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Jour pour Jour: L’arrivée de Davy Crockett à Fort Alamo en 1836

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Au cœur de la révolution texane de 1836, l’arrivée de l’Américain Davy Crockett à Fort Alamo marque un épisode pivotal, illustrant l’afflux de volontaires étrangers dans un conflit opposant les colons texians à l’armée mexicaine. Cet événement, survenu le 8 février 1836, s’inscrit dans une séquence de tensions croissantes entre le gouvernement centraliste mexicain et les habitants de la province de Coahuila y Tejas, qui aspiraient à plus d’autonomie. Crockett, déjà célèbre pour sa carrière politique et ses exploits de frontiersman, rejoignit les défenseurs du fort missionnaire transformé en bastion militaire, contribuant à renforcer moralement une garnison sous-équipée face à l’avancée imminente des troupes du général Antonio López de Santa Anna.

Les origines de la révolution texane

La révolution texane éclata en octobre 1835, nourrie par un ensemble de griefs accumulés contre le régime mexicain. Après l’indépendance du Mexique en 1821, la province de Coahuila y Tejas avait été ouverte à l’immigration anglo-américaine pour contrer les menaces indigènes et stimuler l’économie. Des milliers de colons, principalement originaires des États du Sud des États-Unis, s’installèrent, apportant avec eux des pratiques comme l’esclavage, pourtant aboli au Mexique en 1829. En 1834, environ 30 000 Anglo-Américains surpassaient en nombre les 7 800 résidents nés au Mexique, créant des frictions culturelles et politiques. Le président Santa Anna, en renversant le gouvernement fédéraliste en 1834, imposa un régime centraliste, dissolvant les législatures locales et renforçant les taxes, ce qui alimenta les rébellions dans plusieurs États mexicains, dont le Texas.

Les Texians, mélange d’immigrants américains et de Tejanos (Mexicains du Texas), se divisaient entre ceux prônant un retour à la Constitution fédérale de 1824 et ceux aspirant à l’indépendance totale. Des événements comme la bataille de Gonzales le 2 octobre 1835, où les colons repoussèrent une tentative mexicaine de reprendre un canon, marquèrent le début des hostilités. Suivirent la capture du présidio de La Bahía à Goliad le 10 octobre et le siège de Béxar (San Antonio) du 16 octobre au 11 novembre, aboutissant à la reddition des forces mexicaines sous Martín Perfecto de Cos le 9 décembre. Ces victoires initiales encouragèrent l’afflux de volontaires américains, attirés par des promesses de terres et l’idéal de liberté.

La vie et la carrière de Davy Crockett

David Crockett naquit le 17 août 1786 dans ce qui est aujourd’hui le comté de Greene, au Tennessee, dans une famille d’ascendance française huguenote, écossaise-irlandaise et anglaise. Son père, John Crockett, vétéran de la guerre d’Indépendance américaine, participa à la bataille de Kings Mountain. La famille affronta des difficultés financières, incluant la destruction de leur moulin par une inondation en 1794 et une faillite en 1795. Jeune, Crockett fut placé en apprentissage comme cowboy et chapelier, fuyant à 13 ans avant de revenir pour aider sa famille. Chasseur émérite, il affirma avoir abattu 105 ours en une saison de chasse, forgeant sa réputation de frontiersman.

Crockett épousa Polly Finley en 1806, avec qui il eut trois enfants : John Wesley (1807), William Finley (1808) et Margaret Finley (1812). Après la mort de Polly en 1815, il se remaria avec Elizabeth Patton, ajoutant trois enfants supplémentaires. Entrant en politique en 1817 comme commissaire aux frontières du comté de Lawrence, il devint juge de paix et lieutenant-colonel de la milice du Tennessee en 1818. Élu à l’Assemblée générale du Tennessee en 1821, il représenta plusieurs comtés, défendant les droits des colons pauvres face aux spéculateurs fonciers. Opposé aux politiques d’Andrew Jackson, il soutint William Carroll lors de l’élection gubernatoriale de 1821.

