mardi, janvier 13, 2026

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Israël cherche à élargir les Accords d’Abraham : Vers une normalisation avec le Liban et la Syrie ?

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Les récentes déclarations du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, le 30 juin 2025, ont marqué un tournant significatif dans la diplomatie régionale. Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Saar a affirmé qu’Israël souhaitait intégrer le Liban et la Syrie dans la dynamique de paix et de normalisation amorcée par les Accords d’Abraham depuis 2020. Ces accords, négociés sous l’égide des États-Unis, avaient permis à Israël d’établir des relations diplomatiques officielles avec les Émirats Arabes Unis, Bahreïn et le Maroc.

La position israélienne : un élargissement stratégique des Accords d’Abraham

Gideon Saar a souligné la volonté de son gouvernement d’étendre la « circle of peace and normalization » aux pays voisins immédiats, notamment le Liban et la Syrie. Il a insisté sur le fait que cette ouverture serait menée en préservant les intérêts essentiels et sécuritaires d’Israël. La déclaration intervient dans un contexte géopolitique tendu, alors que la région connaît des mouvements diplomatiques intenses.

Ces déclarations interviennent alors même que les tensions sécuritaires restent fortes au Liban-Sud et sur le plateau du Golan, avec des échanges réguliers de tirs entre Israël et les forces proches du Hezbollah. L’absence de toute communication officielle entre Beyrouth et Tel-Aviv à ce jour demeure un obstacle majeur.

Réaction du Liban : entre refus historique et pressions internationales croissantes

La classe politique libanaise a réagi avec prudence, voire avec hostilité, aux propos de Gideon Saar. La présidence libanaise, sous Joseph Aoun, a immédiatement réaffirmé que le Liban ne négociera aucune normalisation avec Israël tant que les violations de la souveraineté nationale persistent, notamment dans le Sud du pays. La position officielle reste alignée sur la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige un cessez-le-feu durable et le retrait israélien complet du territoire libanais.

Le Premier ministre Nawaf Salam a rappelé que tout processus de dialogue ou de paix passe avant tout par la reconnaissance par Israël des droits légitimes du peuple libanais, dont la restitution des territoires occupés. Il a également évoqué les pertes humaines et matérielles récentes dans le Sud, conséquence directe des bombardements israéliens des dernières semaines.

L’attitude du Hezbollah : un rejet catégorique de la normalisation

De son côté, le Hezbollah, dirigé depuis 2025 par Naim Kassem, a exprimé une opposition frontale. Dans un discours public, Naim Kassem a déclaré que la résistance ne déposera jamais les armes au profit d’une normalisation imposée par l’extérieur. Il a accusé Israël de vouloir détruire la souveraineté et l’indépendance des États voisins en les entraînant dans des accords de soumission politique et militaire.

Mahmoud Qamati, membre du conseil politique du Hezbollah, a confirmé que le peuple libanais et sa résistance n’accepteront jamais une paix dictée sous la menace des armes et des sanctions.

Les débats internes en Syrie : entre silence officiel et spéculations diplomatiques

La Syrie, de son côté, n’a émis aucun commentaire officiel immédiat. Toutefois, plusieurs diplomates arabes en poste à Damas évoquent en privé un refus catégorique de toute démarche qui pourrait signifier une reconnaissance de l’État hébreu sans résolution de la question du Golan. Plusieurs sources évoquent également une intense activité diplomatique entre Damas, Téhéran et Moscou ces derniers jours, signe d’une probable concertation stratégique en réponse à la déclaration israélienne.

Les calculs américains derrière l’initiative israélienne

L’implication américaine dans cette nouvelle initiative diplomatique est largement commentée par la presse libanaise. Washington chercherait à obtenir un succès diplomatique rapide dans la région, en particulier dans le contexte électoral américain et avec la volonté de Donald Trump, revenu à la Maison Blanche depuis janvier 2025, de renforcer les acquis de son premier mandat.

Des émissaires américains auraient récemment intensifié leurs visites à Beyrouth et Damas pour sonder discrètement les positions des deux gouvernements. L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient aurait eu plusieurs entretiens confidentiels avec des responsables libanais de haut niveau au cours des dernières semaines.

Les divisions internes libanaises : un obstacle majeur à tout processus

L’hétérogénéité du paysage politique libanais rend toute avancée difficile. Plusieurs figures politiques comme le président du Parlement Nabih Berri et le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil ont souligné qu’un large consensus national serait indispensable avant d’envisager la moindre discussion sur la question israélienne.

Dans le même temps, la société civile, les organisations religieuses et plusieurs ONG ont également exprimé leur rejet de la normalisation. Un communiqué commun signé par plusieurs associations dénonce une tentative de légitimer l’occupation et les crimes de guerre israéliens.

Les enjeux sécuritaires : la crainte d’une escalade militaire

La sécurité demeure un enjeu central. Plusieurs experts militaires libanais craignent que la proposition israélienne ne soit qu’une manœuvre pour affaiblir la résistance libanaise en la divisant politiquement. Les derniers incidents à la frontière sud, où des échanges de tirs ont eu lieu près de Marjayoun, sont évoqués comme un signal d’alerte supplémentaire.

Le renforcement militaire israélien dans le nord du pays est analysé comme un signe de pression stratégique supplémentaire visant à pousser le Liban à accepter des négociations sous contrainte.

Les réactions internationales : prudence et attentes

La communauté internationale observe ces développements avec prudence. L’Union européenne a appelé à la retenue et au respect des résolutions internationales en vigueur. Moscou reste sceptique quant aux réelles intentions israéliennes, tandis que Téhéran condamne fermement toute tentative de pression sur Beyrouth et Damas.

Plusieurs chancelleries arabes suivent la situation de près, notamment l’Égypte et la Jordanie, qui pourraient jouer un rôle de médiation si le processus venait à s’engager.

Perspectives et scénarios possibles

Alors que Gideon Saar continue de défendre son projet d’élargissement des Accords d’Abraham, les perspectives de normalisation avec le Liban et la Syrie restent hautement incertaines. La conjonction des résistances internes, des enjeux sécuritaires et des divergences stratégiques rend improbable une évolution rapide. La situation pourrait néanmoins évoluer sous l’effet de nouvelles initiatives internationales ou d’événements imprévus sur le terrain.

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Newsdesk Libnanews
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