jeudi, janvier 15, 2026

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Facture adressée au Hezbollah : Ce que coûte votre guerre à l’Etat Libanais

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Cher Hezbollah,

En déclenchant une guerre unilatérale contre Israël le 8 octobre 2023, vous avez assumé le rôle de stratège et de décideur absolu, reléguant l’État libanais et ses citoyens au rang de spectateurs impuissants. Vous avez engagé, sans consultation ni autorisation, une bataille dont les conséquences pèsent lourdement sur une nation déjà à genoux. Voici donc la facture détaillée des coûts visibles et invisibles que votre initiative a imposés à l’État et au peuple libanais. Les destructions de vos 44 villages du sud Liban et de la Bekaa ainsi que les 350 immeubles de la Banlieue Sud et du Grand Beyrouth n’y sont pas inclus.

Les bases et critères de l’estimation de la facture adressée au Hezbollah

L’évaluation de cette facture repose sur des critères économiques, sociaux, et diplomatiques mesurables, basés sur les coûts directs et indirects liés à la guerre. Chaque catégorie de dépenses met en lumière les conséquences concrètes de l’initiative unilatérale du Hezbollah, en excluant les dommages matériels spécifiques aux bastions du Hezbollah. Voici les bases principales :


1. Les dommages aux infrastructures

  • Critères : Inclut la destruction des routes, ponts, réseaux électriques, systèmes d’approvisionnement en eau et bâtiments publics. Ces infrastructures sont essentielles pour la mobilité, la logistique, et le fonctionnement de l’État.
  • Justification : La guerre a transformé le Sud-Liban et d’autres régions en zones de combat, nécessitant des reconstructions coûteuses. Ces infrastructures n’appartiennent pas au Hezbollah, mais à l’État et au peuple libanais.

2. Pertes économiques (PIB, commerce, tourisme)

  • Critères : Mesure la réduction des activités économiques, la chute des exportations, la fermeture des entreprises, et la perte des recettes touristiques.
  • Justification : Les guerres entraînent une paralysie de l’économie locale et nationale. Cette perte est aggravée dans un pays déjà en crise économique profonde. Le tourisme, source cruciale de devises pour le Liban, s’est effondré à cause des tensions militaires.

3. Pertes fiscales

  • Critères : TVA, droits de douane, et autres impôts que l’État n’a pas pu collecter en raison de la stagnation économique et de la destruction.
  • Justification : Ces revenus auraient normalement contribué à payer des services publics essentiels. L’incapacité de l’État à les percevoir aggrave son déficit budgétaire.

4. Relocalisation des déplacés et aide humanitaire

  • Critères : Inclut les coûts liés au logement temporaire, à la nourriture, aux soins médicaux et à la prise en charge des populations déplacées à cause des bombardements.
  • Justification : En déclenchant la guerre, le Hezbollah a forcé des milliers de civils à fuir leurs foyers. L’État, déjà financièrement exsangue, a dû assumer la charge de ces déplacés, sans consultation préalable ni planification.

5. Dépenses sécuritaires exceptionnelles

  • Critères : Mobilisation des forces armées, renforts sécuritaires, et coûts opérationnels pour maintenir la stabilité intérieure et protéger les frontières.
  • Justification : L’armée libanaise a dû assumer des missions coûteuses pour contenir les retombées sécuritaires, alors que le Hezbollah, acteur non-étatique, agissait de manière unilatérale.

6. Coûts de santé et d’éducation

  • Critères : Reconstruction des hôpitaux et des écoles détruits, prise en charge des blessés civils, et interruption des services éducatifs.
  • Justification : Ces coûts reflètent des droits fondamentaux bafoués par les conséquences de la guerre. L’État, malgré ses faiblesses, est le seul responsable légal de fournir ces services.

7. Coût du risque souverain

  • Critères : Augmentation des taux d’intérêt sur la dette publique en raison de la perte de crédibilité financière et de l’instabilité accrue.
  • Justification : La guerre a aggravé la perception des investisseurs internationaux sur la capacité du Liban à rembourser sa dette, augmentant les coûts d’emprunt.

8. Coût de la réputation internationale

  • Critères : Perte d’aides étrangères, désengagement des investisseurs, isolement diplomatique croissant.
  • Justification : La guerre a renforcé l’image du Liban comme un pays instable et contrôlé par des acteurs non-étatiques, décourageant tout soutien international.

Pourquoi cette facture est-elle justifiée ?

