Le président américain Donald Trump a révélé, lors d’une conférence de presse tenue à la Maison Blanche le 7 janvier 2026, son intention de porter le budget de la défense à 1,5 trillion de dollars pour l’exercice fiscal 2027. Cette proposition, qui représente une hausse de plus de 50 % par rapport aux 901 milliards alloués en 2026, vise à construire ce que le chef de l’État a qualifié de « rêve militaire » pour faire face à des « temps troublés et dangereux ». Selon les déclarations du président, cette augmentation sera financée par les revenus générés par les tarifs douaniers imposés à de nombreux pays et secteurs industriels, évitant ainsi un recours accru à l’endettement ou à des coupes dans d’autres domaines budgétaires. Le Pentagone, par la voix de son porte-parole, a salué cette initiative comme une réponse nécessaire aux menaces émergentes, notamment en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient, où les tensions avec la Chine et l’Iran persistent.
Cette annonce intervient dans un contexte de réévaluation stratégique des États-Unis, marquée par les récents développements géopolitiques. Le 5 janvier 2026, un rapport du Département de la Défense a mis en lumière les vulnérabilités des forces armées américaines face à l’expansion militaire chinoise, citant des investissements massifs de Pékin dans les technologies hypersoniques et les flottes navales. Trump a insisté sur la nécessité de moderniser l’arsenal nucléaire, d’accroître les effectifs des forces spéciales et d’investir dans la cybersécurité, des domaines qu’il estime négligés sous l’administration précédente. « Nous devons avoir l’armée la plus puissante du monde, non seulement pour nous défendre, mais pour dissuader quiconque de nous défier », a déclaré le président, reprenant un thème récurrent de sa campagne de 2024.
Les réactions au Congrès ont été immédiates et contrastées. Des républicains comme le sénateur Lindsey Graham ont applaudi la mesure, arguant qu’elle renforce la posture américaine face à des adversaires comme la Russie, dont les actions en Ukraine continuent d’alimenter les débats sur l’aide militaire. Du côté démocrate, la présidente de la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a exprimé des réserves, soulignant que cette hausse pourrait aggraver le déficit fédéral, déjà estimé à 2,5 trillions de dollars pour 2026 par le Bureau du budget du Congrès. Des analystes du Brookings Institution ont noté que cette proposition s’inscrit dans une tendance à la remilitarisation post-pandémie, avec des implications pour les alliances comme l’OTAN, où les États-Unis pressent les membres européens d’augmenter leurs contributions.
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Un budget de défense sous les projecteurs
L’augmentation proposée par Donald Trump marque un tournant dans l’évolution récente des dépenses militaires américaines. En 2025, le budget de la défense s’élevait à 886 milliards de dollars, couvrant des opérations en cours comme le soutien à Israël face aux tensions au Liban et en Syrie, ainsi que des investissements dans l’intelligence artificielle pour les drones autonomes. Cette somme représentait environ 3,4 % du PIB américain, un niveau stable par rapport aux années précédentes mais inférieur aux pics historiques. Le Département de la Défense a alloué 143 milliards à la rémunération du personnel militaire, 278 milliards aux opérations et à la maintenance, 147 milliards aux acquisitions d’équipements et 95 milliards à la recherche et au développement, selon les données officielles du budget fédéral.
Cette proposition de 1,5 trillion pour 2027 porterait la part du PIB consacrée à la défense à près de 5 %, un seuil non atteint depuis la fin de la guerre froide. Le président a justifié cette escalade par la nécessité de contrer les avancées russes en armes conventionnelles, comme démontré par les exercices militaires conjoints avec la Biélorussie en décembre 2025. Des porte-parole du Pentagone ont précisé que les fonds supplémentaires permettraient d’acquérir 50 nouveaux destroyers de classe Arleigh Burke et de financer le déploiement de 10 000 troupes supplémentaires en Europe de l’Est, renforçant ainsi la présence américaine face à l’agression russe en Ukraine, où les livraisons d’armes ont totalisé 75 milliards depuis 2022.
Les détails du plan incluent une augmentation de 20 % des investissements en recherche spatiale, avec un focus sur la Space Force créée sous la première administration Trump. « Nous ne pouvons pas laisser la Chine dominer l’espace », a affirmé le président, citant les récents tests de missiles anti-satellites par Pékin en novembre 2025. Cette initiative s’aligne sur les recommandations du rapport annuel du Congrès sur la sécurité nationale, publié le 2 janvier 2026, qui alerte sur les risques d’un conflit asymétrique dans le domaine cybernétique.
