Le 16 janvier 2026, la Maison Blanche a officiellement annoncé la composition du « Board of Peace », un organe international chargé de superviser la reconstruction et la gouvernance post-conflit de Gaza, dans le cadre du plan global de l’administration Trump pour mettre fin au conflit dans l’enclave palestinienne. Cette révélation, survenue moins de vingt-quatre heures avant la date actuelle, marque une étape décisive dans la mise en œuvre de la phase deux du plan américain, qui vise à stabiliser la région après plus de deux ans de violences intenses. Parmi les nominations les plus remarquées figure celle de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, dont la présence au sein de ce comité a suscité des réactions vives, notamment de la part de plusieurs pays arabes qui avaient exprimé leur opposition à son implication dès les premiers pourparlers en 2025. Cette décision, prise en dépit de ces réserves, souligne la volonté de l’administration Trump d’intégrer des figures expérimentées en diplomatie moyen-orientale, tout en ravivant des débats sur l’héritage impérialiste et les interventions passées dans la région.
Le « Board of Peace », présidé par Donald Trump lui-même, se compose d’un conseil exécutif fondateur de sept membres initiaux, avec des annonces supplémentaires prévues dans les semaines à venir. Outre Tony Blair, les figures clés incluent le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, le gendre et conseiller de longue date du président Jared Kushner, ainsi que le PDG d’Apollo Global Management Marc Rowan. Ces nominations reflètent une approche hybride, mêlant expertise diplomatique, influence politique et compétences en matière d’investissement privé, dans le but de mobiliser des fonds massifs pour la reconstruction de Gaza, dévastée par les bombardements et les blocus successifs. La Maison Blanche a précisé que chaque membre du conseil exécutif supervisera un portefeuille spécifique, couvrant des domaines tels que le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction infrastructurelle, l’attraction d’investissements et la mobilisation de capitaux à grande échelle.
Une extension de ce conseil, baptisée « Gaza Executive Board », intègre des représentants de plusieurs pays arabes et d’organisations internationales, afin d’assurer une représentation plus large. Parmi eux figurent le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, le directeur des services de renseignement égyptiens Hassan Rashad, la ministre émiratie de la Coopération internationale Reem Al-Hashimy, l’homme d’affaires israélo-chypriote Yakir Gabay, l’ancienne vice-Première ministre néerlandaise et experte du Moyen-Orient Sigrid Kaag, ainsi que l’ancien coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient Nickolay Mladenov. Le président de la Banque mondiale Ajay Banga complète cette liste, apportant une dimension financière cruciale pour coordonner les aides internationales. Cette structure bicéphale vise à équilibrer les influences américaines avec celles des acteurs régionaux, tout en évitant une domination unilatérale qui pourrait exacerber les tensions locales.
Les origines du « Board of Peace »
Ce comité s’inscrit dans le plan complet de Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza, dévoilé initialement en octobre 2025 lors d’un sommet à Charm el-Cheikh en Égypte, où le président américain avait réuni des dirigeants israéliens, palestiniens et arabes. Ce plan, structuré en vingt points, prévoit une cessation des hostilités, un désarmement progressif des groupes armés, une aide humanitaire massive et une gouvernance intérimaire sous supervision internationale. La phase une, achevée en décembre 2025, a permis la mise en place d’un cessez-le-feu fragile et l’ouverture de corridors humanitaires, avec l’entrée de plus de 5 000 camions d’aide dans l’enclave au cours des trois derniers mois. La phase deux, lancée avec cette annonce, se concentre sur la gouvernance et la reconstruction, estimée à plus de 50 milliards de dollars selon les évaluations préliminaires de la Banque mondiale.
La formation du « Board of Peace » fait suite à la création, le 15 janvier 2026, d’un comité technocratique palestinien de quinze membres, dénommé National Committee for the Administration of Gaza (NCAG). Dirigé par Ali Sha’ath, un natif de Gaza et ancien vice-ministre au sein de l’Autorité palestinienne, ce groupe est chargé de la gestion quotidienne des affaires locales, incluant la distribution d’aide, la maintenance des services publics et la coordination avec les forces de stabilisation internationales. Les membres du NCAG, sélectionnés pour leur expertise technique plutôt que pour des affiliations politiques, comprennent des ingénieurs, des économistes et des administrateurs issus de la société civile palestinienne. Cette entité opère sous la tutelle du « Board of Peace », assurant une hiérarchie où les décisions stratégiques restent sous contrôle international.
