Depuis juin 2025, les sirènes hurlent à Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem. Les missiles iraniens, lancés en riposte aux frappes israéliennes sur Natanz et Téhéran, sèment la peur en Israël. Les habitants se précipitent dans des abris anti-bombes, protégés par l’Iron Dome et le THAAD américain, tandis que les chaînes d’information diffusent des images de civils terrifiés. Dix-sept morts, 467 blessés : le bilan, bien que tragique, reste contenu grâce à une défense sophistiquée. Israël pleure, et le monde s’émeut.
Mais où étaient ces larmes, où était cette empathie, quand les bombes israéliennes ravageaient Gaza et le Liban ? Pendant plus d’un an et demi, Gaza a été un théâtre de souffrance inouïe. Entre octobre 2023 et juin 2025, plus de 57 000 Palestiniens ont été tués, dont 18 000 enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza. Une étude de The Economist en mai 2025 estime un bilan réel entre 77 000 et 109 000 morts, soit 4 à 5 % de la population d’avant-guerre, incluant les corps sous les décombres et les décès indirects dus à la famine et au manque de soins. Gaza, sans abris fortifiés ni systèmes d’alerte, n’a offert à ses habitants qu’un courage brut face aux F-16 et drones israéliens.
Au Liban, la douleur est tout aussi déchirante. Depuis octobre 2023, plus de 4 500 Libanais ont été tués dans les affrontements avec Israël, selon des estimations basées sur les bilans du ministère libanais de la Santé, et en juin 2025, des corps sont encore découverts dans les décombres des villages du sud, ciblés par 4 500 frappes israéliennes. Sans abris fortifiés ni défenses antiaériennes, les Libanais se terrent dans des caves ou fuient sous les bombardements. Le Hezbollah riposte avec des roquettes, mais les civils n’ont que leur bravoure pour affronter l’horreur.
L’indignation occidentale face aux missiles iraniens révèle une hypocrisie criante. Les 224 morts iraniens de juin 2025, majoritairement civils selon Téhéran, passent sous silence, tout comme les milliers de victimes palestiniennes et libanaises. Les abris israéliens, financés par des milliards américains, contrastent avec les toits de tôle de Gaza et les maisons fissurées du Liban sud. Les sirènes d’alerte israéliennes contrastent avec le silence assourdissant précédant une frappe à Khan Younès ou à Tyr.
Ce n’est pas nier la peur des Israéliens, légitime face aux missiles. C’est dénoncer un monde qui mesure la valeur des vies à l’aune de la géopolitique. Les Gazaouis, les Libanais, les Iraniens sous les bombes israéliennes n’ont jamais eu le luxe des abris ni la clémence des manchettes. Leur courage, forgé dans l’adversité, est leur seule réponse à une violence qui, lorsqu’elle frappe ailleurs, suscite pleurs et compassion. Sans bunkers ni boucliers, ils tiennent debout par leur dignité. Et cela, aucun Iron Dome ne peut le briser.



