Le Liban continue de faire face à un blocage politique majeur, alors que plusieurs députés expriment leur frustration face à l’absence d’une session productive du Parlement. Le pays, privé d’un président et confronté à d’importants défis économiques et sécuritaires, semble paralysé par l’incapacité des différentes factions à se mettre d’accord sur les nominations clés.
Ibrahim Kanaan : « Le Liban sans tête ni corps »
Le député Ibrahim Kanaan, s’exprimant depuis le Parlement après l’annulation de la séance de la commission parlementaire, a critiqué la situation actuelle en déclarant qu’« il n’est pas acceptable de laisser l’État libanais sans tête, sans corps et sans bras ». Il a souligné que, dans une période aussi critique, la population a besoin de responsables capables de faire face aux défis et aux agressions.
Kanaan a également mis en garde contre l’évasion de responsabilités, affirmant que fuir ses devoirs revient à fuir la confrontation, un acte qu’il considère comme l’une des pires caractéristiques que pourrait avoir un responsable politique. Il a insisté sur le fait que le Parlement, en tant que source de toutes les autorités, doit rester prêt à répondre à toutes les échéances constitutionnelles, avertissant que lier une échéance à une autre pourrait entraîner la perte de tout ce que le pays a déjà perdu.
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Le député a pointé du doigt l’absence de dirigeants à la tête des institutions vitales, telles que la présidence de la République, la Banque du Liban, et d’autres organes de sécurité comme la direction de la Sûreté générale. Pour Kanaan, la situation actuelle est inacceptable.
Georges Adwan : « Le salut du Liban passe par les institutions »
De son côté, le député Georges Adwan, vice-président du parti des Forces libanaises, a souligné l’importance des institutions en tant que solution à la crise actuelle. Il a rappelé que, malgré les circonstances difficiles, il est essentiel de préserver et de protéger le Parlement, ainsi que le système électoral, afin de relancer le pays.
« Quelle que soit la situation, les institutions de l’État sont notre seul refuge », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’élection d’un président, capable de mettre en œuvre toutes les résolutions internationales, est indispensable pour faire avancer le pays.
Adwan a également critiqué ceux qui n’ont pas assisté à la séance parlementaire, les accusant de contribuer à l’impasse actuelle et au retard dans l’élection du président.
Melhem Khalaf : « L’élection du président, clé du salut »
Le député Melhem Khalaf, qui en est à son 642e jour de présence au Parlement, a lancé un appel poignant à ses collègues présents, leur demandant de rester dans la salle du Parlement jusqu’à l’élection d’un président. « Qu’importe pour le Liban de gagner la guerre si nous perdons le vivre ensemble ? », a-t-il déclaré, appelant à transformer cette période de guerre en une opportunité pour sauver le pays.
Il a demandé à ses collègues députés de ne pas quitter l’hémicycle, d’en fermer les portes et d’appeler les autres députés à rejoindre la séance pour entamer immédiatement le processus d’élection du président. « C’est ce que les Libanais attendent de nous », a-t-il martelé, avant de déplorer que ses collègues aient finalement quitté la salle, abandonnant ainsi, selon lui, une chance de surmonter la crise actuelle.



