mercredi, janvier 14, 2026

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Focus: Propriété secondaires, biens immobiliers, justice fiscale au menu du futur gouvernement Nawaf Salam

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Un plan fiscal ambitieux pour répondre à la crise

Dans le cadre de son projet de réforme globale, le Premier ministre désigné, Nawaf Salam, a introduit des propositions pour augmenter les taxes sur les revenus et l’immobilier. Ces mesures visent à corriger les déséquilibres fiscaux, financer des projets publics et répondre aux attentes des institutions internationales. Cependant, ce plan fiscal soulève des réactions variées au sein de la population et des élites politiques, illustrant les tensions entre réformes et conservatisme économique au Liban.

Un système fiscal inégal et inefficace

Le Liban est connu pour son système fiscal régressif. Selon Al Joumhouriyat (25 janvier 2025), une grande partie des recettes de l’État provient de taxes indirectes, comme la TVA, qui affecte davantage les classes populaires. En revanche, les taxes directes, comme celles sur les revenus et l’immobilier, sont limitées, laissant les grandes fortunes et les entreprises échapper à une contribution équitable.

Nawaf Salam a déclaré que « l’équité fiscale est essentielle pour rétablir la justice sociale et restaurer la confiance dans l’État ». Dans ce contexte, ses propositions incluent une taxation progressive des revenus et une augmentation des taxes sur les biens immobiliers, des mesures qui visent à élargir la base fiscale tout en réduisant les inégalités économiques.

Une taxation progressive des revenus pour réduire les inégalités

L’un des éléments centraux du plan de Salam est l’instauration d’une taxation progressive des revenus, où les taux augmentent en fonction des tranches de revenus. Actuellement, le Liban applique une taxe forfaitaire qui ne reflète pas les écarts de richesse. Cette réforme a pour objectif de :

  1. Réduire les inégalités entre les classes sociales.
  2. Renforcer les recettes fiscales pour financer des services publics essentiels, notamment la santé et l’éducation.
  3. Encourager une redistribution plus équitable des ressources.

Cependant, Al Liwa’ (25 janvier 2025) rapporte que cette proposition suscite des craintes parmi les professions libérales et les investisseurs, qui craignent que des taux plus élevés ne dissuadent les initiatives entrepreneuriales et n’encouragent la fuite des capitaux.

En réponse à ces inquiétudes, Salam a mentionné que « la réforme fiscale doit être accompagnée de garanties pour les investisseurs, afin de protéger les secteurs stratégiques tout en promouvant une justice sociale ».

L’immobilier, un secteur stratégique sous pression

Le secteur immobilier, qui a longtemps été une valeur refuge pour les Libanais, est également ciblé par les réformes de Salam. Al Akhbar (25 janvier 2025) souligne que les taxes actuelles sur les biens immobiliers de luxe et les terrains non développés sont considérées comme trop faibles, permettant une spéculation excessive et une accumulation de richesse non productive.

Les propositions incluent :

  • Une taxe plus élevée sur les propriétés de luxe et les résidences secondaires.
  • Une taxe spéciale sur les terrains non développés pour encourager leur mise en valeur.
  • Une révision des évaluations cadastrales pour aligner les taxes sur la valeur réelle des biens.

Cependant, ces réformes pourraient avoir des impacts négatifs sur les propriétaires de classe moyenne, déjà fragilisés par la crise économique. Al Sharq (25 janvier 2025) rapporte que plusieurs associations immobilières appellent à des exemptions pour les petites propriétés et les résidences principales, afin d’éviter une pression fiscale excessive.

Une résistance politique et sociale importante

Comme pour de nombreuses réformes au Liban, les propositions fiscales de Salam se heurtent à une forte opposition. Les élites politiques, notamment les partis confessionnels, craignent que ces mesures ne limitent leur contrôle sur les ressources économiques. Ad Diyar (25 janvier 2025) indique que certains leaders politiques ont qualifié ces réformes de « populistes » et « déconnectées des réalités locales ».

En parallèle, la population, bien que favorable à une plus grande équité fiscale, exprime des craintes concernant une potentielle hausse généralisée des prix. Ces inquiétudes sont alimentées par le souvenir des manifestations de 2019, où l’annonce d’une taxe sur les communications via WhatsApp avait déclenché une vague de protestations à travers le pays.

Le soutien conditionnel des institutions internationales

Les propositions de Salam ont été saluées par des institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI). Al Quds (25 janvier 2025) rapporte que le FMI considère ces réformes comme un prérequis pour débloquer les financements nécessaires au redressement économique du Liban. Cependant, ces institutions insistent également sur la nécessité de garantir une mise en œuvre transparente et d’accompagner ces mesures de politiques sociales pour protéger les plus vulnérables.

Le président Joseph Aoun, dans une déclaration récente, a exprimé son soutien au plan de Salam, affirmant que « le Liban ne peut avancer sans une réforme fiscale équitable et efficace ». Toutefois, la mise en œuvre de ces propositions nécessitera un consensus politique qui reste difficile à obtenir dans le contexte actuel.

Les impacts potentiels sur l’économie et la société

Les réformes fiscales de Salam pourraient avoir des impacts significatifs sur le plan économique et social :

  1. Avantages attendus :
    • Une augmentation des recettes fiscales pour financer des projets publics essentiels.
    • Une réduction des inégalités économiques et une redistribution des richesses.
    • Une amélioration de la transparence fiscale, renforçant la confiance des citoyens dans les institutions.
  2. Risques identifiés :
    • Une fuite des capitaux, exacerbée par un manque de stabilité politique.
    • Une pression fiscale accrue sur les propriétaires et les professions libérales.
    • Une résistance administrative et politique, compromettant la mise en œuvre des réformes.

Perspectives et conditions de réussite

Pour que ces réformes aboutissent, Nawaf Salam devra surmonter plusieurs obstacles, notamment les résistances politiques, les défis administratifs et les craintes populaires. Comme le souligne Al 3arabi Al Jadid (25 janvier 2025), le succès de ce plan dépendra de sa capacité à instaurer un dialogue national inclusif et à mettre en place des mécanismes de suivi pour garantir la transparence.

Dans son discours, Salam a insisté sur la nécessité de « rompre avec les pratiques du passé et d’instaurer un système fiscal juste et durable ». Ces paroles trouvent un écho auprès de nombreux Libanais, mais leur concrétisation reste incertaine.

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Newsdesk Libnanews
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