1. Une guerre unilatérale et non légitime

  • Le Hezbollah, en déclenchant unilatéralement cette guerre, a agi sans l’aval de l’État libanais ni du peuple. Cette décision dépasse son mandat en tant que mouvement de résistance, surtout dans un contexte où les conséquences affectent tous les Libanais, y compris ceux qui n’adhèrent pas à ses choix politiques.

2. Une charge collective pour des choix individuels

  • Les coûts engendrés par cette guerre pèsent sur l’ensemble de la population libanaise. Pourtant, cette guerre ne reflète pas une volonté collective nationale, mais les intérêts d’un parti aligné sur une puissance régionale (l’Iran).

3. Un impact disproportionné sur un pays en crise

  • Le Liban traverse déjà une crise économique et sociale sans précédent. Cette guerre a exacerbé une situation intenable, mettant encore plus en péril la stabilité du pays.

4. La responsabilité des acteurs non-étatiques

  • En tant qu’acteur non-étatique, le Hezbollah ne devrait pas engager le pays dans des conflits qui dépassent son rôle de résistance. Les conséquences de ses actions doivent être assumées par le mouvement lui-même, et non par l’État et ses citoyens.

Voici une analyse détaillée montrant comment chaque poste de la facture adressée au Hezbollah a été évalué, avec une justification méthodique pour chaque point.


1. Dommages aux infrastructures : 2 milliards USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Identification des infrastructures endommagées (routes, ponts, bâtiments publics, réseaux d’eau et d’électricité) à partir des rapports de terrain et des images satellite.
    2. Estimation des coûts moyens de reconstruction :
      • Par exemple, une route coûte en moyenne 1 à 2 millions USD par kilomètre à reconstruire.
      • Un pont peut coûter 10 à 20 millions USD selon sa taille et son emplacement.
    3. Somme des coûts estimés pour les principales zones affectées au Sud-Liban, dans la Bekaa et ailleurs.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Ces estimations sont cohérentes avec les chiffres des reconstructions après les guerres de 2006 et 1982.

2. Pertes économiques (PIB, commerce, tourisme) : 4 milliards USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Comparaison du PIB trimestriel pendant le conflit à la moyenne des trimestres précédents.
    2. Évaluation de la perte directe dans des secteurs clés :
      • Le commerce extérieur (exportations/importations paralysées par les blocages logistiques).
      • Le tourisme (annulation des réservations et effondrement de l’activité).
    3. Modélisation des effets indirects sur les chaînes de production locales et les entreprises.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Pendant les conflits de 2006 et 2013, des études similaires ont estimé des pertes comparables, ajustées à l’inflation.

3. Pertes fiscales (TVA, douanes et autres impôts non collectés) : 700 millions USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Estimation de la chute des recettes fiscales liées à la TVA et aux droits de douane, basées sur les statistiques gouvernementales précédentes.
      • Par exemple, une baisse de 50 % des importations entraînerait une réduction équivalente des taxes douanières.
    2. Prise en compte des pertes d’impôts sur les sociétés et les revenus, liés à la baisse d’activité économique.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Ces pertes sont directement proportionnelles à la contraction du PIB et aux rapports financiers des autorités douanières et fiscales.

4. Relocalisation des déplacés et aide humanitaire : 1 milliard USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Comptage des déplacés internes (environ 500 000 à 700 000 personnes selon des estimations d’ONG).
    2. Calcul des coûts :
      • Logement temporaire : environ 200 USD par famille et par mois.
      • Nourriture et soins de base : 50 USD par personne et par semaine.
      • Soins médicaux pour les blessés.
    3. Multiplication de ces coûts par la durée du conflit (2 mois) et les besoins subséquents (au moins 6 mois supplémentaires).
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Les données proviennent de précédents déplacements massifs (2006, guerre en Syrie) et des rapports d’agences comme l’ONU.

5. Dépenses sécuritaires exceptionnelles : 500 millions USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Calcul des coûts pour la mobilisation exceptionnelle de l’armée libanaise et des forces de sécurité.
      • Déploiement de troupes : environ 1 000 USD par soldat par mois, incluant les salaires, équipements, et ravitaillements.
      • Renforcement des postes de contrôle et surveillance des frontières.
    2. Prise en compte des dépenses additionnelles pour prévenir les troubles internes liés au conflit.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Ces coûts reflètent les besoins sécuritaires observés lors de crises similaires au Liban.

6. Coûts de santé et d’éducation : 400 millions USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Évaluation des coûts pour les hôpitaux et cliniques endommagés ou surchargés.
      • Une opération hospitalière majeure peut coûter entre 5 000 et 15 000 USD.
      • La reconstruction d’un hôpital de taille moyenne coûte entre 10 et 30 millions USD.
    2. Estimation des pertes dans le secteur éducatif :
      • Fermeture des écoles, interruption des cours.
      • Reconstruction des établissements détruits.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Les données proviennent d’estimations similaires après les conflits en Syrie et au Sud-Liban en 2006.

