Dans la nuit du 14 au 15 juin 2025, un affrontement d’une intensité sans précédent a opposé l’Iran et Israël, marqué par des frappes aériennes israéliennes massives sur des cibles stratégiques iraniennes et une riposte iranienne sous forme de salves de missiles balistiques contre des villes israéliennes, notamment Tel Aviv, Bat Yam, Rehovot, Haïfa et Jérusalem. Ces événements, survenus dans un contexte de tensions autour du programme nucléaire iranien, d’assassinats ciblés de hauts responsables et d’implication d’acteurs régionaux comme les Houthis, ont causé des pertes humaines significatives et des dégâts matériels considérables des deux côtés, menaçant de plonger le Moyen-Orient dans un conflit plus large.
Une offensive israélienne d’envergure sur l’Iran
L’opération israélienne, baptisée « Rising Lion », a débuté dans la nuit du 13 au 14 juin 2025, mobilisant plus de 70 chasseurs de l’Israeli Air Force (IAF) et des drones pour frapper environ 40 sites à travers l’Iran, avec un accent particulier sur Téhéran, mais aussi sur Ispahan, Kermanshah, Tabriz, Hamadan, Kangan et Khorramabad. Le porte-parole de l’IDF, le brigadier-général Effie Defrin, a déclaré que l’opération avait permis aux avions israéliens de survoler Téhéran pendant plus de deux heures et demie, une première rendue possible par la destruction des systèmes de défense antiaérienne iraniens. Le chef d’état-major de l’IDF, le lieutenant-général Eyal Zamir, et le commandant de l’IAF, le major-général Tomer Bar, ont affirmé que ces frappes avaient exposé la capitale iranienne, déclarant que « Téhéran n’est plus à l’abri ». Le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a averti que « Téhéran brûlera » si l’Iran continuait ses attaques, accusant le régime iranien de transformer ses citoyens en « otages ».
Les cibles incluaient des infrastructures liées au programme nucléaire iranien, des installations militaires et des dépôts pétroliers. À Téhéran, le siège du ministère de la Défense et le quartier général de soutien des forces armées dans le quartier de Nobonyad ont été touchés, tout comme l’Organisation de recherche et d’innovation en matière de défense (Sapand), connue sous son acronyme persan SPND. L’Université de technologie Malek Ashtar, affiliée au ministère de la Défense, a été frappée par une explosion près de l’autoroute Babayi. Le dépôt pétrolier de Shahran, dans le nord-ouest de Téhéran, et un autre réservoir au sud de la ville ont été ciblés, provoquant un incendie visible depuis plusieurs quartiers, selon un journaliste de l’AFP. À Tabriz, une raffinerie a été attaquée, avec des colonnes de fumée s’élevant au-dessus de la ville. À Kermanshah, le camp Imam Hussein des Gardiens de la révolution a été bombardé, tandis qu’à Hamadan, une frappe près d’Asadabad a tué deux secouristes et blessé cinq autres personnes. À Kangan, près de Bouchehr, une attaque de drone israélien sur la section 14 du gisement gazier South Pars a provoqué une puissante explosion et un incendie, selon l’agence iranienne Fars. Une installation souterraine de lancement de missiles à Khorramabad, stockant des missiles sol-sol et de croisière, a également été visée, un site mis en avant dans une vidéo de propagande des Gardiens de la révolution.
Les frappes ont ciblé des sites nucléaires, notamment l’usine d’enrichissement de combustible de Natanz, où les dégâts ont été limités aux structures en surface, selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’usine de Fordo et le réacteur à eau lourde de Khondab n’ont pas subi de dommages, mais quatre bâtiments critiques à Ispahan, dont une installation de conversion d’uranium et une usine de fabrication de plaques de combustible, ont été endommagés, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Aucun dégât radiologique n’a été signalé, et les niveaux de radiation sont restés stables, selon l’AIEA. L’Iran a fustigé le « silence » de l’AIEA face à ces attaques, annonçant une réduction de sa coopération avec l’agence, selon le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.
