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Infrastructure énergétique au Liban : blocages administratifs et tensions sur l’accès à l’électricité

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Retards dans la réforme du secteur électrique

Selon Al Bina’ (27 mai 2025), le Liban continue de faire face à de lourds retards dans la réhabilitation de son réseau électrique. Le prêt de la Banque mondiale, destiné à soutenir la réforme structurelle du secteur, a bien été approuvé par la Commission des finances du Parlement. Toutefois, son déblocage reste suspendu.

Le gouvernement ne parvient pas à s’accorder sur les conditions imposées par les bailleurs internationaux. Les garanties exigées pour assurer la transparence de l’exécution et le suivi des fonds ne font pas consensus. Des divergences persistent sur le rôle de l’État, la participation du secteur privé, et la supervision technique des projets.

La Banque mondiale attend notamment des engagements précis sur la gouvernance du secteur. Elle demande la création d’une autorité de régulation indépendante, la publication des comptes de l’Électricité du Liban (EDL), et l’autonomie financière des projets. Ces exigences sont au cœur des blocages actuels.

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Projets pilotes en zones rurales et coopération allemande

Toujours selon Al Bina’, certains projets pilotes ont été lancés dans les zones rurales avec l’appui de la coopération allemande. Ces initiatives visent à installer des panneaux solaires communautaires pour répondre à la crise de l’électricité dans les régions les plus isolées.

Les projets sont localisés dans des villages où l’accès au réseau centralisé est intermittent ou inexistant. Ils reposent sur des partenariats entre municipalités, associations locales et agences de développement. L’énergie produite permet d’alimenter des écoles, dispensaires et stations de pompage.

Malgré des résultats encourageants, ces programmes restent limités. Leur pérennité dépend de financements extérieurs et de la capacité des bénéficiaires à assurer la maintenance. Le manque de cadres réglementaires clairs empêche l’intégration de ces installations dans un schéma énergétique national cohérent.

Déficit chronique de production et dépendance au fioul

Le Liban souffre d’un déficit chronique de production électrique. La capacité installée est largement inférieure à la demande. Les centrales thermiques fonctionnent de manière intermittente. Elles dépendent de livraisons irrégulières de carburants. Le réseau souffre de pannes fréquentes.

L’absence d’investissement dans la maintenance a aggravé l’état des infrastructures. Plusieurs lignes de transport sont obsolètes. Les pertes techniques et commerciales atteignent plus de 40 % selon les données les plus récentes. Cette inefficacité alourdit le coût de production.

Les abonnés doivent recourir à des générateurs privés pour compenser. Ce système parallèle est coûteux, polluant, et inégalitaire. Il creuse les disparités d’accès entre les zones urbaines mieux équipées et les campagnes mal desservies.

Obstacle au redémarrage économique

Le blocage du secteur énergétique constitue l’un des principaux freins à la relance économique. Les entreprises peinent à planifier leur production. Les commerces réduisent leurs horaires d’ouverture. Les établissements de santé et d’enseignement sont affectés.

Les investissements étrangers restent faibles en raison de l’instabilité du réseau. Les projets industriels nécessitant une alimentation continue en électricité sont reportés ou annulés. Le climat des affaires s’en ressent. Le secteur du numérique, pourtant dynamique, est pénalisé par les coupures.

Le coût du kilowatt-heure, multiplié par les surcharges liées aux générateurs, représente une charge lourde pour les ménages. La facture énergétique pèse sur le pouvoir d’achat et alimente l’inflation. Les subventions à l’importation de carburants alourdissent encore les finances publiques.

État des négociations et conditions de déblocage du prêt

Les discussions avec la Banque mondiale se poursuivent, selon Al Bina’ (27 mai 2025). Les représentants de l’institution demandent des garanties précises sur la traçabilité des fonds. Ils souhaitent une implication directe dans le pilotage des projets et le choix des opérateurs.

Le gouvernement propose un comité conjoint, composé de techniciens et d’observateurs extérieurs. Il s’engage à publier les contrats, appels d’offres et résultats d’audits. Il refuse cependant toute ingérence dans la gouvernance interne des entreprises publiques.

Le débat se cristallise autour de l’EDL. Certains ministres veulent préserver sa structure. D’autres plaident pour une réforme en profondeur, voire une mise en concurrence de la distribution. L’absence de majorité claire retarde les décisions. Le déblocage du prêt reste suspendu à une validation politique.

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Newsdesk Libnanews
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