Tony Blair, une nomination controversée
L’inclusion de Tony Blair dans ce comité représente un choix audacieux de l’administration Trump, malgré les oppositions exprimées par plusieurs États arabes dès septembre 2025. L’ancien leader travailliste britannique, qui a dirigé le Royaume-Uni de 1997 à 2007, est particulièrement critiqué pour son rôle dans l’invasion de l’Irak en 2003, aux côtés des États-Unis, une opération justifiée par des allégations erronées sur les armes de destruction massive. Cette intervention a entraîné la mort de centaines de milliers de civils et a profondément marqué les perceptions arabes, associant Blair à une forme d’impérialisme occidental. En octobre 2025, lors des négociations préliminaires, des porte-parole qataris et égyptiens avaient publiquement déclaré que son implication risquait de « compromettre la légitimité du processus », citant son mandat comme représentant spécial du Quartet (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) de 2007 à 2015, perçu comme trop favorable à Israël.
Malgré ces réserves, Donald Trump a insisté sur l’expérience de Blair en matière de résolution de conflits. Dans un communiqué du 16 janvier, la Maison Blanche a souligné que « Sir Tony Blair apporte une expertise unique en diplomatie régionale, ayant contribué à des accords historiques ». Blair lui-même, dans une déclaration officielle, a affirmé : « Je suis honoré de rejoindre cette initiative vitale pour stabiliser Gaza et promouvoir une paix durable, en m’appuyant sur des leçons tirées de décennies d’engagement au Moyen-Orient. » Cette nomination ravive des débats sur la continuité des politiques occidentales dans la région, où les interventions passées ont souvent exacerbé les divisions plutôt que de les apaiser.
Les autres figures clés du conseil
Marco Rubio, en tant que secrétaire d’État, occupe une position pivotale dans le comité. Nommé en novembre 2025, Rubio est connu pour son soutien ferme à Israël et sa critique virulente du Hamas, qu’il a qualifié de « menace existentielle » lors de son audition au Sénat. Son rôle consistera probablement à coordonner les relations diplomatiques avec les États arabes impliqués, tels que l’Égypte et les Émirats arabes unis, qui ont normalisé leurs relations avec Israël via les Accords d’Abraham en 2020. Steve Witkoff, promoteur immobilier et proche de Trump, apporte une perspective économique, ayant négocié des investissements dans la région lors de la première administration Trump.
Jared Kushner, architecte des Accords d’Abraham, revient sur la scène moyen-orientale avec une expertise en mobilisation de fonds privés. En 2019, il avait présenté un plan économique pour la Palestine évalué à 50 milliards de dollars, bien que largement critiqué pour son manque de focus politique. Marc Rowan, milliardaire et dirigeant d’Apollo Global Management, symbolise l’attrait pour le secteur privé : sa firme gère plus de 600 milliards de dollars d’actifs et pourrait canaliser des investissements vers des projets d’infrastructure à Gaza, comme la reconstruction de ports et d’usines de dessalement.
Les représentants arabes : un équilibre fragile
L’intégration de figures arabes au « Gaza Executive Board » vise à atténuer les perceptions d’une domination américaine. Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères depuis 2023, représente l’influence d’Ankara, qui a fourni une aide humanitaire substantielle à Gaza et critiqué les actions israéliennes. Ali Al-Thawadi, diplomate qatari impliqué dans les négociations de cessez-le-feu, apporte l’expérience de Doha en médiation, ayant facilité des échanges de prisonniers en 2024. Hassan Rashad, chef des renseignements égyptiens, assure la liaison avec Le Caire, crucial pour les passages frontaliers comme Rafah, où plus de 2 millions de tonnes d’aide ont transité depuis octobre 2025.
Reem Al-Hashimy, ministre émiratie, incarne l’approche pragmatique d’Abou Dhabi, focalisée sur les investissements économiques. Ces nominations reflètent les dynamiques géopolitiques actuelles, où les États du Golfe équilibrent leur soutien à la cause palestinienne avec des alliances stratégiques contre l’Iran et le Hezbollah. Nickolay Mladenov, nommé Haut Représentant pour Gaza, servira de lien sur le terrain, s’appuyant sur son expérience onusienne pour coordonner les opérations quotidiennes.
Le contexte régional et les implications immédiates
Cette annonce intervient alors que Gaza reste marquée par les séquelles du conflit lancé le 7 octobre 2023, avec plus de 45 000 morts palestiniens selon les estimations de l’ONU et une destruction estimée à 80 % des infrastructures. Le cessez-le-feu du 1er décembre 2025 a permis une reprise timide des activités, mais les tensions persistent, avec des incidents sporadiques le long de la frontière israélienne. Le « Board of Peace » supervisera l deployment d’une Force de stabilisation internationale, commandée par le major général Jasper Jeffers, comptant initialement 5 000 soldats issus de pays arabes et européens, pour sécuriser les zones reconstruite.
