Ce mercredi 4 mars 2026, au lever du jour, de nouvelles détonations ont retenti dans la capitale iranienne tandis que des salves de missiles et de drones iraniens frappaient les infrastructures des pays du Golfe. L’armée israélienne a lancé une « vague large » de frappes sur les systèmes de défense et les sites de lancement iraniens, portant le conflit à son cinquième jour depuis les opérations américano-israéliennes du 28 février qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei. À Téhéran, des colonnes de fumée s’élèvent au-dessus des quartiers sud et du centre, où les services de secours évacuent encore des blessés des bâtiments touchés pendant la nuit. Dans le Golfe, les capitales de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Koweït et de Bahreïn ont activé leurs défenses aériennes face à des attaques iraniennes qualifiées d’« indiscriminées » par les monarchies.
La matinée offre un tableau de chaos coordonné sur plusieurs fronts. À Téhéran, les habitants rapportent des sirènes incessantes et des mouvements de véhicules militaires vers les zones sinistrées. Les aéroports restent fermés, et les chaînes de télévision d’État diffusent en boucle des images de destructions tout en appelant à la mobilisation. Dans les pays du Golfe, les marchés financiers ont ouvert en forte baisse, tandis que les aéroports de Dubaï, Doha et Riyad fonctionnent au ralenti après des impacts directs. Les États-Unis ont renouvelé leur appel à l’évacuation immédiate de leurs ressortissants dans quatorze pays de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn.
Le bilan humain s’alourdit en Iran et dans le Golfe
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Le Croissant-Rouge iranien a communiqué un bilan provisoire de près de huit cents morts et de milliers de blessés depuis le début des frappes américano-israéliennes. Parmi les victimes figurent des civils pris au piège dans des immeubles résidentiels et des bâtiments administratifs touchés à Téhéran, Isfahan et Qom. Des hôpitaux ont été évacués en urgence, et une école de filles avait déjà été frappée lors des premières vagues, provoquant un émoi international. Le ministère iranien de la Santé a précisé que les frappes nocturnes ont visé des quartiers densément peuplés, augmentant le risque de victimes collatérales.
Dans les pays du Golfe, les attaques iraniennes ont fait au moins une vingtaine de morts et des centaines de blessés. Aux Émirats arabes unis, trois personnes ont péri à Dubaï et soixante-huit ont été blessées après des impacts sur des hôtels de luxe et l’aéroport international. Au Qatar, seize blessés sont recensés près de la base américaine d’Al-Udeid. En Arabie saoudite, l’ambassade des États-Unis à Riyad a été touchée, tandis qu’une raffinerie à Ras Tanura a subi des dommages. Le Koweït et Bahreïn rapportent également des blessés après des frappes sur leurs aéroports et ports. Ces chiffres, encore provisoires, s’ajoutent aux six militaires américains tués depuis le début du conflit, selon le Pentagone.
Les cibles frappées en Iran : une campagne aérienne d’une ampleur inédite
L’armée israélienne, appuyée par les forces américaines, a intensifié ses opérations nocturnes. Des explosions ont été entendues à Téhéran, visant notamment le quartier général des forces de sécurité Sarallah, des sites de lancement de missiles de l’IRGC, des installations nucléaires et des bâtiments officiels. Le palais présidentiel et des installations liées à l’ancien Guide suprême ont été touchés mardi, selon des sources officielles israéliennes. L’état-major israélien a confirmé avoir frappé plus de deux mille cibles depuis le début des opérations, dont des usines d’armement, des centres de commandement et des bases de la milice Basij.
Le président américain Donald Trump a déclaré que « tout a été neutralisé » en Iran, soulignant la destruction des capacités de lancement de missiles. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a quant à lui affirmé que les frappes se poursuivraient « jusqu’au désarmement complet des forces iraniennes et de leurs proxies ». Des images satellites montrent des colonnes de fumée au-dessus de Mehrabad, l’aéroport de Téhéran, et du complexe de radiodiffusion IRIB. L’Iran a évacué plusieurs sites sensibles, dont des installations à Qom, siège de l’Assemblée des experts.
Les ripostes iraniennes : le Golfe au cœur de la contre-offensive
Téhéran a élargi son champ de bataille en direction des monarchies du Golfe, qu’il accuse d’héberger des bases américaines utilisées contre lui. Plus de cent trente-sept missiles balistiques et huit cent douze drones ont visé les Émirats arabes unis, selon des sources émiraties. Dubaï a subi des dommages sur son aéroport international et plusieurs hôtels emblématiques de Palm Jumeirah. Le Qatar a enregistré soixante-six missiles, dont plusieurs près de la base d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient. Bahreïn, siège de la Ve flotte américaine, a été touché à son port de Salman.
