dimanche, février 22, 2026

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Consultations au Liban : Nawaf Salam face au défi du consensus politique

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La formation d’un gouvernement au Liban est une tâche complexe, enracinée dans un cadre institutionnel spécifique et fortement influencée par des facteurs communautaires et politiques. Au cœur de ce processus se trouvent les consultations parlementaires non contraignantes, un exercice fondamental prévu par la Constitution libanaise pour garantir un dialogue initial entre le Premier ministre désigné et les blocs parlementaires.

Consultations non contraignantes : un cadre prévu par la Constitution

Le système politique libanais, basé sur le Pacte national de 1943 et formalisé par les accords de Taëf de 1989, repose sur une répartition confessionnelle des pouvoirs. La Constitution stipule que le président de la République désigne le Premier ministre après des consultations parlementaires contraignantes. Cependant, ces consultations non contraignantes permettent au Premier ministre désigné de définir les grandes lignes de son gouvernement avant de finaliser sa composition. Ces consultations symbolisent un équilibre entre les forces politiques et communautaires. Elles servent à éviter des désaccords majeurs dès le départ en sondant les priorités des différentes factions. Cependant, dans le climat actuel, marqué par une méfiance généralisée et des tensions internes, ces discussions deviennent un terrain d’affrontements idéologiques et politiques.

Le défi du consensus dans un système confessionnel

Le Liban fonctionne selon un système politique unique où les postes clés de l’État sont répartis entre les confessions : la présidence de la République pour un chrétien maronite, la présidence du Conseil des ministres pour un musulman sunnite, et la présidence de la Chambre des députés pour un musulman chiite. Cette répartition vise à garantir une représentation équitable des différentes communautés, mais elle a également exacerbé les divisions sectaires. Pour Nawaf Salam, le principal défi est de respecter cet équilibre confessionnel tout en formant un cabinet capable de mettre en œuvre des réformes. Il a proposé de constituer un gouvernement technocratique réduit, composé d’experts indépendants, mais cette idée suscite des résistances, notamment de la part des forces politiques traditionnelles. Ces dernières craignent une marginalisation de leur influence dans un contexte où le Liban est sous pression internationale.

Les attentes des blocs parlementaires

Les consultations révèlent les lignes rouges des principaux blocs politiques. Les factions chiites insistent sur le maintien de leur poids au sein du gouvernement, en soulignant l’importance de la représentativité communautaire. Parallèlement, d’autres blocs, comme les partis réformateurs, réclament une rupture avec le clientélisme politique et une approche basée sur les compétences. Le rôle du président de la République dans ce contexte est essentiel. Bien que son intervention se limite à superviser et faciliter le processus, il peut influencer les discussions en encourageant un compromis entre les différentes factions. Ce rôle est d’autant plus crucial dans un contexte de crise économique et de pressions sociales croissantes.

Une étape critique dans la formation du gouvernement

Les consultations non contraignantes, bien que non décisives, posent les bases des négociations pour la formation d’un gouvernement. Elles permettent d’identifier les points de blocage et les possibilités de consensus. Cependant, leur efficacité dépend de la volonté des partis politiques de mettre de côté leurs intérêts sectaires au profit de l’intérêt national. Dans un système politique où chaque décision est scrutée à travers le prisme communautaire, le succès de ces consultations repose sur la capacité du Premier ministre désigné à naviguer entre les tensions et à bâtir une vision commune. Nawaf Salam devra donc jongler avec les attentes contradictoires des acteurs politiques, tout en tenant compte des revendications populaires et des exigences internationales.

Un gouvernement inclusif ou des réformes bloquées ?

La Constitution libanaise stipule que le gouvernement doit obtenir la confiance du Parlement avant d’entrer en fonction. Cela signifie que Salam devra convaincre une majorité des députés pour que son cabinet soit validé. Cette réalité complexifie encore davantage la tâche, car chaque bloc cherche à maximiser ses gains avant le vote de confiance. Dans ce cadre, les consultations non contraignantes deviennent un baromètre de la faisabilité politique. Si Salam parvient à aligner les principales forces politiques sur des objectifs communs, cela pourrait ouvrir la voie à un gouvernement stable. À défaut, le Liban risque de s’enfoncer davantage dans l’impasse politique, avec des conséquences graves pour son économie et sa cohésion sociale.

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Newsdesk Libnanews
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