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IMA : Anne-Claire Legendre, l’Élysée pour refermer l’ère Jack Lang

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Le conseil d’administration de l’Institut du monde arabe (IMA) a choisi, mardi 17 février 2026, la diplomate Anne-Claire Legendre pour succéder à Jack Lang. Après une démission précipitée sur fond de controverse Epstein, l’État opte pour un profil de “maison”, rompu aux équilibres moyen-orientaux. Et la nouvelle présidente arrive avec un test immédiat : “Byblos, cité éternelle”, grande exposition consacrée au Liban, annoncée du 24 mars au 23 août à Paris.  

Une démission sous pression, une vacance impossible

Le départ de Jack Lang n’a pas été une transition tranquille : il s’est imposé comme une opération de dégagement. Le 7 février, l’ancien ministre de la Culture a écrit au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour “proposer” sa démission, au moment où la controverse autour de ses liens passés avec Jeffrey Epstein prenait une dimension politique nationale. L’Élysée a “pris acte”, Barrot a déclenché la procédure et annoncé la convocation d’un conseil d’administration dans la semaine.  

Dans ce dossier, l’exécutif a voulu aller vite, précisément parce que l’IMA ne peut pas se payer le luxe d’une vacance durable : sa gouvernance associe la France et des États arabes, et la moindre hésitation se lit aussitôt comme un affaiblissement. Les appels à la démission ont afflué, et la séquence a basculé d’une affaire d’image à une question de crédibilité institutionnelle.  

Un choix “Élysée-Quai d’Orsay”, assumé

Le 17 février, le conseil d’administration a donc désigné Anne-Claire Legendre. Plusieurs récits soulignent que sa nomination doit encore être ratifiée par les États arabes membres (ou représentants) concernés par la gouvernance de l’IMA — un rappel utile : l’institution est un carrefour diplomatique autant qu’un lieu culturel.  

Le profil est celui d’une diplomate de carrière de 46 ans, passée par des fonctions exposées (consulat général à New York, ambassadrice au Koweït, puis porte-parole du Quai d’Orsay) avant de rejoindre l’Élysée sur le périmètre Afrique du Nord-Moyen-Orient. Le message politique est clair : après une présidence très incarnée, l’État installe une dirigeante “méthode”, capable de tenir les équilibres, de parler aux partenaires arabes et de reprendre la main sur une maison réputée difficile à stabiliser.  

Première femme à la tête de l’IMA, mais surtout une présidence sous contraintes

Anne-Claire Legendre devient la première femme à diriger l’IMA depuis sa création il y a environ quarante ans. Le symbole est fort, mais la difficulté est ailleurs : Le Monde rappelle des défis lourds — finances, identité de l’institution, capacité à remobiliser une organisation vieillissante — et une perte relative de centralité dans la diplomatie culturelle française. Autrement dit : l’IMA reste prestigieux, mais il doit prouver qu’il est encore indispensable.  

La succession est donc autant une opération de communication qu’un chantier de gouvernance. Selon plusieurs articles, l’exécutif veut un retour à des règles et à une discipline de gestion, après une crise qui a exposé l’institution. La présidente ne sera pas jugée sur des intentions : elle sera jugée sur des résultats rapides, visibles, mesurables.  

Pas inconnue au Liban : un nom déjà passé par Beyrouth

Sur le Liban, il faut être précis : les éléments publics documentent des liens professionnels, et ils suffisent à dire qu’elle n’est pas inconnue à Beyrouth. Arab News (édition francophone) rapporte une visite à Beyrouth d’Anne-Claire Legendre, décrite comme une démarche française pour “intensifier” l’effort sur le dossier libanais, avec des entretiens portant sur désarmement, sécurité et réformes économiques.  

Ce type de déplacement n’a rien d’un détail : il inscrit une personne dans le paysage. Au Liban, où l’on lit les signaux français à la loupe, une conseillère de l’Élysée envoyée sur place devient mécaniquement un nom qui circule : chancelleries, responsables politiques, cercles médiatiques. Cela n’implique aucune “attache personnelle” — et il n’y a pas de source solide en ce sens — mais cela installe une familiarité diplomatique avec un pays qui, à l’IMA, pèse par sa diaspora et par son capital culturel.  

“Byblos, cité éternelle” : le Liban à l’affiche, un test immédiat

Le calendrier, lui, offre un point d’appui concret : l’exposition “Byblos, cité éternelle” est annoncée à Paris du mardi 24 mars au dimanche 23 août 2026, à l’Institut du monde arabe (Paris 5e).  

La page officielle de la Ville de Paris précise que l’exposition est organisée par l’IMA avec le ministère libanais de la Culture. Ce détail compte : on n’est pas seulement dans une programmation “patrimoine”, mais dans une coopération institutionnelle assumée, qui engage la crédibilité de l’IMA autant que sa capacité à produire une grande exposition.  

La communication de l’IMA sur les visites guidées met en avant le récit attendu : Byblos comme grand port antique, carrefour de la Méditerranée, liens avec l’Égypte et le monde égéen, et rôle dans la diffusion de l’alphabet phénicien. Là encore, c’est un terrain culturel large, fédérateur, qui peut servir de rampe à une présidente nouvellement installée : faire parler l’IMA par ses expositions, plutôt que par ses crises et surtout faire oublier les controverses de l’époque Lang.  

Le vrai défi : restaurer l’autorité sans assécher la maison

La tentation, après une crise, est toujours la même : normaliser, verrouiller, sécuriser. Mais l’IMA n’est pas un simple organisme administratif ; il vit de sa programmation, de sa capacité à attirer, à débattre, à exister dans la cité. Si la présidence Legendre se réduit à un “retour à l’ordre”, elle pourra stabiliser l’institution sans lui rendre son souffle.

À l’inverse, si elle réinstalle une rigueur de gestion tout en remettant la culture au centre — en commençant par Byblos — elle peut réussir ce que l’État attend d’elle : refermer la parenthèse Lang sans effacer l’ambition, et rendre à l’IMA une visibilité qui ne dépende plus des tempêtes politiques. Le Monde décrit précisément cette ligne de crête : une institution à la fois diplomatique et culturelle, qui doit redevenir une force plutôt qu’un sujet.  

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Newsdesk Libnanews
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