L’Arabie saoudite a vu sa raffinerie de Ras Tanura frappée, provoquant un incendie rapidement maîtrisé mais suffisant pour faire flamber les cours du pétrole. Le Koweït et Oman ont également été ciblés, avec des impacts sur leurs aéroports et ports stratégiques. L’Iran a revendiqué ces opérations comme une réponse légitime, affirmant viser exclusivement les « bases d’agression » américaines. Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que « toute attaque sur le sol iranien recevra une réponse proportionnée sur l’ensemble de la région ». Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, fait l’objet de tensions accrues, avec des menaces iraniennes de fermeture totale.
La position des pays du Golfe : condamnation unanime et mobilisation défensive
Les monarchies du Golfe ont réagi avec une rare unité. Lors d’une vidéoconférence des ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les dirigeants ont condamné « l’agression iranienne » et affirmé leur droit à « prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre leur souveraineté ». L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont activé un centre de commandement conjoint à Riyad en coordination avec le Commandement central américain. Les Émirats ont fermé temporairement leur espace aérien avant de le rouvrir partiellement, tandis que le Qatar a abattu plusieurs drones iraniens en approche de Doha.
L’Arabie saoudite a vu son ambassadeur aux Nations unies exiger une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Les Émirats arabes unis ont rappelé leur ambassadeur à Téhéran et fermé leur représentation diplomatique. Des voix au sein du CCG, comme l’ancien Premier ministre qatari Cheikh Hamad ben Jassim, ont toutefois appelé à ne pas se laisser entraîner dans une confrontation directe, soulignant que « ce n’est pas notre guerre ». Malgré ces réserves, les pays du Golfe ont renforcé leurs défenses aériennes et coordonné leurs efforts avec Washington pour protéger les infrastructures pétrolières et gazières, vitales pour l’économie mondiale.
Les opérations israéliennes : double front contre l’Iran et ses proxies
Israël mène une stratégie à deux volets. D’une part, les frappes aériennes massives sur l’Iran se poursuivent, avec des vagues successives visant à neutraliser les capacités balistiques restantes. D’autre part, le front libanais s’est rouvert : après les tirs de roquettes du Hezbollah en solidarité avec Téhéran, l’armée israélienne a lancé une incursion terrestre au sud du Litani, saisissant des positions stratégiques et ordonnant l’évacuation de dizaines de villages libanais. Le ministre israélien de la Défense a déclaré que ces opérations visent à créer « un cordon de sécurité élargi » face à la menace iranienne par procuration.
À l’intérieur d’Israël, les systèmes de défense ont intercepté la majorité des projectiles iraniens, mais onze personnes ont péri, notamment à Beit Shemesh, et des centaines ont été blessées. Des sirènes ont retenti à Tel Aviv et Jérusalem pendant la nuit. Le gouvernement israélien a placé l’ensemble du pays en état d’alerte maximale, avec des restrictions sur les rassemblements publics et un appel à la réserve pour les unités spécialisées.
Les implications économiques immédiates et les évacuations en cours
Les marchés mondiaux réagissent violemment. Le prix du baril de Brent a dépassé les cent vingt dollars après les attaques sur les infrastructures saoudiennes et qataries. Le Qatar a suspendu temporairement ses exportations de gaz naturel liquéfié depuis le site de Ras Laffan. Les compagnies aériennes internationales ont annulé des vols vers la région, et les compagnies de navigation évitent désormais le détroit d’Ormuz. Les États-Unis ont annoncé des mesures pour stabiliser les prix de l’énergie, tandis que le président Trump a proposé le déploiement de la marine pour escorter les tankers.
Les évacuations se poursuivent. Le Département d’État américain a ordonné le départ immédiat de tous les non-essentiels dans les pays du Golfe, en Israël, au Liban et en Jordanie. Des opérations similaires sont menées par la France, le Royaume-Uni et d’autres pays occidentaux. À Dubaï et Abu Dhabi, des milliers d’expatriés se pressent dans les aéroports encore opérationnels.
Les développements immédiats sur le terrain ce matin
À l’heure où ces lignes sont écrites, l’aviation israélienne poursuit ses survols au-dessus de l’Iran, avec de nouvelles explosions signalées près de sites militaires à Ispahan et Téhéran. L’Iran a annoncé une onzième vague de missiles vers Israël, tandis que des drones continuent de viser les installations américaines dans le Golfe. En Arabie saoudite, les équipes de secours interviennent à Ras Tanura, et le CCG coordonne une réponse commune. À Doha, le trafic aérien reste perturbé après l’interception de projectiles. Les hôpitaux de la région sont en alerte maximale, et les observateurs internationaux suivent de près l’évolution de la situation au détroit d’Ormuz. Les faits sur le terrain continuent d’évoluer heure par heure, dictés par la succession rapide des opérations militaires et des ripostes en cours dans l’ensemble du Moyen-Orient.