Les premiers fonds alloués, d’un montant de 10 milliards de dollars provenant des États-Unis et des partenaires du Golfe, seront dirigés vers la réparation des hôpitaux et des écoles, avec un objectif de rouvrir 50 % des établissements éducatifs d’ici juin 2026. Les négociations avec Israël pour un retrait progressif des troupes occupantes font partie des priorités, bien que Tel-Aviv conditionne cela à un désarmement complet du Hamas, dissous en tant qu’entité armée suite aux accords de 2025.
Les réactions internationales à l’annonce
Dès la publication du communiqué de la Maison Blanche, des réactions ont fusé de part et d’autre. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué l’initiative dans une déclaration du 16 janvier : « Cette structure multipartite offre une opportunité pour une coordination efficace, à condition qu’elle respecte les résolutions de l’ONU sur les deux États. » Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien, notant que « le comité garantit une Gaza démilitarisée et prospère ». En revanche, des groupes palestiniens comme le Jihad islamique ont dénoncé une « colonisation déguisée », arguant que l’absence de représentants directs du Fatah ou d’autres factions mine la légitimité.
Dans les capitales arabes, les réponses varient : l’Égypte et les Émirats ont accueilli positivement leur inclusion, tandis que la Jordanie a appelé à une plus grande implication de l’Autorité palestinienne. La Turquie, via un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, a insisté sur la nécessité d’une « reconstruction inclusive, sans ingérence étrangère excessive ».
Les défis opérationnels immédiats
Sur le terrain, le « Board of Peace » fait face à des obstacles logistiques immédiats. La distribution d’aide reste entravée par les dommages aux routes, avec seulement 30 % du réseau routier opérationnel. Le Haut Représentant Mladenov, arrivé à Gaza le 17 janvier, a déjà tenu une réunion avec le NCAG pour évaluer les besoins en eau potable, où 1,5 million de résidents dépendent encore de camions-citernes. Les investissements privés, pilotés par Rowan et Kushner, cibleront des projets comme la création d’une zone économique spéciale au nord de Gaza, inspirée des modèles singapouriens, avec des incitations fiscales pour attirer des entreprises technologiques.
Les implications sécuritaires régionales persistent, avec des rapports d’incursions limitées du Hezbollah à la frontière libanaise, bien que contenues par les résolutions 1701 de l’ONU. L’administration Trump a alloué 2 milliards de dollars supplémentaires pour renforcer les capacités de l’armée libanaise, en coordination avec la FINUL, afin d’empêcher toute escalade qui pourrait déstabiliser le processus à Gaza.
Les perspectives économiques pour Gaza
L’aspect financier du plan met l’accent sur une croissance pilotée par le privé. Ajay Banga, président de la Banque mondiale, a annoncé le 16 janvier un prêt initial de 5 milliards de dollars pour des infrastructures critiques, conditionné à des réformes de gouvernance. Les estimations indiquent que le PIB de Gaza, effondré à moins de 2 milliards de dollars en 2025, pourrait rebondir à 10 milliards d’ici 2030 si les investissements affluent. Des partenariats avec des firmes comme Apollo visent à développer des secteurs comme l’énergie solaire, avec un projet de ferme photovoltaïque couvrant 20 % des besoins énergétiques de l’enclave.
Les dynamiques avec les acteurs non étatiques
Bien que le Hamas ait été marginalisé, des cellules résiduelles posent des risques. Le comité prévoit une amnistie sélective pour les anciens membres non impliqués dans des actes terroristes, intégrés dans des programmes de réinsertion. Cette approche, inspirée des processus de démobilisation en Colombie, sera supervisée par Sigrid Kaag, experte en reconstruction post-conflit.
Les développements humanitaires récents
Au 17 janvier 2026, les opérations humanitaires se intensifient, avec l’arrivée de 500 tonnes de médicaments via le port d’Ashdod. Le NCAG a distribué des rations alimentaires à 800 000 personnes au cours de la semaine écoulée, priorisant les camps de réfugiés comme Jabalia, où 200 000 déplacés internes résident encore dans des abris temporaires. Les efforts pour rétablir l’électricité, coupée à 60 % depuis 2023, avancent avec l’installation de générateurs fournis par le Qatar, couvrant désormais 12 heures par jour dans les zones urbaines. Ces mesures immédiates, coordonnées par le « Gaza Executive Board », visent à stabiliser la population avant les phases de reconstruction à long terme.

