dimanche, février 22, 2026

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Crise bancaire au Liban : un piège politique pour le gouvernement Nawaf Salam

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Une crise bancaire qui s’éternise et alimente la colère populaire

Depuis l’effondrement du système financier libanais en 2019, la question des dépôts bancaires gelés reste l’un des sujets les plus explosifs sur la scène politique et économique. Plus de 100 milliards de dollars appartenant aux déposants sont toujours bloqués dans les banques, alors que le gouvernement de Nawaf Salam est désormais sous une pression croissante pour proposer une solution immédiate.

D’après Nahar (25 février 2025), les déposants, soutenus par plusieurs mouvements sociaux et des associations comme la « Rassemblement des déposants », multiplient les manifestations, exigeant une restitution rapide et sans conditions de leurs fonds. Le Fonds monétaire international (FMI), de son côté, impose des critères stricts avant d’accorder toute aide financière, notamment en demandant une répartition équitable des pertes entre l’État, les banques et les déposants.

Face à cette impasse, le gouvernement libanais est pris en étau entre les pressions populaires et les exigences des institutions financières internationales, rendant toute réforme extrêmement délicate.

Des banques en faillite virtuelle, mais protégées par l’État

Les banques libanaises, qui avaient multiplié les prêts à l’État libanais avant la crise, sont aujourd’hui insolvables et incapables de restituer les dépôts. D’après Al Akhbar (25 février 2025), elles refusent d’assumer seules les pertes et exercent un lobbying intensif pour que l’État prenne en charge une partie du fardeau financier. Leur argument principal repose sur le fait que l’effondrement a été causé par des décennies de mauvaise gestion publique et non par leur propre responsabilité.

Le président de l’Association des Banques du Liban (ABL), dans une déclaration reprise par Al Joumhouriyat (25 février 2025), affirme que « toute solution qui pénaliserait uniquement les banques mènerait à l’effondrement total du secteur financier, rendant toute reprise impossible ». Cette position est contestée par de nombreux experts et militants, qui accusent les banques de vouloir faire porter le poids des pertes aux déposants et aux contribuables.

Les plans du gouvernement pour débloquer la situation

Le gouvernement de Nawaf Salam a proposé plusieurs pistes pour résoudre la crise des dépôts bancaires, mais chacune d’elles rencontre une forte opposition politique et sociale.

  1. Un remboursement étalé sur plusieurs années : Cette option, soutenue par les banques et une partie du gouvernement, prévoit une restitution des fonds en plusieurs étapes sur une période pouvant aller jusqu’à 20 ans. Cela permettrait d’éviter un effondrement total du secteur bancaire, mais cette solution est massivement rejetée par les déposants, qui dénoncent une confiscation déguisée de leurs économies.
  2. Un fonds de compensation financé par les actifs de l’État : Une autre proposition consiste à créer un fonds souverain regroupant des actifs publics (télécoms, aéroports, immobilier de l’État) pour compenser les pertes des déposants. D’après Nahar (25 février 2025), ce plan est soutenu par le FMI, mais suscite une forte opposition des partis souverainistes, qui y voient une vente déguisée du patrimoine national sous la pression des bailleurs de fonds internationaux.
  3. Un « haircut » ciblé sur les gros comptes : Certains économistes proposent d’appliquer une décote sur les dépôts les plus importants, tout en garantissant une restitution totale des petits et moyens comptes. Selon Al Akhbar (25 février 2025), cette solution divise la classe politique, car elle viserait principalement les grandes fortunes et les figures politiques qui ont placé leur argent dans les banques libanaises avant la crise.

Les déposants intensifient la pression sur la classe politique

Face à l’absence de solutions concrètes, les associations de déposants organisent régulièrement des sit-in devant la Banque du Liban et les institutions financières. D’après Al Joumhouriyat (25 février 2025), plusieurs actions radicales ont eu lieu ces derniers mois, allant de l’occupation des agences bancaires à des menaces de poursuites judiciaires contre des dirigeants bancaires et politiques.

Le gouvernement de Nawaf Salam sait que cette crise peut rapidement dégénérer en un nouveau soulèvement populaire, d’autant plus que la situation sociale continue de se détériorer avec une inflation galopante et une dévaluation persistante de la livre libanaise.

Le rôle du FMI et des pressions internationales

Le Fonds monétaire international joue un rôle central dans les négociations en cours. Selon Nahar (25 février 2025), le FMI exige des réformes drastiques avant d’accorder son soutien financier, notamment en demandant :

  • Une restructuration complète du secteur bancaire pour éviter une répétition de la crise.
  • Un audit transparent des pertes accumulées et des responsabilités.
  • Une répartition équitable des pertes entre l’État, les banques et les déposants.

Cependant, ces conditions sont difficiles à appliquer politiquement, car elles impliquent des sacrifices financiers massifs et pourraient provoquer un affrontement direct entre le pouvoir politique, les banques et les déposants.

Une crise qui menace la stabilité du gouvernement

Le gouvernement de Nawaf Salam est à un tournant décisif. La crise des dépôts bancaires est un test de crédibilité majeur : s’il ne parvient pas à trouver une solution acceptable, il risque une vague de contestation populaire qui pourrait déstabiliser tout son mandat.

D’après Al Akhbar (25 février 2025), des tensions émergent déjà au sein du gouvernement, entre ceux qui prônent une approche progressive et négociée avec les banques, et ceux qui veulent forcer une restitution immédiate, quitte à mettre en faillite certaines institutions financières.

Dans ce contexte explosif, les prochaines semaines seront décisives. Une absence de solution concrète pourrait conduire à une radicalisation des mouvements de protestation, tandis qu’un plan mal calibré pourrait entraîner un effondrement total du système financier.

Vers une solution imposée de l’extérieur ?

Face à l’incapacité des autorités libanaises à trancher, des rumeurs circulent sur une possible intervention internationale. D’après Nahar (25 février 2025), des pressions diplomatiques seraient exercées pour accélérer les réformes bancaires, notamment par la France, les États-Unis et les pays du Golfe, qui veulent éviter un chaos total.

Cependant, toute tentative d’intervention extérieure risque d’être perçue comme une ingérence et d’exacerber les tensions internes. Le Liban pourrait donc être contraint de prendre des décisions difficiles sous la pression internationale, sans disposer de véritables marges de manœuvre.

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Newsdesk Libnanews
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