Évolution historique des dépenses militaires américaines
Pour contextualiser cette annonce, il convient de retracer l’évolution des dépenses militaires des États-Unis au fil des décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, les dépenses de défense culminaient à 37,5 % du PIB, soit environ 90 milliards de dollars de l’époque, financés par des emprunts massifs et une économie de guerre totale. Ce pic reflétait l’effort allié contre l’Axe, avec des productions records d’avions et de chars. Dans les années 1950, pendant la guerre de Corée, le budget oscillait autour de 10 % du PIB, atteignant 14 % en 1953 sous Eisenhower, qui mettait en garde contre le « complexe militaro-industriel ».
La guerre du Vietnam a vu un nouveau sursaut, avec des dépenses grimpant à 9,5 % du PIB en 1968, totalisant 81 milliards de dollars annuels, couvrant les opérations aériennes et le déploiement de 500 000 soldats. Les années 1970 marquent un déclin relatif, tombant à 5 % du PIB post-Vietnam, sous l’effet de la détente avec l’URSS et des contraintes budgétaires liées à l’inflation. Ronald Reagan inverse la tendance dans les années 1980, portant le budget à 6,5 % du PIB en 1986, soit 299 milliards, pour financer le programme Star Wars et la modernisation nucléaire face à la menace soviétique.
La fin de la guerre froide entraîne une « dividende de la paix » : sous Clinton, les dépenses chutent à 3 % du PIB en 2000, libérant des fonds pour l’éducation et la santé. Les attentats du 11 septembre 2001 changent la donne. George W. Bush porte le budget à 4,7 % du PIB en 2010, avec des pics à 794 milliards en 2010 pour les guerres en Irak et en Afghanistan, impliquant des coûts cumulés estimés à 2 trillions de dollars. Sous Obama, une réduction progressive ramène le niveau à 3,5 % en 2016, malgré les opérations contre l’État islamique.
Donald Trump, lors de son premier mandat, augmente les allocations à 738 milliards en 2020, soit une hausse de 20 % par rapport à 2016, axée sur la marine et les forces spéciales. La pandémie de Covid-19 freine temporairement les hausses, mais Joe Biden maintient un rythme ascendant, atteignant 778 milliards en 2022 pour soutenir l’Ukraine. En 2023, les dépenses s’élèvent à 820 milliards, ajustées pour l’inflation, représentant 40 % des dépenses militaires mondiales selon les estimations du SIPRI. Cette trajectoire récente illustre une adaptation aux menaces hybrides, comme les cyberattaques russes sur les infrastructures américaines en 2024.
Les données historiques montrent une corrélation entre les dépenses militaires et les crises géopolitiques. Par exemple, entre 2001 et 2010, les augmentations annuelles moyennes étaient de 7 %, similaires à la hausse proposée aujourd’hui. Le Bureau du budget du Congrès projette que sans cette augmentation, le budget 2027 stagnerait autour de 950 milliards, insuffisant face aux défis posés par la coalition sino-russe, renforcée par les accords de défense signés en octobre 2025.
Parallèles avec l’Allemagne d’avant-guerre
La proposition de Donald Trump invite à une comparaison avec l’évolution des dépenses militaires en Allemagne avant la Seconde Guerre mondiale, une période marquée par une remilitarisation accélérée sous le régime nazi. En 1933, à l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, les dépenses militaires représentaient moins de 1 % du PIB allemand, limitées par le Traité de Versailles qui imposait un désarmement strict, avec une armée plafonnée à 100 000 hommes et sans aviation ni chars.
Dès 1934, les investissements secrets commencent, financés par des obligations Mefo et des manipulations budgétaires pour contourner les restrictions internationales. Le budget militaire passe à 4 % du PIB en 1934, totalisant environ 1,9 milliard de reichsmarks, axé sur la reconstruction de la Wehrmacht. En 1935, Hitler annonce publiquement le réarmement, portant les dépenses à 8 % du PIB, soit 5,5 milliards de reichsmarks, avec la création de la Luftwaffe et l’expansion de la marine.
