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Cibles civiles ou infrastructures militaires ? Enquête sur les frappes israéliennes du 6 juin à Beyrouth

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Frappes massives et zones ciblées

Le 5 juin 2025, à la veille de l’Aïd al-Adha, plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth ont été frappés par l’armée israélienne. Les bombardements ont visé les zones de Haret Hreik, Borj al-Barajneh et Hadath-Kafaat. D’après Ad Diyar (6 juin 2025), huit immeubles résidentiels ont été détruits ou gravement endommagés. Les frappes ont provoqué une panique généralisée, conduisant à des mouvements de population internes dans la capitale.

L’armée israélienne a justifié ces frappes en affirmant cibler des « infrastructures souterraines utilisées pour la fabrication de drones » par des cellules affiliées au Hezbollah. Cependant, selon Ad Diyar, aucune infrastructure militaire n’a été identifiée sur les sites bombardés. Les zones visées sont décrites comme strictement résidentielles. Les inspections menées par l’armée libanaise ont confirmé l’absence d’armements ou de matériel militaire sensible.

Vérifications sur le terrain

Ad Diyar (6 juin 2025) rapporte que l’armée libanaise s’est immédiatement rendue sur place pour inspecter les ruines. Le rapport officiel adressé à la Commission de surveillance du cessez-le-feu indique qu’aucun entrepôt, centre de commandement ou équipement militaire n’a été découvert. Ces informations ont été transmises à travers les canaux diplomatiques habituels, mais Israël a rejeté toute attente de vérification avant les frappes.

Al Binaa (6 juin 2025) souligne que les bombardements ont été lancés malgré l’opposition des autorités libanaises, qui avaient demandé à la FINUL de retarder toute opération militaire jusqu’à la fin des inspections. Le refus d’Israël d’attendre les résultats est présenté comme une violation manifeste des engagements internationaux, en particulier de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Condamnations officielles

La réponse politique à Beyrouth a été immédiate. Le président Joseph Aoun a dénoncé dans Al Akhbar (6 juin 2025) une « violation flagrante d’un accord international », soulignant que l’attaque visait « à semer la peur parmi les civils et à miner les fondements de la stabilité ». Il a également adressé une protestation formelle aux autorités américaines, accusant Washington de couvrir politiquement les actions israéliennes.

Le Premier ministre Nawaf Salam a qualifié les frappes de « tentative délibérée de compromettre la sécurité, l’économie et la stabilité du Liban » (Al Joumhouriya, 6 juin 2025). Il a également insisté sur le fait que l’agression avait des conséquences désastreuses sur le tourisme, particulièrement en cette période de fête.

Le président du Parlement Nabih Berri a ajouté que l’attaque « ne visait pas une communauté spécifique, mais bien le Liban dans son ensemble » (Al Joumhouriya, 6 juin 2025). Il a appelé à une unité nationale renforcée pour faire face à l’escalade israélienne.

Une logique stratégique israélienne contestée

Al Binaa (6 juin 2025) met en lumière une stratégie de provocation de la part du gouvernement israélien, dans un contexte de crise interne. Le journal évoque une tentative de Benjamin Netanyahou de détourner l’attention de ses difficultés politiques par une action militaire contre le Liban. Selon ces analyses, les frappes s’inscrivent dans une dynamique de politique intérieure israélienne, où la démonstration de force devient un outil de légitimation.

Le même journal note que les accusations contre le Hezbollah concernant des ateliers de fabrication de drones n’ont jamais été appuyées par des éléments de preuve publics. Les experts interrogés dans Al Quds (6 juin 2025) affirment que le flou entretenu autour de ces allégations sert à justifier toute action militaire sous couvert de prévention sécuritaire.

Conséquences humanitaires et sécuritaires

Al Akhbar (6 juin 2025) décrit des scènes de chaos dans les rues de Beyrouth sud le soir du 5 juin. Les habitants, pris de panique, ont fui leurs logements, provoquant des embouteillages massifs. La défense civile a déployé des équipes pour sécuriser les bâtiments endommagés et assister les blessés. Bien que le bilan humain reste limité selon les premières estimations, les dégâts matériels sont considérables.

Les témoignages rapportés dans Al Quds font état d’un profond traumatisme chez les enfants et les personnes âgées. Certains ont perdu leur logement, d’autres ont été blessés ou choqués. La couverture médiatique a montré des images de familles fuyant à pied les quartiers sinistrés, sous les sirènes et les éclairs des frappes.

La réponse diplomatique en suspens

Malgré l’ampleur de l’événement, les réactions internationales sont restées mesurées. Le Conseil de sécurité n’a pas encore convoqué de réunion d’urgence, malgré les demandes formulées par le Liban. La FINUL a indiqué être en train de rassembler des informations, mais n’a pas publié de déclaration ferme.

Al Diyar souligne que le silence diplomatique pourrait encourager une répétition des attaques. Le journal avertit que si la communauté internationale ne condamne pas clairement ces frappes, une escalade majeure pourrait suivre, avec des conséquences imprévisibles pour la région.

Objectifs cachés de l’opération

Dans son édition du 6 juin 2025, Al Quds évoque un plan israélien visant à tester les limites de la retenue du Hezbollah. Certains analystes y voient une tentative d’inciter à une riposte armée, qui justifierait ensuite une opération de grande envergure. La relative discrétion de la réaction du Hezbollah est perçue comme une stratégie visant à éviter de tomber dans ce piège.

Ad Diyar (6 juin 2025) ajoute que le choix du moment, à la veille de l’Aïd al-Adha, vise clairement à frapper l’opinion publique et à marquer symboliquement les esprits. Les dégâts infligés dans des zones civiles sans avertissement préalable sont interprétés comme une forme de message politique et militaire, visant à rappeler la capacité de frappe de l’armée israélienne à tout moment.

Soutiens régionaux et équilibres stratégiques

Les réactions régionales, bien que solidaires, restent prudentes. Les déclarations de soutien à la souveraineté libanaise ont émané de plusieurs chancelleries arabes, mais sans proposition concrète de médiation ou d’action commune. Le contexte géopolitique, marqué par les tensions persistantes autour de Gaza et de la Syrie, complique toute initiative de coordination diplomatique.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a évoqué, lors d’un appel avec son homologue iranien, la nécessité de « prévenir toute escalade susceptible de déstabiliser l’ensemble de la région » (Al Quds, 6 juin 2025). Cette déclaration souligne les craintes d’un engrenage plus large, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux.

Une opinion publique en alerte

Les quotidiens libanais s’accordent à dire que l’impact psychologique de ces frappes est majeur. La population, déjà éprouvée par des années de crise économique et politique, voit dans ces attaques un retour à une forme de vulnérabilité permanente. La peur d’une guerre à grande échelle, comme celle de 2006, ressurgit.

Les réseaux sociaux ont relayé en masse les images des destructions, les messages de soutien, mais aussi les critiques envers l’inaction des grandes puissances. Cette mobilisation numérique reflète un profond besoin de reconnaissance et de protection, face à ce qui est perçu comme une impunité grandissante d’Israël sur la scène internationale.

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