Nadim Asfar, Forêt de cèdres à Tannourine 2, 2017, tirage photographique sur papier Inbe 2020, 60 x 90 cm.
Nadim Asfar, Forêt de cèdres à Tannourine 2, 2017, tirage photographique sur papier Inbe 2020, 60 x 90 cm.
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Nous sommes dans la destruction du monde,
Et eux, ces arbres, sont toujours jeunes, et, bien qu’enracinés,
Beaucoup plus libres (dans leur épanouissement) que nous ne le sommes.
Etel ADNAN, Tout arbre est un chant.

Alice Mogabgab – Beyrouth présente l’exposition
Ce cèdre qu’on abat !
Peintures, sculptures, photographies, dessins, vidéos.
Vernissage samedi 17 octobre 2020 de 10h à 18h.

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Ce cèdre qu’on abat! De tous les pays, le Liban est parmi les rares dont le drapeau est orné d’un arbre; le cèdre. Si celui-ci a fait, par le passé, l’objet de toutes les convoitises, d’autres variétés ont subi le même sort au cours de l’Histoire; pins, chênes, genévriers et oliviers ont également été abattus par les conquérants, tant par besoin de construire que dans le but de détruire.

Lorsque le pouvoir au pays du cèdre est rendu à ses habitants, il y a tout juste un siècle, aucune politique de protection des forêts n’est mise en place. Les années de guerre n’arrangent rien ; entre armées étrangères et milices locales, les trente hectares de pins parasols du Bois de Beyrouth, plantés au XVIIe siècle par le despote éclairé Fakhreddine, sont entièrement décimés. Depuis le retour au calme et le début de ladite reconstruction  chaque année, des forêts entières succombent aux incendies criminels ou à l’urbanisation sauvage des régions  faisant reculer la nature et sa biodiversité, sous le regard indifférent des seigneurs de la guerre convertis en hommes politiques, encore plus prédateurs que la désertisation qui avance de l’Est.

Lorsque le 17 octobre 2019 éclate la révolte populaire, celle-ci est, entre autre, nourrie par les images de violents incendies qui viennent de ravager les collines, les vallées et les montagnes du Liban. A la célérité de ces flammes la révolte se propage sur tout le territoire, dans les villes et les régions, ralliant les Libanais de tous bords unis dans le désastre écologique contre les choix criminels du pouvoir en place, contre sa politique de la terre brûlée. Une politique de la terre brûlée qui s’étend désormais de l’écologie à l’économie, entrainant inexorablement les Libanais vers une mort lente.
En ce 17 octobre 2020, Alice Mogabgab – Beyrouth rouvre ses portes, après la double explosion du 4 août 2020. Fidèle à ses engagements sociaux et à ses responsabilités culturelles, la Galerie présente l’exposition Ce cèdre qu’on abat ! peintures, sculptures, photographies, dessins et vidéos, dans l’espoir de rassembler autour de l’arbre magnifié, emblème de la pérennité de la nature devant les forces destructives qui tentent d’abattre le Liban, tous ceux et celles encore enracinés dans leur terre, qui se battent contre les flammes de l’enfer et les vagues de la migration.

Les artistes. Jusqu’au 31 décembre 2020, l’exposition réunit des œuvres de 14 artistes : Etel Adnan, Nadim Asfar, Charles Belle, Pascal Courcelles, Yann Dumoget, Nicolas Gaillardon, Alexandre Hollan, Houda Kassatly, Ludwika Ogorzelec, Malgorzata Paszko, Eric Poitevin, Jean-Bernard Susperregui, Li Wei, Luciano Zanoni.

Alice Mogabgab
Beyrouth, 1er octobre 2020

Alice Mogabgab – Beyrouth
Horaires d’ouverture: mardi, mercredi et jeudi de 10h à 18h et sur rendez-vous.
L’exposition se poursuit jusqu’au 31 décembre 2020.

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