Le Liban, en proie à des crises politiques et économiques depuis plusieurs années, souffre d’un manque criant d’investissements dans ses infrastructures. Routes dégradées, réseaux électriques défaillants, et infrastructures hydrauliques obsolètes sont des problèmes récurrents. Ces lacunes freinent le développement local, notamment dans les régions éloignées de Beyrouth.
Initiatives locales : des réponses inégales
Face à l’inaction du gouvernement central, certaines municipalités ont entrepris des projets pour moderniser leurs infrastructures. Dans le gouvernorat du Nord, par exemple, des associations locales ont collaboré avec des ONG pour restaurer des routes rurales vitales. Cependant, ces initiatives restent insuffisantes, car elles manquent de financement et de coordination nationale.
Dans le Sud, la situation est similaire. Des communautés affectées par les tensions avec Israël ont lancé des projets pour améliorer les réseaux d’irrigation, essentiels à l’agriculture. Bien que ces efforts montrent une volonté locale d’agir, ils restent limités par l’absence d’un cadre stratégique au niveau national.
Obstacles politiques et économiques
Le principal frein au développement des infrastructures est la fragmentation politique du pays. Les désaccords entre factions politiques retardent l’approbation de projets critiques, tels que la modernisation du réseau électrique national. En parallèle, la dette publique écrasante réduit la capacité de l’État à investir.
Par ailleurs, la corruption est un facteur aggravant. Les appels d’offres pour les grands projets manquent de transparence, ce qui dissuade les investisseurs étrangers. Le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, a souligné à plusieurs reprises l’importance de réformes pour attirer les financements internationaux, mais ces efforts restent bloqués par des divisions internes.
Financement et partenariats internationaux
Pour sortir de l’impasse, le Liban doit renforcer ses partenariats internationaux. Des pays comme la France et l’Allemagne ont proposé d’investir dans les infrastructures libanaises, à condition que des réformes de gouvernance soient mises en place. Des initiatives comme le « CEDRE », un programme de soutien international lancé en 2018, restent sous-utilisées en raison de la lenteur des réformes.
Le rôle de la diaspora libanaise est également crucial. Des communautés expatriées ont financé des projets d’infrastructure dans leurs villages d’origine, montrant ainsi leur engagement envers leur pays natal.
Les perspectives d’avenir
Pour garantir un développement durable, le Liban doit adopter une stratégie nationale qui :
- Priorise les régions les plus défavorisées.
- Renforce la transparence dans les appels d’offres.
- Mobilise des ressources via des partenariats public-privé.
Ces actions permettraient non seulement d’améliorer les conditions de vie des citoyens, mais aussi de relancer l’économie.



