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Joseph Aoun : le compromis derrière l’élection présidentielle libanaise

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Le 9 janvier 2025, Joseph Aoun a été élu président de la République libanaise après sept mois de vacance présidentielle. Cet événement, décrit par les observateurs comme une percée politique dans un contexte d’impasse prolongée, a été rendu possible grâce à un compromis politique complexe entre les principales forces du pays. Selon Al Joumhouria, cette élection résulte de concessions stratégiques impliquant plusieurs blocs parlementaires et des puissances régionales influentes.

Une élection précédée de mois de blocage

La vacance présidentielle, qui a duré plus de sept mois, reflétait les profondes divisions entre les blocs politiques libanais. D’un côté, le Hezbollah et ses alliés soutenaient des candidats favorables à leur influence. De l’autre, les forces de l’opposition, soutenues par l’Arabie saoudite et d’autres puissances internationales, s’opposaient à tout candidat perçu comme trop proche de l’Iran. Ce blocage a paralysé les institutions publiques et exacerbé la crise économique et sociale.

Le compromis ayant permis l’élection de Joseph Aoun s’est construit sur une série de négociations menées dans les coulisses, impliquant des figures politiques de premier plan, des diplomates étrangers et des acteurs régionaux. Ces discussions ont permis de dépasser les clivages confessionnels et politiques, mais elles ont également mis en lumière la complexité des rapports de force au Liban.

Les concessions des blocs parlementaires

L’élection de Joseph Aoun a été perçue comme un choix pragmatique, reflétant la volonté de parvenir à une stabilité relative. Les forces politiques pro-Hezbollah ont accepté de soutenir un candidat considéré comme neutre, tout en sécurisant des garanties sur des portefeuilles ministériels stratégiques dans le futur gouvernement. Ces concessions leur permettent de préserver une influence significative dans les institutions publiques.

De leur côté, les forces de l’opposition ont accepté ce compromis en échange de la promesse d’une approche plus indépendante dans la gestion des affaires de l’État. Ce choix était également motivé par la nécessité de débloquer les institutions et de répondre aux attentes pressantes des citoyens et des partenaires internationaux.

Le rôle des acteurs régionaux et internationaux

Le compromis ayant conduit à l’élection présidentielle ne peut être compris sans tenir compte du rôle des puissances étrangères. L’Arabie saoudite, l’Iran, la France et les États-Unis ont joué un rôle clé dans la médiation entre les différents blocs parlementaires. Ces puissances, bien qu’ayant des intérêts divergents au Liban, partageaient une volonté commune de sortir de l’impasse institutionnelle pour éviter un effondrement total de l’État.

L’Iran, principal soutien du Hezbollah, a encouragé ses alliés à soutenir la candidature de Joseph Aoun, estimant que ce choix permettrait de préserver leur influence tout en évitant une confrontation directe avec les forces de l’opposition. L’Arabie saoudite, en revanche, voyait dans ce compromis une opportunité de réengager ses alliés au Liban, notamment les forces sunnites, tout en limitant l’influence du Hezbollah.

La France et les États-Unis, quant à eux, ont exercé une pression importante pour que les blocs parlementaires parviennent à un consensus. Ces puissances considèrent la stabilité du Liban comme essentielle pour la sécurité régionale et ont insisté sur la nécessité de réformes économiques et institutionnelles après l’élection présidentielle.

Les implications pour le futur gouvernement

Le compromis ayant permis l’élection de Joseph Aoun n’a pas mis fin aux divisions politiques au Liban. La formation du gouvernement reste un défi majeur, marqué par des tensions autour de la répartition des portefeuilles ministériels et des priorités politiques. Les blocs parlementaires doivent désormais naviguer entre les attentes des citoyens, les exigences des partenaires internationaux et les intérêts des puissances régionales.

La gestion des portefeuilles clés, tels que les Finances, l’Énergie et l’Intérieur, sera un test pour la capacité des forces politiques à travailler ensemble. Les pressions internationales pour des nominations technocratiques et transparentes se heurtent aux dynamiques internes, où chaque bloc cherche à préserver ou à renforcer son influence.

Un compromis fragile mais nécessaire

Si le compromis ayant conduit à l’élection de Joseph Aoun représente une avancée significative, il reste fragile. Les tensions sous-jacentes entre les blocs politiques, alimentées par les rivalités régionales et les divergences sur les priorités nationales, pourraient resurgir lors des prochaines étapes politiques. Cependant, ce compromis a permis de rétablir une certaine normalité institutionnelle, ouvrant la voie à des réformes nécessaires pour stabiliser le pays.

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Newsdesk Libnanews
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