Le chef du Mouvement Patriotique Libre (CPL), Jebran Bassil, a lancé un appel à l’unité nationale pour affronter Israël et éviter une éventuelle réoccupation du sud du Liban. Dans une interview accordée au portail web al-Modon, Bassil a insisté sur l’urgence d’un cessez-le-feu, affirmant que la priorité doit être de protéger le Liban contre les attaques israéliennes et de mettre fin aux violences.
Une initiative pour un cessez-le-feu et l’élection d’un président consensuel
Bassil a révélé qu’il avait élaboré une nouvelle initiative qu’il a déjà discutée avec plusieurs acteurs internationaux, dont les États-Unis, l’Arabie Saoudite, la France, l’Égypte et le Qatar. Il a également rencontré l’ambassadeur britannique ainsi que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies. Son plan s’articule autour de deux points principaux : la mise en place d’un cessez-le-feu, suivi de l’élection d’un président consensuel au Liban.
Selon Bassil, cette initiative commence par la consolidation de la paix avec Israël pour prévenir une éventuelle occupation militaire, notamment dans le sud du pays, une région historiquement marquée par les conflits. L’élection d’un président consensuel constituerait ensuite une étape essentielle pour stabiliser le pays politiquement.
Un appel à l’application de la Résolution 1701
Au-delà de ces discussions diplomatiques, Bassil a également insisté sur la nécessité de respecter la Résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en 2006, qui appelle au désarmement des groupes armés non-étatiques, notamment le Hezbollah, et au déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays. Il a souligné que tous les Libanais, quels que soient leurs horizons politiques, refuseraient toute forme d’occupation, en faisant référence à la résistance historique du Liban contre Israël.
Le rôle de Nabih Berri
Malgré les désaccords historiques entre Bassil et le président du Parlement libanais Nabih Berri, Bassil a tenu à reconnaître le rôle crucial que Berri joue dans la crise actuelle. Il l’a décrit comme un leader « patriotique, responsable et sage », affirmant que Berri agit avec un sens aigu de la responsabilité nationale. Cette reconnaissance de la part de Bassil, qui a souvent eu des différends avec Berri, souligne l’importance de la coopération nationale dans cette période de crise.
Une large concertation politique
Bassil a également mentionné qu’il était en train de rassembler les noms des candidats à la présidence, y compris ceux du candidat du Hezbollah, Suleiman Franjieh, du chef de l’armée, ainsi que de Samir Geagea, le leader des Forces libanaises. Ce processus vise à trouver un consensus national afin d’élire un président capable de représenter toutes les composantes du paysage politique libanais.
Un chemin vers la stabilité
L’initiative de Bassil, centrée sur la paix et l’unité nationale, vise à renforcer la stabilité du Liban, tant sur le plan sécuritaire que politique. Alors que les tensions dans la région s’intensifient et que le risque d’une escalade avec Israël persiste, cette proposition pourrait offrir une solution viable pour atténuer les conflits internes et externes.
Cette initiative sera-t-elle suffisante pour obtenir un consensus national et mettre fin aux violences au Liban ? Cela dépendra largement de la manière dont les différentes forces politiques libanaises et les puissances régionales répondront à cet appel.



