
Depuis le début des tensions entre Israël et le Hezbollah, les affrontements se sont intensifiés, entraînant des bombardements réciproques sur la frontière sud du Liban et les territoires israéliens. L’escalade a franchi un nouveau cap dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2024, avec l’annonce par l’armée israélienne du début d’une opération terrestre limitée sur le territoire libanais. Cette opération vise à sécuriser des positions stratégiques dans le Sud Liban, tout en répondant aux attaques répétées du Hezbollah. En parallèle, les bombardements israéliens se sont multipliés, notamment sur les villages proches de la frontière et des zones du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.
Les événements de la nuit : L’annonce de l’invasion terrestre
Aux alentours de 01h30, les premiers signes de l’invasion terrestre israélienne sont apparus avec des rapports de mouvements de troupes et de véhicules blindés israéliens franchissant la frontière libanaise dans plusieurs points sensibles. Selon les informations de l’armée israélienne, les forces terrestres étaient soutenues par l’aviation et l’artillerie, tandis que des drones survolaient constamment les zones frontalières. Les cibles principales de cette première phase d’invasion incluaient des positions militaires supposées du Hezbollah ainsi que des infrastructures utilisées pour le lancement de roquettes vers Israël.
Vers 02h00, des sources israéliennes ont confirmé que des unités d’infanterie et des commandos spécialisés avaient pénétré sur plusieurs kilomètres dans les villages frontaliers libanais. Cette annonce a été rapidement relayée par les médias locaux, qui ont également mentionné des affrontements entre ces troupes et les combattants du Hezbollah. Des tirs d’artillerie lourde ont accompagné cette avancée, visant les villages de Kfar Kila, Adaisseh et Blida. Les positions du Hezbollah situées dans ces régions, ainsi que des infrastructures civiles, ont été gravement endommagées.
Réactions du Hezbollah et ripostes militaires
Le Hezbollah a immédiatement répondu aux attaques israéliennes en lançant plusieurs barrages de roquettes et de missiles depuis le sud du Liban vers des cibles israéliennes. Selon des déclarations officielles publiées entre 01h50 et 02h30, l’organisation a bombardé des bases militaires israéliennes à Safed, Shtoula, Gesher HaZiv, ainsi que plusieurs colonies proches de la frontière, telles que Kfar Giladi et Kabri. Ces attaques auraient provoqué des dégâts considérables, bien que les médias israéliens n’aient pas confirmé l’étendue des pertes humaines ou matérielles.
Vers 03h00, des unités d’artillerie du Hezbollah ont également ciblé des mouvements de troupes israéliennes à proximité du mur de séparation et dans les vergers frontaliers d’Adaisseh et Kfarkila. Des frappes précises ont été revendiquées par l’organisation, qui assure avoir infligé des pertes significatives aux forces israéliennes. Les combats dans cette zone se sont poursuivis tout au long de la nuit, et plusieurs explosions ont été entendues jusqu’à l’aube dans les localités proches de la ligne bleue.
Poursuite des bombardements et intensification des combats
L’intensité des combats s’est accrue au fil de la nuit. Les frappes israéliennes ont ciblé plusieurs zones clés du sud du Liban, avec un accent particulier sur les villes de Bent Jbeil, Aita al-Shaab et la région de Marjayoun. Des sources locales ont rapporté des destructions massives dans ces villes, notamment dans les infrastructures civiles et les habitations. À 06h00, le Hezbollah a répliqué par des tirs de roquettes sur les colonies israéliennes situées dans le nord de la Galilée, provoquant le déclenchement de sirènes d’alerte dans plusieurs localités, dont Misgav Am et Tel Hai.
Les forces aériennes israéliennes ont également intensifié leurs frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, cible traditionnelle des représailles israéliennes en cas d’escalade avec le Hezbollah. Plusieurs quartiers, notamment ceux de Dahiyeh, Bir Hassan et Haret Hreik, ont été touchés par des frappes aériennes. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des colonnes de fumée s’élevant au-dessus de la capitale libanaise, témoignant de l’ampleur des destructions.
Les conséquences humanitaires et l’évacuation des populations
Sur le terrain, les populations civiles du sud du Liban continuent de payer un lourd tribut à ces affrontements. Selon la Croix-Rouge libanaise, les villages proches de la frontière ont été soumis à des bombardements intenses tout au long de la nuit, forçant des milliers de personnes à fuir vers des zones plus sûres. Les routes menant vers le nord, notamment en direction de la Bekaa et de Beyrouth, sont saturées par les véhicules des déplacés, tandis que les autorités locales peinent à gérer l’afflux massif de réfugiés internes.
Les hôpitaux du sud du Liban, déjà éprouvés par les années de crise économique, sont submergés par l’afflux de blessés. Des appels à l’aide ont été lancés par les autorités sanitaires locales pour obtenir du matériel médical et des dons de sang, afin de faire face à la situation d’urgence. La situation est d’autant plus critique que plusieurs centres de santé ont été endommagés ou détruits lors des bombardements israéliens.
Réactions internationales et diplomatiques
Sur le plan diplomatique, la communauté internationale continue d’appeler à la retenue et à la désescalade. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a appelé à l’intervention urgente des Nations Unies pour faire cesser les hostilités et protéger la souveraineté du Liban. De son côté, la France a annoncé l’envoi d’un navire militaire vers les côtes libanaises pour assurer, le cas échéant, l’évacuation de ses ressortissants. D’autres pays européens, dont le Royaume-Uni, ont également pris des mesures similaires.
Cependant, la situation reste extrêmement volatile, et les perspectives d’une résolution rapide du conflit semblent s’éloigner. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira dans les prochaines heures pour discuter de la situation au Liban, mais aucune décision concrète n’a encore été prise pour mettre fin aux hostilités.
À court terme, il semble que les combats dans le sud du Liban continueront de s’intensifier. Le Hezbollah a réaffirmé son engagement à défendre le territoire libanais contre toute agression israélienne, tandis que l’armée israélienne continue de mobiliser des renforts dans la région. Les prochaines heures seront décisives pour déterminer l’ampleur de cette offensive terrestre et les réactions futures des acteurs régionaux.
En attendant, les populations civiles du sud du Liban continuent de vivre sous la menace constante des bombardements et des affrontements. L’incertitude plane également sur le reste du pays, où la crainte d’une extension du conflit à l’échelle nationale demeure présente. La situation humanitaire pourrait se détériorer encore davantage si les hostilités se poursuivent, exacerbant la crise économique et sociale que traverse déjà le Liban.
L’issue de cette nouvelle escalade est encore incertaine, mais elle marque un tournant dans le conflit israélo-libanais, avec des répercussions potentielles bien au-delà des frontières des deux pays.


