Un entrepôt repéré, puis une opération datée du 23 décembre 2025
Une opération de police judiciaire a visé un entrepôt identifié comme un site de fabrication de drogues et de stockage d’armes de guerre. Les informations disponibles décrivent une enquête préalable fondée sur des renseignements, suivie d’un travail de surveillance, de repérage et de collecte d’indices avant l’intervention.
L’opération est datée du 23 décembre 2025. Elle a été menée par une unité régionale spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants, à partir d’un dispositif central de lutte antidrogue au sein de la police judiciaire. La zone citée est la Bekaa, avec une localisation plus précise à Kfardan.
Le profil du lieu, tel qu’il est décrit, est celui d’un espace polyvalent. Il ne s’agissait pas d’un simple dépôt. Le même site est présenté comme servant à la préparation de substances, au stockage de matières et au rangement d’un arsenal. Cette combinaison est un marqueur classique des réseaux structurés. Elle permet de produire, stocker et protéger sur un même point.
Une saisie mixte, typique du crime organisé
Le contenu de l’entrepôt, tel qu’il est détaillé, confirme le caractère hybride de l’activité.
Les forces intervenantes disent avoir trouvé un kilogramme de cannabis. Elles disent aussi avoir saisi du matériel utilisé pour la fabrication de drogues. La mention du matériel est déterminante. Elle indique un niveau d’organisation supérieur à la simple vente de détail.
La saisie comprend ensuite une liste d’armes de guerre. Elle inclut des fusils de précision, plusieurs obus de mortier avec leurs bases de lancement, des mitrailleuses antichars, des lance-grenades, des lanceurs antichars et destinés aux fortifications, des mitrailleuses automatiques, ainsi qu’une grande quantité de munitions diverses.
Ce type d’inventaire n’est pas seulement inquiétant par le volume. Il l’est par la cohérence. Un réseau qui stocke à la fois des obus de mortier, des armes antichars et des munitions variées ne se prépare pas à la simple dissuasion locale. Il se prépare à résister, à intimider, ou à protéger un corridor logistique. La présence d’équipements de production de drogues renforce cette logique.
Cette saisie rappelle aussi un point sensible. L’économie de la drogue, lorsqu’elle se structure, s’adosse souvent à un appareil de sécurité privé. L’arme n’est pas un “plus”. Elle devient un outil de gestion. Elle protège le stock. Elle protège les routes. Elle protège les profits.
Une arrestation, puis une procédure lancée “sur signalement” judiciaire
L’intervention a conduit à l’arrestation d’un Libanais identifié par ses initiales, M. Z., né en 1972. Les éléments rapportés indiquent que les mesures légales ont été prises à son encontre sur instruction des autorités judiciaires compétentes.
Le même volet précise que le travail se poursuit pour arrêter toutes les personnes impliquées. Cette phrase est centrale. Elle reconnaît implicitement que l’entrepôt n’est pas l’affaire d’un seul individu. Un site de fabrication et un dépôt d’armes supposent des fournisseurs, des transporteurs, des guetteurs, des logisticiens et des relais financiers.
Le passage de la police au judiciaire est l’étape qui décide du résultat réel. Une saisie spectaculaire peut se transformer en simple épisode médiatique si le dossier n’est pas consolidé. Elle peut aussi devenir une affaire structurante si l’enquête remonte la chaîne, et si le tribunal obtient des éléments sur la provenance des armes, les flux de financement et les réseaux de distribution.
Le point le plus critique: la circulation des armes lourdes à l’intérieur du pays
La liste des armes saisies pose une question que le pays ne résout pas depuis des années. Comment des obus de mortier, des bases de lancement et des armes antichars circulent-ils, puis se stockent-ils, dans un cadre criminel.
La gravité ne tient pas seulement au risque d’affrontement. Elle tient au glissement des outils de guerre vers l’économie criminelle. Quand des armes lourdes deviennent un moyen de protéger un entrepôt de drogue, le crime change de nature. Il devient plus dangereux pour les forces de l’ordre. Il devient plus coûteux pour la société. Il devient aussi plus difficile à démanteler, car l’intimidation augmente.
Ce dossier place donc l’État devant une exigence simple et souvent contournée. Il faut traiter la drogue et les armes comme un seul système. Séparer les deux revient à attaquer les symptômes et pas la structure.
Un second front: la contrebande de tabac, indicateur d’une économie parallèle installée
Dans le même ensemble d’informations, un autre volet sécuritaire et économique est mentionné. L’Administration du monopole du tabac et du tombac annonce des opérations de perquisition visant des entrepôts destinés au stockage de produits du tabac de contrebande et falsifiés.
Les résultats décrits portent sur des quantités de cigarettes de contrebande et de tabac à narguilé de contrebande ou falsifié. Des procès-verbaux ont été dressés à l’encontre des contrevenants, avec transmission au pouvoir judiciaire compétent.
