Depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, plusieurs trêves ont marqué l’histoire des relations tendues entre les deux parties. Ces accords, souvent éphémères, reflètent la complexité du conflit. La trêve actuelle, établie en octobre 2024, suscite des comparaisons avec les accords passés, notamment ceux de 2006, 2013 et 2021, en termes d’impact sur la stabilité régionale et la dynamique politique locale.
La trêve de 2006, initiée par la résolution 1701 des Nations unies, avait pour but de mettre fin aux hostilités majeures. Bien qu’elle ait instauré un calme relatif au sud du Liban, elle n’a pas éliminé les tensions. En 2013, un autre accord tacite avait été conclu après une série d’incidents transfrontaliers, mais il s’était effondré sous la pression des événements en Syrie. Enfin, la trêve de 2021, établie après l’escalade à Gaza, avait montré une fragilité similaire, étant rapidement brisée par des échanges sporadiques de tirs.
La trêve de 2024 : un contexte régional complexe
L’accord de 2024 se distingue par son contexte unique. Selon Al Sharq Al Awsat (28/12/2024), cette trêve est marquée par une implication plus visible des acteurs régionaux tels que l’Arabie saoudite et l’Iran, tous deux cherchant à influencer le Liban pour leurs propres agendas stratégiques. Les termes de la trêve incluent des engagements mutuels pour éviter les provocations, mais les violations ponctuelles, notamment par Israël, mettent en péril sa durabilité.
Contrairement aux trêves précédentes, celle de 2024 a lieu dans un contexte où le Hezbollah est affaibli par ses engagements en Syrie et par la crise économique libanaise. Israël, de son côté, utilise cette trêve pour renforcer ses infrastructures défensives tout en surveillant de près les activités transfrontalières.
Le rôle des Nations unies et de la communauté internationale
Depuis 2006, les Nations unies jouent un rôle central dans la médiation et le maintien des trêves au Liban. La résolution 1701 a créé la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), chargée de superviser la frontière sud. Cependant, son efficacité reste limitée. Selon Al Bina’ (28/12/2024), bien que la FINUL ait empêché des escalades majeures, elle n’a pas pu résoudre les problèmes de fond, comme les revendications sur les fermes de Chebaa ou le désarmement du Hezbollah.
La trêve de 2024 bénéficie d’un soutien renouvelé de la communauté internationale. L’Union européenne et les États-Unis ont intensifié leurs pressions pour maintenir la stabilité, considérant le Liban comme un point stratégique pour la sécurité régionale. Cependant, ces efforts se heurtent à la méfiance mutuelle entre Israël et le Hezbollah, qui continuent de se préparer à une éventuelle reprise des hostilités.
Comparaison des impacts sur le Liban
Chaque trêve a eu des impacts spécifiques sur le Liban. La trêve de 2006 a permis une relative reconstruction au sud, mais elle n’a pas empêché l’augmentation des tensions politiques internes. Celle de 2013 a vu une montée des ingérences extérieures, notamment à travers la crise syrienne. La trêve de 2021, bien qu’éphémère, avait mis en lumière l’importance croissante de la diaspora libanaise pour financer les besoins locaux.
En 2024, le Liban fait face à des défis sans précédent. La crise économique, combinée à la vacance présidentielle, affaiblit les capacités de l’État à maintenir la stabilité. La trêve actuelle, bien qu’utile pour éviter une guerre majeure, met en lumière l’urgence d’un consensus politique et de réformes structurelles.
Perspectives pour l’avenir
Les trêves passées et actuelles montrent une constante : sans un règlement politique durable, elles ne peuvent être que temporaires. Le rôle des puissances régionales et internationales est crucial, mais les véritables solutions doivent venir d’une volonté locale de mettre fin aux rivalités internes. Le Liban reste un terrain de confrontation entre des acteurs aux intérêts divergents, ce qui complique toute tentative de paix durable.



