Le classement le plus récent cité situe le Liban au 86e rang sur 105 pays pour la vitesse de téléchargement mobile, avec 44,04 mégabits par seconde. À l’échelle régionale, le pays apparaît 12e sur 15 dans l’espace arabe du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. À ce niveau, la performance libanaise se trouve au coude à coude avec des pays voisins: 44,51 Mbit/s pour Egypte, 43,00 Mbit/s pour Jordanie. Les écarts sont faibles, 0,47 Mbit/s avec l’Égypte et 1,04 Mbit/s avec la Jordanie, ce qui renvoie à un même palier de qualité d’usage.
Le Golfe change d’échelle et creuse un fossé de compétitivité
Le tableau est dominé par les pays du Golfe, qui évoluent dans une autre catégorie. Les Emirats arabes unis sont donnés premiers au monde, avec 691,76 Mbit/s. Qatar suit au deuxième rang mondial, à 573,57 Mbit/s. Koweit est troisième, à 415,67 Mbit/s.
La comparaison est brutale et elle dit plus qu’un simple écart technologique. À 44,04 Mbit/s, le Liban affiche une vitesse environ quinze fois inférieure aux Émirats, treize fois inférieure au Qatar et neuf fois inférieure au Koweït, sur l’indicateur retenu. Dans les services, dans le commerce, dans la relation client et dans les usages professionnels mobiles, cette différence n’est pas théorique. Elle se traduit par de la fluidité, du temps gagné, et une qualité perçue qui pèse sur l’attractivité des places.
Le même tableau place Bahrein au quatrième rang mondial, avec 303,21 Mbit/s. Là encore, l’écart est massif, d’un facteur proche de sept par rapport au Liban. Cela dessine une région à deux vitesses, avec un noyau très avancé et un ensemble de pays en rattrapage.
Le peloton intermédiaire reste nettement au-dessus, et le Liban ne s’y accroche pas
Hors du trio de tête, le « deuxième cercle » régional demeure supérieur. Arabie saoudite apparaît neuvième au monde, à 216,03 Mbit/s. Oman est dix-huitième, à 165,07 Mbit/s. Ces niveaux signifient, en ordre de grandeur, des vitesses près de cinq fois et près de quatre fois supérieures à celles du Liban. Ce n’est pas un détail. À l’ère des usages intensifs, l’internet mobile devient une infrastructure économique. Quand il plafonne, il finit par plafonner aussi une partie des usages et des services.
Afrique du Nord: le Liban décroche même du groupe médian
Le classement place Maroc au 39e rang mondial, avec 123,38 Mbit/s. Puis viennent des pays à performance plus modérée mais toujours au-dessus du Liban: Irak à 62,28 Mbit/s, Tunisie à 57,3 Mbit/s, Algerie à 50,65 Mbit/s.
Les écarts sont parlants, car ils ne relèvent plus du “petit écart”. La différence avec l’Irak atteint 18,24 Mbit/s, avec la Tunisie 13,26 Mbit/s, avec l’Algérie 6,61 Mbit/s. À ce niveau, on ne parle pas seulement de confort d’usage. On parle de productivité dans les activités qui reposent sur la donnée, de qualité de service pour les clients, et de crédibilité pour un pays qui ambitionne de vendre des services.
Le bas de tableau existe, mais ce n’est pas un motif de satisfaction
Le tableau mentionne Syrie à 25,41 Mbit/s et Libye à 22,34 Mbit/s. Le Liban reste au-dessus de ces niveaux, avec des écarts d’environ 18,63 Mbit/s et 21,70 Mbit/s. Cela évite un contresens. Le pays n’est pas au plus bas. Mais il n’est pas non plus dans la zone qui entraîne la région. Dans un environnement où les leaders accélèrent, “tenir” ne suffit plus: l’écart relatif se creuse même si l’on ne recule pas.
Ce que dit ce classement, concrètement, pour l’économie
Une vitesse moyenne de 44,04 Mbit/s peut couvrir des usages individuels courants. Elle devient limitante dès que l’on passe à l’intensif, au professionnel, et à la fiabilité en heure de pointe. Surtout, l’enjeu n’est pas de savoir si l’on peut se connecter. Il est de savoir si l’on peut bâtir des usages, des services et des modèles économiques au même rythme que les concurrents régionaux.
Le classement met donc le Liban face à une réalité simple. Dans la hiérarchie régionale, les champions du Golfe ont transformé la connectivité mobile en avantage comparatif. Le Liban, lui, reste cantonné à un niveau qui le place dans le bas du tableau mondial et au bas du groupe régional. À ce stade, ce n’est pas une “mauvaise note” symbolique. C’est un signal de compétitivité.

