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Frappes israéliennes au Liban : un hôtel visé sans avertissement à Hazmieh-Baabda, onze morts ce matin dans la capitale et à Baalbek

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Ce mercredi 4 mars 2026, dès les premières lueurs de l’aube, de nouvelles explosions ont ébranlé la région de Beyrouth et ses abords immédiats. Une frappe aérienne israélienne a directement touché l’hôtel Comfort, situé à la lisière de Hazmieh et de Baabda, dans une zone majoritairement chrétienne du Mont-Liban, à proximité immédiate du palais présidentiel. Selon l’Agence nationale d’information libanaise, des ambulances ont été dépêchées en urgence sur les lieux, où d’importants dégâts sont visibles sur le bâtiment et les environs. Cette attaque, survenue sans avertissement préalable, marque un tournant dans l’escalade en cours, car elle touche pour la première fois de manière aussi directe un secteur traditionnellement épargné des quartiers est de la capitale, loin des bastions chiites du sud de Beyrouth.

À Beyrouth ce matin, la tension est palpable. Des colonnes de fumée s’élèvent encore au-dessus de la banlieue sud-est, tandis que les habitants de Hazmieh et Baabda, réveillés par le bruit sourd de l’impact, se pressent aux fenêtres ou descendent dans les rues pour constater les dégâts. Des véhicules de secours bloquent les artères principales, et des sirènes résonnent sans interruption. Dans le centre-ville, la vie continue tant bien que mal : écoles et administrations restent ouvertes, mais de nombreux commerçants ont préféré fermer boutique par précaution. Les rues du centre, habituellement animées à cette heure, montrent des signes de nervosité, avec des files plus longues aux stations-service et des conversations animées sur les trottoirs.

Le choc dans une zone chrétienne historique : la frappe sur l’hôtel Comfort à Hazmieh-Baabda

La frappe sur l’hôtel Comfort, situé précisément sur la route reliant Hazmieh à Baabda, constitue l’événement le plus marquant de ces dernières heures. Cette zone, à moins d’un kilomètre du palais présidentiel de Baabda, est majoritairement peuplée de chrétiens maronites et orthodoxes, et abrite des institutions étatiques sensibles ainsi que des résidences de hauts fonctionnaires. Des témoins rapportent que l’impact a provoqué l’effondrement partiel d’une aile de l’établissement hôtelier, avec des débris projetés sur la chaussée. Des ambulances ont été vues évacuer des blessés, et les services de secours fouillent encore les décombres à la recherche d’éventuelles victimes piégées.

Cette opération intervient dans un contexte où l’armée israélienne affirme cibler exclusivement des infrastructures liées au Hezbollah, mais la localisation précise, en plein cœur d’un quartier chrétien, soulève des interrogations sur les renseignements utilisés et les risques collatéraux. Le gouvernement libanais, par la voix de son Premier ministre Nawaf Salam, a immédiatement condamné cette atteinte à la souveraineté nationale, rappelant que de telles frappes menacent la stabilité fragile d’un pays déjà marqué par des décennies de divisions confessionnelles. Des sources officielles libanaises indiquent que l’attaque pourrait avoir visé un responsable ou une infrastructure perçue comme liée au mouvement chiite, bien que rien n’ait été confirmé à ce stade. Les habitants de Hazmieh, quartier connu pour son calme relatif depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, ont commencé à évacuer vers des zones plus sûres au nord de la capitale, tandis que des renforts de sécurité ont été déployés autour du palais présidentiel.

Un bilan humain qui s’alourdit : onze morts confirmés en quelques heures

Le ministère libanais de la Santé a communiqué un bilan provisoire mais précis ce matin : au moins onze personnes ont perdu la vie au cours des dernières heures. Six d’entre elles ont péri dans les localités d’Aramoun et de Saadiyat, au sud de Beyrouth, où des frappes ont touché des immeubles résidentiels dans la banlieue sud. Cinq autres victimes ont été recensées à Baalbek, dans la plaine de la Bekaa orientale, après l’effondrement d’un immeuble résidentiel de quatre étages frappé à l’aube. Des équipes de secours continuent de dégager les décombres à Baalbek, où des familles entières restent potentiellement piégées, et le bilan pourrait encore s’alourdir dans les prochaines heures.

