jeudi, février 19, 2026

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Brigitte Bardot : la beauté universelle, du mythe des années 60 à la “BB” que chaque génération cherche encore

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Brigitte Bardot, c’était la beauté qui saute aux yeux, sans mode d’emploi. Un visage, une moue, une façon de marcher, de poser, de rire — et, tout de suite, une évidence. Elle n’a pas seulement « été belle » à un moment donné : elle a imposé une beauté qui traverse les décennies, presque universelle, comme un repère auquel on revient dès qu’on cherche à définir ce que « beauté » veut dire, au-delà des modes.

Au fond, oui : en son temps, Bardot a été la réponse française à Marilyn Monroe — mais même au-delà, la comparaison tient encore, parce qu’elle dit la même mécanique du mythe. Pas une copie, pas un doublon, pas une équivalence. Marilyn, c’est Hollywood, le glamour fabriqué et la fragilité tragique. BB, c’est l’inverse du studio : une femme plus naturelle, plus sauvage, avec cette énergie presque indocile qu’elle impose dès Et Dieu… créa la femme. Saint-Tropez, le soleil, la peau nue, la liberté qui déborde du cadre — une sensualité moins policée, moins scénarisée, plus brute. Deux mythes, deux pays, deux façons de transformer une femme en icône — avec, chez l’une comme chez l’autre, ce mélange de fascination et de vertige qu’une société projette sur ses stars, du moins à l’époque. L’aura de Marylin elle s’est dissipée. BB a traversé le temps même après l’arrêt de sa carrière.

Ce qui reste le plus fort chez Bardot, c’est ce qu’on ne peut pas fabriquer : le naturel. Cette beauté qui n’avait pas l’air d’avoir été « construite », cette manière d’être à l’écran comme dans la vie — parfois brusque, parfois lumineuse, mais rarement lisse. On peut admirer l’icône, mais on s’attache à autre chose : une présence franche, presque instinctive, loin des poses trop calculées. C’est aussi pour ça qu’elle ne vieillit pas : parce qu’elle ne dépend pas d’un style précis, mais d’une impression de vérité.

Et ce naturel n’empêche pas l’épaisseur. Bardot, c’est aussi une femme de convictions. À un moment où beaucoup de célébrités se contentaient d’être des images, elle a mis une part d’elle-même dans un combat qui lui a collé à la peau : la défense des animaux. Qu’on partage ou non tout ce qu’elle a pu dire au fil des années, cette cause-là a été un axe réel, durable, assumé, qui a déplacé son statut : de star à figure engagée. Elle ne se résume pas à un « canon de beauté ». Elle a été une femme qui a choisi, qui a tranché, qui a pris des positions — et cela donne à son mythe une épaisseur que la simple photogénie n’a jamais suffi à créer.

C’est d’ailleurs là que Bardot devient vraiment intemporelle : à chaque génération, on tente de retrouver « la BB de notre temps ». Comme si l’époque avait besoin de sa version Bardot, d’un visage capable de condenser à la fois la beauté, la liberté, et une forme d’insolence naturelle. Dans les années 1990, on a souvent vu Claudia Schiffer comme une héritière évidente : le blond qui capte la lumière, la photogénie immédiate, une féminité spectaculaire mais simple à regarder. Plus récemment, d’autres figures — actrices, mannequins, stars de la pop culture — ont été comparées à Bardot, parfois pour un détail (une bouche, une crinière, une nonchalance), parfois pour une énergie plus globale : cette impression qu’on ne regarde pas seulement une personne, mais une image qui s’impose et qui raconte quelque chose de l’époque.

Au final, c’est ça : une beauté devenue langage universel. BB n’était plus seulement française, mais appartenait au Monde, comme le démontrent aujourd’hui tous ses hommages. Pas seulement l’icône d’hier, mais une sorte de modèle récurrent, que chaque décennie essaie de réinventer sans jamais tout à fait l’atteindre.

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François El Bacha
François El Bachahttp://el-bacha.com
Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

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