud, Israël, préoccupé par la présence croissante des milices iraniennes et du Hezbollah dans le Golan, maintient une posture offensive. Les frappes israéliennes régulières sur les positions iraniennes et syriennes visent à détruire les infrastructures militaires qui pourraient menacer sa sécurité. Cela affaiblit encore davantage Assad, déjà submergé par les forces sunnites.

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3. L’axe chiite edanger
L’axe Téhéran-Beyrouth, vital pour les ambitions régionales de l’Iran, repose sur le contrôle de la Syrie par le régime d’Assad. Cet axe permet d’acheminer armes, fonds et soutien militaire au Hezbollah libanais via des routes terrestres. Si les forces sunnites prennent Homs, cette continuité sera brisée. Le Hezbollah, dépendant de ces routes pour son armement, verra ses capacités logistiques fortement réduites. Ce scénario affaiblirait non seulement le régime syrien, mais aussi la position stratégique de l’Iran au Moyen-Orient.

En résumé, Assad est en zugzwang : reculer face aux sunnites ou résister aux frappes israéliennes aggrave sa position. Dans les deux cas, la pression sur l’axe chiite devient insoutenable, menaçant de couper définitivement la connexion stratégique entre Téhéran, Damas et Beyrouth. Cette rupture marquerait un revers majeur pour le régime syrien, le Hezbollah et l’Iran, et redistribuerait les cartes du pouvoir dans la région.

Les batailles de Homs edDamas : points nodaux dvortex sunnites – chiites en Syrie

La chute d’Assad s’accélère sous l’effet d’événements qui se précipitent. Après les offensives fulgurantes sur Alep, Hama et Homs par les forces sunnites, l’effondrement des lignes d’Assad à Homs annonce une progression inévitable vers Damas. Ce recul illustre les limites stratégiques du régime, abandonné progressivement par ses alliés historiques. Les Russes, focalisés sur l’Ukraine, laissent une présence militaire réduite en Syrie, signalant un désengagement tactique.

De leur côté, les Iraniens et leurs alliés chiites voient leurs options se réduire. Le Hezbollah, affaibli par la perte imminente de Homs, risque de perdre ses lignes d’approvisionnement vitales. Ces dynamiques montrent que le régime Assad, face à un encerclement stratégique, se rapproche inexorablement de sa chute.

Deux scénarios s’ouvrent après Homs : une transition sous supervision turque ou une obstination chaotique d’Assad. Dans le premier cas, une division territoriale inspirée du modèle irakien pourrait émerger, prévenant massacres et chaos. Dans le second, un effondrement total entraînerait un désordre généralisé, marquant la fin tragique du régime.

Erdogan pourrait jouer un rôle clé, accélérant les événements pour éviter une nouvelle crise migratoire. En soutenant l’avancée des forces sunnites vers Damas, la Turquie cherche à peser dans une transition politique tout en consolidant son influence régionale.

Homs était ainsi un théâtre stratégique majeur. La ville, carrefour reliant le nord au sud de la Syrie, est au cœur des ambitions des deux camps. Pour le régime, elle est essentielle pour maintenir le lien entre Damas et le bastion alaouite sur le littoral. Pour les forces sunnites, sa prise coupe les communications du régime, modifiant profondément l’équilibre des forces.

Le camp chiite, regroupant Iran, Hezbollah et milices irakiennes, mobilise des forces importantes pour défendre ses positions. Ces efforts illustrent l’importance cruciale de Homs pour l’axe reliant Téhéran à Beyrouth. Cependant, l’ampleur de l’attaque sunnite, coordonnée par la Turquie et soutenue indirectement par l’Arabie saoudite et Israël, met à mal ces défenses.

Après la chute de Homs, l’ensemble de l’axe chiite vacille, menaçant les capacités logistiques du Hezbollah au Liban et les ambitions régionales de l’Iran. 

Ainsi, Homs et Damas se révèlent être les points nodaux d’un conflit qui dépasse les frontières syriennes, impactant directement l’équilibre de puissance au Moyen-Orient. La bataille de Syrie redessine les lignes d’influence régionales, plaçant le régime Assad face à son destin.

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Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

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