Ces chiffres s’ajoutent aux dizaines de morts enregistrés depuis le début de l’escalade lundi dernier, portant le total des victimes libanaises à plus de cinquante depuis l’entrée du Liban dans ce nouveau cycle de violence. Parmi les morts figurent au moins trois paramédics tués lors d’opérations de sauvetage dans le sud du pays, victimes d’explosions secondaires ou de frappes ciblant des zones d’intervention. Les hôpitaux de Beyrouth-Sud, de Baabda et de la Bekaa sont en état d’alerte maximale, avec des transferts urgents de blessés vers la capitale. Des stocks de médicaments et de matériel chirurgical commencent à s’épuiser, selon des sources hospitalières, tandis que le Croissant-Rouge libanais a lancé un appel à la mobilisation de dons de sang.

Les lieux bombardés : du Mont-Liban à la plaine de la Bekaa et au sud du Litani

Les cibles visées cette nuit et ce matin couvrent un spectre géographique particulièrement large. Outre la frappe inédite sur l’hôtel Comfort à Hazmieh-Baabda, la banlieue sud de Beyrouth – Dahiyeh, bastion historique du Hezbollah – a subi de nouvelles vagues d’attaques aériennes, avec des colonnes de fumée visibles depuis le centre-ville. Des immeubles ont été touchés à Aramoun et Saadiyat, provoquant des incendies et des effondrements partiels.

Dans l’est du pays, Baalbek a été frappée avec une précision chirurgicale : un immeuble résidentiel de quatre étages s’est effondré, piégeant des civils sous les décombres. La ville, à majorité chiite et abritant des sites archéologiques millénaires, voit également ses infrastructures civiles endommagées. Plus au sud, Sidon a enregistré la destruction du quartier général de la Jamaa Islamiya, un groupe allié du Hezbollah et du Hamas, tandis que des frappes ont visé des branches de l’institution financière Al-Qard Al-Hassan à Nabatiyeh, Tyr, Ain Qana et Toul.

Au total, plus de quatre-vingts villages et localités du Sud-Liban ont reçu des ordres d’évacuation impératifs de la part de l’armée israélienne. Parmi les zones concernées figurent Rabaa Thalathin, Hawla, Qalaat Dibba, Qabrikha, Touline Khirba, Shaqra, Sawana, Majdal Selm, Tamriya, Tayri, Talousa, Safad, Batikh, Jmeijmeh et Bani Hayyan. Ces avertissements, diffusés par appels téléphoniques automatisés, tracts largués et messages sur les réseaux sociaux, exigent des habitants qu’ils s’éloignent d’au moins mille mètres de toute zone habitée. Des milliers de personnes ont déjà pris la route vers le nord, créant des embouteillages monstres sur les axes menant à Beyrouth et à la Bekaa.

Les opérations israéliennes : campagne aérienne massive et avancée terrestre au sud

L’armée israélienne déploie une stratégie à double détente, combinant une intensité aérienne inédite et une progression terrestre significative. Des vagues successives d’avions de combat ont visé plus de soixante-dix cibles liées au Hezbollah à travers tout le territoire libanais, y compris dans la capitale. L’état-major israélien justifie ces opérations comme une « défense proactive » destinée à neutraliser les capacités de tir du mouvement chiite et à empêcher toute menace sur le nord d’Israël. Le ministre de la Défense israélien a autorisé les troupes à « avancer et prendre le contrôle de zones stratégiques supplémentaires », élargissant ainsi la zone tampon déjà établie depuis novembre 2024 au sud du fleuve Litani.

Sur le terrain, des unités blindées et d’infanterie ont franchi la Ligne bleue pour s’emparer de positions élevées dans les secteurs de Marjayoun et Nabatiyeh. Des chars patrouillent désormais au-delà des lignes du cessez-le-feu, tandis que l’artillerie appuie les opérations depuis le territoire israélien. L’armée a également renforcé ses positions au sud du Litani, zone que le Hezbollah s’était engagé à évacuer conformément à la résolution 1701 de l’ONU. Des patrouilles terrestres intensives et des frappes d’artillerie ciblées complètent ce dispositif, avec un objectif affiché : créer un « cordon de sécurité élargi » pour protéger les localités israéliennes frontalières.

La riposte du Hezbollah et la position délicate du gouvernement libanais

Le Hezbollah n’est pas resté inactif. Dès lundi, le mouvement a lancé des roquettes et des essaims de drones vers des bases israéliennes, notamment dans la région de Haïfa, affirmant agir pour venger la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei. Un responsable du parti, Mahmoud Qmati, a déclaré que « l’ennemi sioniste a voulu une guerre ouverte, il l’aura ». Plusieurs salves ont été revendiquées, visant des concentrations de forces israéliennes près de la frontière, bien que l’efficacité de ces tirs reste limitée par les systèmes de défense israéliens.