L’opération a éliminé plusieurs figures clés de l’appareil militaire et scientifique iranien. L’IDF a revendiqué la mort de plus de 20 commandants, dont le brigadier-général Gholamreza Mahraby, adjoint au renseignement de l’état-major, et le général Mehdi Rabbani, adjoint aux opérations. Neuf scientifiques et experts du nucléaire de haut niveau, impliqués dans le programme d’armes nucléaires, ont également été tués, selon un communiqué de l’IDF. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a nommé Majid Mousavi pour remplacer Amirali Hajizadeh à la tête de la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution, tué dans les frappes. Dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, 30 militaires et un membre du Croissant-Rouge iranien ont été tués, selon le gouverneur Bahram Sarmast.
La riposte iranienne : une pluie de missiles sur Israël
En réponse, l’Iran a lancé à partir de 21h00 le 14 juin plusieurs vagues de missiles balistiques et de drones sur Israël, dans le cadre de l’opération « Promesse honnête 3 ». Environ 200 missiles ont été tirés, visant principalement le centre et le nord d’Israël, ainsi que la région ouest de Jérusalem. Une deuxième salve a été annoncée vers 03h10 le 15 juin, selon la télévision d’État iranienne. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir ciblé des installations de production de carburant pour avions de combat et des centres d’approvisionnement en énergie en Israël. Les attaques ont causé des destructions importantes dans plusieurs villes.
À Bat Yam, un missile a frappé un immeuble résidentiel, tuant quatre personnes, dont deux femmes âgées de 69 et 80 ans, un garçon de 10 ans et une jeune fille. Près de 100 personnes ont été blessées, dont six dans un état grave, et 18 restaient portées disparues sous les décombres au matin du 15 juin, selon Magen David Adom (MDA). À Rehovot, une frappe a blessé 37 personnes, dont six dans un état grave, et endommagé un bâtiment à trois entrées, d’où un survivant a été extrait. À Haïfa, une jeune femme d’une vingtaine d’années a été tuée dans l’effondrement d’un immeuble, et 14 autres personnes ont été blessées, dont une dans un état critique. À Ramat Gan et Rishon Lezion, près de Tel Aviv, des zones résidentielles ont été touchées, causant deux morts, une femme de 60 ans et un homme de 45 ans, et 19 blessés. Dans la région ouest de Jérusalem, plusieurs missiles ont été aperçus dans le ciel, selon un témoin de Reuters. Sept soldats israéliens ont été légèrement blessés dans le centre d’Israël, selon l’IDF, et le consul de Croatie à Tel Aviv ainsi que son épouse ont été légèrement blessés dans une frappe sur leur immeuble.
Les systèmes de défense israéliens, notamment le Dôme de fer, ont intercepté une partie des missiles, avec le soutien des forces américaines, selon un responsable américain. Cependant, des impacts ont causé des dégâts matériels, notamment des immeubles d’habitation dans la plaine côtière et le nord, ainsi qu’un incendie dans une zone non habitée, selon les services de secours israéliens. Les sirènes d’alerte ont résonné toute la nuit à travers le pays, et l’IDF a ordonné aux civils de rester dans les abris jusqu’à ce que l’alerte soit levée vers 23h45 le 14 juin, bien que la population ait été invitée à rester à proximité des abris. L’aéroport Ben Gourion, principal hub international d’Israël, a été fermé jusqu’à nouvel ordre, perturbant le trafic aérien.
Implication d’autres acteurs régionaux
Le conflit s’est étendu à d’autres acteurs. Un missile tiré depuis le Yémen, attribué aux Houthis, a été détecté par l’IDF. En réponse, une frappe israélienne à Sanaa a visé une réunion de dirigeants houthis, tuant Mohammed al-Ghamari, chef d’état-major du groupe, selon N12 News. Au Liban, un drone israélien a blessé quatre personnes à Beit Lif. Dans la bande de Gaza, un soldat israélien, le sergent Noam Shemesh, âgé de 21 ans, a été tué dans le sud du territoire, portant à 430 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l’opération terrestre contre le Hamas le 27 octobre 2023.
L’Iran a activé ses défenses antiaériennes à Téhéran et dans six provinces, dont Hormozgan, Kermanshah, Qom, Azerbaïdjan occidental, Lorestan et Khouzestan, abattant prétendument deux aéronefs israéliens à Téhéran, selon l’agence Fars, une information démentie par Israël. À Bandar Abbas, le plus important port iranien, la défense antiaérienne a été activée contre des micro-drones, abattant 10 aéronefs hostiles, selon la télévision d’État iranienne.
