Une collaboration sous haute tension
Des sources locales ont récemment commenté les négociations en cours entre le Liban et le Fonds Monétaire International (FMI), mettant en lumière les résistances internes qui freinent la mise en œuvre des réformes exigées. Ces exigences incluent la restructuration bancaire, la réforme fiscale, et la lutte contre la corruption, autant de mesures jugées indispensables pour sortir le pays de sa crise économique.
Cependant, ces réformes rencontrent une opposition importante de la part des élites politiques et économiques, qui craignent de perdre leurs privilèges dans un nouveau cadre de transparence et de gouvernance.
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Réformes bancaires : un chantier miné par des intérêts privés
L’une des demandes majeures du FMI concerne la restructuration du secteur bancaire, gravement affaibli par l’effondrement économique. Cela inclut la recapitalisation des banques, un processus qui impliquerait des pertes pour les grands déposants et les actionnaires. Des sources locales signalent que ces mesures sont farouchement opposées par certains dirigeants influents, liés de près aux banques.
En outre, la demande du FMI d’unifier les multiples taux de change est perçue comme une menace par ceux qui profitent des distorsions actuelles. Ces résistances ralentissent la mise en place de solutions structurelles, aggravant la méfiance des citoyens envers les institutions.
Fiscalité et corruption : des réformes à contre-courant des pratiques en place
Sur le plan fiscal, le FMI demande l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction des exonérations injustifiées et une meilleure collecte des impôts. Toutefois, les réformes proposées sont entravées par des pratiques enracinées de favoritisme et de corruption, souvent tolérées, voire encouragées, par les élites au pouvoir.
La lutte contre la corruption, une priorité affichée par le FMI, rencontre une inertie politique importante. Selon les sources locales, les responsables hésitent à adopter des mécanismes de transparence financière, craignant de dévoiler des transactions passées et des détournements de fonds qui pourraient les impliquer directement.
Une classe politique divisée et protectrice de ses privilèges
L’un des obstacles majeurs à la mise en œuvre des réformes réside dans les divisions internes de la classe politique libanaise. Chaque faction semble protéger ses propres intérêts, retardant des décisions cruciales pour l’avenir économique du pays. Les sources locales soulignent que ces résistances ne sont pas seulement politiques, mais aussi personnelles, car les réformes proposées menacent des réseaux d’influence et des avantages financiers accumulés depuis des décennies.
Ces divisions affaiblissent les négociations avec le FMI et réduisent la crédibilité du Liban auprès des institutions internationales.
Les risques d’agitation sociale
Les réformes exigées par le FMI, bien qu’essentielles, risquent également de provoquer une agitation sociale importante. La réduction des subventions sur des biens essentiels, comme le carburant et l’électricité, est une source de mécontentement croissant parmi les ménages déjà accablés par la crise économique. Ces mesures d’austérité, nécessaires pour rétablir les finances publiques, exacerbent les inégalités sociales et alimentent les tensions dans la rue.
Les sources locales mettent en garde contre un cercle vicieux où les réformes, au lieu de stabiliser la situation, pourraient déclencher des protestations massives, rendant leur application encore plus difficile.
Un manque de vision collective
Ce qui ressort des analyses locales, c’est l’absence d’une vision collective et cohérente de la part des dirigeants libanais. La crise actuelle exige un leadership unifié et une volonté politique forte pour surmonter les obstacles. Pourtant, les élites semblent incapables de prioriser l’intérêt national au détriment de leurs intérêts partisans.
Le FMI, pour sa part, insiste sur la nécessité d’une feuille de route claire et d’un engagement visible des autorités avant de débloquer une aide financière. Le retard accumulé dans la mise en œuvre de ces réformes réduit la crédibilité du pays et aggrave une crise économique déjà hors de contrôle.