Ce volet est souvent perçu comme “moins grave” que la drogue. Pourtant, il décrit la même réalité de fond. Une économie parallèle robuste. Des entrepôts. Des routes. Des réseaux. Des protections. Le tabac illégal finance souvent des circuits plus larges, ou sert de porte d’entrée à des organisations qui diversifient ensuite leurs activités.
Traiter la contrebande comme un simple problème fiscal revient à ignorer sa dimension sécuritaire. Les entrepôts et les circuits logistiques se ressemblent. Les méthodes de dissimulation aussi.
Une troisième opération: arrestations à la frontière, et profil de crimes organisés
Un autre épisode rapporté décrit une opération de l’armée libanaise menée en coopération avec la Direction du renseignement, dans la zone d’al-Qasr, à la frontière avec la Syrie, dans le caza de Hermel.
Les éléments disponibles parlent d’une opération qualifiée de “spécifique”, ayant abouti à l’arrestation d’un des individus décrits comme parmi les plus dangereux recherchés dans la région. D’autres personnes sont mentionnées, avec des identités réduites à des initiales.
Le profil criminel détaillé est lourd. Les suspects sont décrits comme impliqués dans des crimes organisés, avec des centaines de mandats d’arrêt. Les accusations citées incluent des vols, du trafic de drogue, des enlèvements et la formation d’une bande armée.
Ce volet confirme une caractéristique des zones frontalières. Elles combinent passage, refuge et économie parallèle. Elles sont aussi un espace où la capacité de l’État à imposer la loi est constamment testée. Une arrestation “majeure” peut être un signal positif. Elle devient surtout utile si elle est suivie d’un démantèlement des réseaux, et d’une réduction durable des routes de trafic.
Le fil conducteur: des réseaux poly-activités et des institutions sous pression
Ces trois volets, mis ensemble, dessinent une même structure.
Le premier est une logique de polyvalence criminelle. Un entrepôt peut produire de la drogue et stocker des armes. Un réseau peut vendre du tabac de contrebande et financer d’autres activités. Un groupe recherché peut mêler trafic, enlèvement et armement.
Le second est une pression sur l’appareil judiciaire. Les forces de sécurité peuvent arrêter. Elles peuvent saisir. Pourtant, la bataille se gagne au tribunal. Elle se gagne par la qualité du dossier. Elle se gagne par la protection des preuves. Elle se gagne aussi par la capacité à éviter les interférences et les arrangements.
Le troisième est une question de continuité. Une opération ponctuelle ne suffit pas. La mention répétée de “poursuite du travail” et de “procès-verbaux transmis au judiciaire” rappelle que l’objectif n’est pas l’annonce. L’objectif est la chaîne complète, de l’arrestation à la condamnation.
Les angles morts: provenance des armes, routes, et argent
Les éléments disponibles n’identifient pas publiquement la provenance des armes lourdes saisies à Kfardan. Ils ne détaillent pas non plus les circuits financiers. Ce silence est fréquent à ce stade. Il est aussi révélateur du défi.
Une enquête solide doit répondre à trois questions. D’où viennent les armes. Qui les a introduites. Qui finance la chaîne.
Sans ces réponses, la saisie reste un épisode. Avec ces réponses, elle devient une entrée vers un réseau. C’est à ce niveau que la justice est attendue, et c’est à ce niveau que l’État est jugé.
Un impact direct sur la sécurité quotidienne
L’arsenal décrit dans l’entrepôt n’est pas abstrait. Des armes antichars et des obus de mortier ne sont pas des objets “de protection” domestique. Ils augmentent le risque d’escalade. Ils augmentent aussi le risque pour les forces de l’ordre lors de futures opérations.
Dans les zones concernées, cela peut aussi modifier l’équilibre social. Les réseaux qui disposent d’armes lourdes imposent plus facilement le silence. Ils imposent plus facilement la peur. Ils imposent plus facilement des règles locales. La lutte antidrogue devient alors une lutte pour l’autorité de l’État.
Les prochains actes attendus: élargissement des arrestations et consolidation judiciaire
Les informations disponibles insistent sur la poursuite des arrestations dans le dossier de l’entrepôt de Kfardan.
L’opération de l’armée à la frontière, elle, suppose un suivi judiciaire à hauteur des centaines de mandats évoqués.
Les opérations contre la contrebande de tabac, enfin, dépendront de la capacité des tribunaux à traiter les dossiers et à dissuader la récidive.
Dans tous les cas, l’enjeu est le même. Une série d’opérations peut restaurer un minimum de confiance si elle produit des résultats visibles dans le temps. Elle peut aussi produire l’effet inverse si elle s’arrête au seuil des annonces.