Réactions politiques et internationales
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que les frappes avaient porté un « coup réel » au programme nucléaire iranien et promis de cibler « tous les sites du régime des ayatollahs ». Il a revendiqué le « soutien manifeste » du président américain Donald Trump, qui a salué l’opération israélienne comme « excellente » tout en appelant à la fin du conflit. Trump a averti l’Iran que toute attaque contre les États-Unis entraînerait une réplique militaire « maximale », tout en proposant de négocier un accord pour mettre fin au conflit. Après un échange téléphonique avec Vladimir Poutine, Trump a noté leur accord sur la nécessité d’arrêter la guerre, tout en faisant référence au conflit russo-ukrainien.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a menacé Israël d’un sort « douloureux », tandis que le président Massoud Pezeshkian a averti qu’une poursuite des frappes israéliennes entraînerait une riposte « plus forte ». Il a accusé les États-Unis de « malhonnêteté » pour leur soutien à Israël pendant les négociations nucléaires, rendant incertaine la participation de l’Iran à un cycle de pourparlers prévu à Oman le 15 juin. Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a accusé Israël de précipiter la région dans un « dangereux cycle de violence ».
À l’international, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à la fin des hostilités, déclarant que « la paix et la diplomatie doivent l’emporter ». Le président français Emmanuel Macron a exigé la libération de deux otages français détenus en Iran depuis trois ans et appelé Téhéran à la retenue, tout en offrant un soutien défensif à Israël. Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a appelé à la désescalade, tandis que le Premier ministre Keir Starmer a déployé des avions de chasse au Moyen-Orient. La Chine a dénoncé les frappes israéliennes et soutenu l’Iran dans la défense de ses « droits légitimes ». L’Azerbaïdjan a assuré qu’il n’autoriserait pas l’utilisation de son territoire pour des attaques contre l’Iran, malgré ses liens avec Israël. L’Irak a cherché à rester neutre, demandant à Téhéran de ne pas cibler les intérêts américains sur son sol, où 2 500 soldats américains sont stationnés.
L’Union européenne, par la voix de Kaja Kallas, a exprimé sa « vive inquiétude » face à l’escalade, appelant au respect du droit international et à la retenue pour éviter un « rejet radioactif ». Le pape Léon XIV, lors d’une audience au Vatican, a appelé l’Iran et Israël à la « responsabilité et à la raison ». En France, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a ordonné un renforcement des mesures de vigilance sur les lieux de culte, les écoles et les zones à forte affluence, face au risque d’actes de terrorisme liés au conflit.
Bilan humain et matériel
En Israël, les attaques iraniennes ont causé au moins neuf morts, dont quatre à Bat Yam, une à Haïfa, deux dans le centre du pays et deux à Tamra, ainsi que plus de 150 blessés, dont plusieurs dans un état grave. Des dizaines de personnes restaient portées disparues sous les décombres à Bat Yam. Des immeubles d’habitation, des infrastructures et un centre de recherche à Rehovot ont été endommagés. En Iran, les frappes israéliennes ont fait au moins 78 morts, dont 30 militaires dans l’Azerbaïdjan oriental, et plus de 320 blessés, majoritairement des civils, selon un responsable iranien. Les dégâts incluent des installations pétrolières, des sites nucléaires en surface, des bases militaires et des zones résidentielles.
Perspectives régionales et économiques
L’escalade a entraîné la fermeture des espaces aériens en Iran, en Jordanie, au Liban et en Syrie, bien que la Jordanie ait annoncé leur réouverture le 14 juin. Les perturbations économiques, notamment une flambée des cours du pétrole et une chute des Bourses mondiales, reflètent les craintes d’un conflit régional. L’analyste Gilles Kepel a averti que cette offensive, motivée en partie par la politique intérieure israélienne, pourrait embraser la région et au-delà. Les frappes israéliennes ont perturbé l’approvisionnement en carburant à Téhéran, tandis que les attaques iraniennes ont semé la panique en Israël, laissant présager une intensification des hostilités dans les jours à venir.