L’année 1936 voit une accélération, avec 13 % du PIB alloué à la défense, équivalent à 10,2 milliards de reichsmarks, finançant le Plan de quatre ans pour l’autarcie économique et militaire. Cela inclut la production de 4 000 avions et la formation de divisions blindées. En 1937, le pourcentage reste à 13 %, mais les montants absolus grimpent à 11,7 milliards, reflétant une croissance économique dopée par les dépenses publiques. 1938 marque un pic pré-guerre, avec 17 % du PIB, soit 17,2 milliards de reichsmarks, couvrant l’Anschluss et les préparatifs pour la Tchécoslovaquie.
En 1939, juste avant l’invasion de la Pologne, les dépenses atteignent 23 % du PIB, totalisant 30 milliards de reichsmarks, représentant la plus rapide augmentation en temps de paix de l’histoire moderne. Ce réarmement massif, qui quadruple les forces armées à 4,5 millions d’hommes, est financé par des déficits budgétaires croissants, des confiscations et une économie orientée vers la guerre, au détriment des biens de consommation.
Des points de comparaison émergent avec la situation américaine actuelle. Comme en Allemagne des années 1930, l’augmentation proposée par Trump est rapide et substantielle, passant d’environ 3,4 % à 5 % du PIB en un an, motivée par des perceptions de menaces extérieures. Dans les deux cas, les leaders invoquent la nécessité de dissuasion et de supériorité technologique : Hitler pour contrer la France et l’URSS, Trump pour la Chine et la Russie. Les financements diffèrent toutefois ; l’Allemagne recourait à des mécanismes opaques et à l’endettement forcé, tandis que les États-Unis misent sur des tarifs douaniers, évitant pour l’instant une dette explosive.
Une autre similarité réside dans l’impact économique : le réarmement nazi a réduit le chômage de 6 millions en 1933 à près de zéro en 1939, stimulant l’industrie lourde. Aux États-Unis, l’augmentation pourrait créer 500 000 emplois dans le secteur de la défense, selon des estimations du Département du Travail publiées le 6 janvier 2026, boostant les États comme la Virginie et la Californie, hubs de l’industrie militaire. Cependant, les contextes géopolitiques divergent : l’Allemagne violait ouvertement les traités, menant à l’agression, alors que les États-Unis opèrent dans un cadre multilatéral, avec des alliances comme l’OTAN renforcées par des sommets récents, tel celui de Bruxelles en décembre 2025.
Les implications immédiates de cette hausse budgétaire
L’annonce de Trump soulève des questions sur ses répercussions immédiates pour la sécurité globale. Le 8 janvier 2026, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa préoccupation lors d’une session du Conseil de sécurité, déclarant que « toute escalade dans les dépenses militaires risque d’alimenter une course aux armements, particulièrement en ces temps de tensions accrues ». Cette réaction fait écho aux déclarations de la Chine, dont le ministère des Affaires étrangères a qualifié la mesure de « provocation », citant ses propres investissements de 296 milliards de dollars en 2025.
Aux États-Unis, le plan implique une réallocation de ressources : une augmentation de 30 % pour les sous-marins nucléaires de classe Columbia, dont le premier exemplaire a été lancé en octobre 2025, et des fonds pour 200 nouveaux F-35, renforçant la supériorité aérienne. Le Pentagone a détaillé que 100 milliards iraient à la cybersécurité, suite aux attaques attribuées à des hackers iraniens en novembre 2025 contre des réseaux électriques américains.
Sur le plan international, cette hausse pourrait presser les alliés à suivre. Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé, le 8 janvier 2026, une revue de son budget défense, déjà porté à 2 % du PIB en 2024, pour répondre aux appels de Washington. En Asie, le Japon et la Corée du Sud, confrontés à la menace nord-coréenne après le test de missile du 3 janvier 2026, pourraient accélérer leurs propres programmes militaires en coordination avec les États-Unis.
Les détails financiers révèlent que les tarifs sur les importations chinoises, imposés en 2025 et générant 200 milliards de revenus annuels, couvriraient une partie des coûts, selon le Trésor américain. Cela s’inscrit dans une stratégie économique plus large, où la défense sert de levier pour la relocalisation industrielle, avec des contrats prioritaires pour des entreprises comme Lockheed Martin et Boeing, qui ont vu leurs actions grimper de 5 % à la Bourse de New York le 8 janvier.
Enfin, les préparatifs pour le débat congressional indiquent des auditions prévues dès février 2026, où des experts du RAND Corporation témoigneront sur les risques d’une surmilitarisation. Le président a réitéré son engagement lors d’un discours à la base militaire de Fort Bragg le 8 janvier, affirmant que cette mesure assure la paix par la force, face aux défis posés par les alliances adverses émergentes.