7. Coût du risque souverain : 300 millions USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Analyse des taux d’intérêt sur les obligations souveraines libanaises avant et après le conflit.
      • Une hausse de 2 à 3 % des taux d’intérêt entraîne une augmentation des paiements d’intérêts.
    2. Application de cette hausse au stock de la dette publique libanaise (environ 100 milliards USD).
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Les fluctuations du risque souverain sont un indicateur économique largement documenté.

8. Coût de la réputation internationale : 500 millions USD

  • Méthode d’évaluation :
    1. Estimation de la perte d’investissements directs étrangers (IDE).
      • Les IDE ont chuté de plus de 40 % après la guerre de 2006.
      • Ce manque à gagner est extrapolé en tenant compte des tendances actuelles.
    2. Calcul des aides internationales non perçues à cause de l’instabilité et de la polarisation politique.
  • Pourquoi ce chiffre est crédible ?
  • Les investisseurs étrangers et les bailleurs de fonds hésitent à engager des capitaux dans des zones de conflit prolongé.

Ces évaluations, point par point, sont basées sur des méthodologies économiques reconnues et des comparaisons avec des situations similaires au Liban et ailleurs. Les montants avancés ne sont pas arbitraires, mais s’appuient sur des données historiques, des ratios économiques, et des études d’impact. Cela justifie pleinement la pertinence de la facture adressée au Hezbollah, en soulignant les coûts colossaux de ses choix unilatéraux pour l’État et le peuple libanais.

CatégorieDescriptionMontant (en USD)
Dommages aux infrastructuresRoutes, ponts, bâtiments publics, réseaux électriques et d’eau2,000,000,000
Pertes économiques (PIB, commerce, tourisme)Réduction de l’activité économique, chute du tourisme4,000,000,000
Pertes fiscales (taxes non perçues)TVA, douanes et autres impôts non collectés700,000,000
Relocalisation des déplacés et aide humanitaireLogement, nourriture, soins médicaux pour les déplacés1,000,000,000
Dépenses sécuritaires exceptionnellesMobilisation de l’armée et des forces de sécurité500,000,000
Coûts de santé et d’éducationSoins médicaux, reconstruction d’hôpitaux et d’écoles400,000,000
Coût du risque souverainAugmentation des taux d’intérêt sur les emprunts publics300,000,000
Coût de la réputation internationalePerte d’aides, fuite des investisseurs, isolement diplomatique500,000,000
Total9,400,000,000

Quelques précisions sur les montants

  1. Dommages matériels : Votre « noble cause » a entraîné la destruction de routes et de ponts, isolant des villages entiers. Les infrastructures déjà précaires doivent maintenant être reconstruites. Peut-être pourriez-vous mettre à contribution vos alliances régionales ?
  2. Économie sacrifiée : Le commerce, les investissements, et le tourisme, qui représentaient des bouées de sauvetage pour l’économie libanaise, sont désormais paralysés. Mais que valent ces préoccupations terrestres face à votre guerre « divine » ?
  3. Humanitaire et social : Des milliers de Libanais ont été déracinés de leurs foyers. Leur hébergement et leur survie deviennent une charge supplémentaire pour un État en faillite. À moins que vos « alliés » ne prennent les choses en main ?
  4. Crédibilité diplomatique : Une fois de plus, vous avez effacé le Liban de la carte de la légitimité internationale. Les investisseurs s’éloignent, les institutions hésitent, et la confiance disparaît. Peut-être que la prochaine fois, les discours passionnés suffiront à payer les factures ?

Qui paiera cette note ?

Il est évident que cette guerre n’a pas été menée pour le compte de l’État libanais ou du peuple, mais bien pour des intérêts qui vous appartiennent et qui ne servent qu’à amplifier les fractures nationales. Cette facture s’élève à 9,4 milliards de dollars américains – soit un montant que le Liban, appauvri et exsangue, ne peut plus se permettre de couvrir.

Alors, chers « protecteurs », levez-vous fièrement et assumez enfin la charge de vos actes. Peut-être trouverez-vous dans votre inépuisable coffre à rhétoriques une monnaie d’échange capable de réparer les ponts, relancer l’économie, et surtout redonner espoir à un peuple qui suffoque sous vos décisions unilatérales.

— L’État Libanais, victime collatérale de votre « héroïsme ».

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