Ce 30 septembre marque une étape cruciale dans la confrontation qui s’amplifie entre Israël et le Hezbollah. On connaissait la domination aérienne israélienne, faute d’un système de défense antiaérien efficace au Liban, on n’en a même pas, la communauté internationale refuse de nous permettre de nous en doter, mais la situation sur le terrain au Sud-Liban, particulièrement accidenté, pose un défi majeur. Les frappes israéliennes, bien que redoutables, doivent prouver leur efficacité dans cette région difficile, propice aux embuscades et à une défense coriace. Le Hezbollah, malgré les coups portés à sa structure politique et militaire, avec notamment la figure de Hassan Nasrallah ciblée, reste potentiellement un acteur puissant au Sud-Liban.
Une question persiste : le Hezbollah est-il toujours aussi redoutable qu’en 2006 ? Un récent clip diffusé par Al-Manar, où l’on retrouve la voix de feu Hassan Nasrallah menaçant les soldats israéliens d’une « descente aux enfers », relance le débat. Est-ce pure propagande ou reflet d’une réalité menaçante pour l’armée israélienne ? Les prochaines heures nous le diront. Sur le plan des communications, l’infrastructure du Hezbollah, bien qu’attaquée, semble rester opérationnelle. Comme à Gaza, où le Hamas a su maintenir ses liaisons malgré les assauts israéliens, le Hezbollah semble avoir préservé ses réseaux filiaires pour assurer ses échanges militaires internes, ne pouvant pas compter sur des réseaux aériens. Il faudra aussi prendre en compte l’état réel de ses stocks d’armes et de munitions suite aux bombardements aériens intenses menés par Israël depuis quelques semaines.
L’enjeu n’est pas seulement militaire. Le Hezbollah pourrait bientôt voir d’autres acteurs libanais, notamment la milice Amal en raison de l’entrée dans le territoire libanais de l’armée israélienne, se joindre à la bataille. Ce renfort potentiel ouvre un nouveau chapitre dans ce conflit, accentuant l’escalade. Si l’armée israélienne réussit à franchir les lignes défensives au Sud-Liban, elle pourrait être tentée de pousser son avantage jusqu’à Beyrouth. L’histoire de 1982 plane comme une ombre sur le présent, où les forces israéliennes, sous la houlette d’Ariel Sharon, avaient promis une intervention limitée avant de se retrouver en plein cœur de la capitale libanaise, à siroter des cocktails dans les hôtels beyrouthins et à dormir dans ceux qui surplombent la capitale libanaise. Cette fois encore, tout semble possible si la résistance du Hezbollah flanche.
Comparez rapidement les prix des vols avec Fly2Leb.
Enfin, ce développement met en lumière une triste réalité : l’armée libanaise à protéger efficacement son territoire et totalement sans mot à dire depuis le lancement des hostilités le 8 octobre dernier. Redéployée dès ce soir, l’institution militaire peine à dissuader les incursions. Si les États-Unis ont fourni à l’armée du matériel favorisant sa mobilité, il est de plus en plus clair qu’elle n’a pas les moyens d’une défense territoriale robuste. Cela soulève des questions sur la politique américaine de soutien à une armée qui, dans les faits, reste une force symbolique – mobile au détriment de capacités réellement défensives pour ne pas rêver de capacités offensives – plutôt qu’une véritable barrière contre les agressions.
L’heure est grave, et la balance entre propagande et réalité se jouera dans les jours à venir, avec des conséquences potentiellement historiques pour le Liban et la région.