Face à cette spirale, le gouvernement de Nawaf Salam, en fonction depuis février 2025, se retrouve dans une posture particulièrement inconfortable. Le Premier ministre, diplomate chevronné et ancien président de la Cour internationale de justice, a convoqué des réunions d’urgence du Conseil des ministres. Son cabinet, qui comprend le vice-Premier ministre Tarek Mitri, le ministre de la Défense Michel Menassa, le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar et le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji, a réaffirmé le monopole de l’État sur les décisions de paix et de guerre. Beyrouth a officiellement sommé le Hezbollah de cesser toute activité militaire depuis le territoire libanais, soulignant que le pays ne peut supporter une nouvelle guerre totale après les destructions massives de 2024.

Les Forces armées libanaises ont été placées en état d’alerte renforcée, mais leur capacité d’intervention reste contrainte par la supériorité aérienne israélienne et l’implantation profonde du Hezbollah dans certaines régions. Des unités ont cependant été déployées pour sécuriser les axes d’évacuation et protéger les infrastructures vitales.

Le Liban, front secondaire d’une guerre régionale élargie

L’escalade libanaise s’inscrit pleinement dans le cinquième jour du conflit ouvert entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Les frappes américano-israéliennes lancées samedi contre l’Iran, qui ont coûté la vie au Guide suprême, ont provoqué une riposte iranienne massive, avec des missiles et drones visant Israël et des bases américaines dans le Golfe. Le Hezbollah, allié historique de Téhéran, a rompu sa retenue observée depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, entraînant le Liban dans le tourbillon.

Dans ce cadre, le Liban devient un théâtre crucial. L’armée israélienne mène simultanément des opérations en Iran – où plus de mille sept cents cibles ont été revendiquées – et au Liban. Des explosions ont été signalées à Téhéran même, tandis que le détroit d’Ormuz fait l’objet de tensions accrues, l’Iran affirmant en contrôler totalement le trafic maritime. Les prix du pétrole et du gaz ont flambé sur les marchés mondiaux, avec des répercussions immédiates sur l’économie libanaise déjà exsangue.

La situation plus large au Moyen-Orient ce matin

Au-delà du Liban, le conflit s’étend. En Syrie, des échanges sporadiques persistent le long de la frontière. À Gaza, l’aide humanitaire reste sévèrement entravée, aggravant la crise humanitaire. Les États-Unis ont exhorté leurs ressortissants à quitter immédiatement quatorze pays de la région, dont le Liban, Israël et l’Iran. Des opérations d’évacuation de citoyens français, britanniques et d’autres nationalités sont en cours depuis l’aéroport de Beyrouth, qui fonctionne au ralenti sous restrictions israéliennes.

Des milliers de Libanais sont déjà déplacés du Sud et de la Bekaa, rejoignant les centaines de milliers chassés par les combats antérieurs. Les infrastructures portuaires et aéroportuaires libanaises tournent au ralenti, et les observateurs de la Force intérimaire des Nations unies au Liban maintiennent un contact étroit avec les parties malgré les risques accrus pour leurs personnels.

Les développements immédiats sur le terrain ce matin à Beyrouth et dans tout le pays

À l’heure où ces lignes sont écrites, l’aviation israélienne poursuit ses survols au-dessus du Liban, avec de nouvelles explosions signalées près de la frontière et dans la Bekaa. Des colonnes de blindés progressent dans le Sud, tandis que le Hezbollah annonce de nouvelles salves de roquettes en direction du nord d’Israël. À Beyrouth, les équipes de secours continuent leurs opérations à Hazmieh-Baabda, où l’hôtel Comfort reste partiellement inaccessible, et à Baalbek, où des familles attendent d’être extraites des décombres. Le ministère de la Santé actualise ses chiffres en temps réel, et les hôpitaux de la capitale reçoivent des renforts logistiques limités. Des patrouilles de l’armée libanaise ont été renforcées autour des sites sensibles, et la circulation reste perturbée sur les principaux axes menant à la capitale. Les faits sur le terrain continuent d’évoluer heure par heure, dictés par la succession rapide des opérations militaires et des ripostes en cours dans l’ensemble du pays.

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