Élu au Congrès des États-Unis en 1827 comme républicain national du 9e district du Tennessee, Crockett s’opposa à la loi sur le déplacement des Indiens en 1830, étant le seul délégué du Tennessee à voter contre, ce qui lui valut les remerciements du chef cherokee John Ross. Il proposa l’abolition de l’académie militaire de West Point en 1830, la voyant comme favorisant les élites. Réélu en 1829 et 1833 comme whig, il collabora à son autobiographie en 1834. Défait en 1831 et 1835, il exprima sa frustration envers la politique jacksonienne, déclarant à ses électeurs : « Vous pouvez tous aller en enfer, et moi j’irai au Texas. »

La décision de partir pour le Texas

Déçu par sa défaite électorale en 1835 face à Adam Huntsman, Crockett envisagea dès décembre 1834 de migrer au Texas si Martin Van Buren, successeur présumé de Jackson, était élu. En 1835, il discuta avec Benjamin McCulloch de lever des volontaires pour la révolution texane naissante. Retardé par des obligations judiciaires en tant qu’exécuteur testamentaire de son beau-père Robert Patton fin octobre, il quitta le Tennessee le 1er novembre 1835 avec trois compagnons pour explorer la région. Vêtu de son habit de chasse et de son chapeau en peau de raton laveur, il partit confiant, comme le rappela sa fille Matilda.

Durant le voyage, Crockett s’exprima sur l’indépendance texane à Jackson, au Tennessee, et fut honoré à Little Rock, en Arkansas, le 12 novembre. Il atteignit Nacogdoches, au Texas, début janvier 1836, prêtant serment le 14 janvier au gouvernement provisoire texan pour six mois de service, en échange de près de 4 600 acres de terre. Dans une lettre datée du 9 janvier 1836 à sa famille, il loua le Texas comme « le jardin du monde », avec « les meilleures terres et les meilleures perspectives de santé que j’aie jamais vues », et exprima son espoir de fortune : « J’espère faire encore fortune pour moi-même. » Il envisageait de s’installer près du bayou Bodark ou Choctaw sur la rivière Rouge.

L’arrivée à Fort Alamo et les préparatifs

Crockett et cinq compagnons campèrent près de San Antonio de Béxar le 6 février 1836, entrant dans la ville le 8 février avec une brigade de 30 hommes, acclamés par les habitants. Déjà célèbre, il rejoignit les défenseurs du fort Alamo, une ancienne mission franciscaine fortifiée après la reddition de Cos en décembre 1835. Le fort, avec des murs de 9 à 12 pieds de haut et 2,75 pieds d’épaisseur, abritait 19 canons mexicains capturés, mais manquait de provisions et de renforts adéquats.

Sous le commandement initial de James C. Neill, qui partit le 11 février pour lever des troupes, la garnison passa sous William B. Travis et James Bowie, ce dernier tombant malade le 24 février, laissant Travis seul aux commandes. La garnison comptait environ 185 à 260 hommes, incluant une vingtaine de Tejanos dissidents. Crockett, avec ses volontaires du Tennessee, renforça le moral, participant à des sorties pour brûler des huttes servant de couverture aux Mexicains. Le 23 février, Santa Anna arriva avec 1 500 à 2 100 soldats, hissant un drapeau rouge sang signifiant pas de quartier. Les négociations échouèrent, et le siège commença avec un bombardement continu.

Le siège et les appels à l’aide

Le 24 février, Travis rédigea sa célèbre lettre : « Aux peuples du Texas et à tous les Américains du monde… Je suis assiégé par un millier ou plus de Mexicains sous Santa Anna… Je n’ai pas perdu un homme… L’ennemi a exigé une reddition inconditionnelle, sinon la garnison sera passée par les armes… J’ai répondu par un coup de canon… Je ne me rendrai ni ne reculerai jamais… Victoire ou mort ! » Cette missive, portée par des émissaires comme Juan Seguín, appelait à des renforts urgents. Santa Anna renforça ses troupes, atteignant plus de 2 000 hommes le 25 février, malgré des conditions hivernales rigoureuses avec un norther abaissant les températures à 4°C.

Des escarmouches eurent lieu : deux éclaireurs mexicains tués le 24 février, une sortie texiane le 25 pour détruire des abris, coûtant un Texian mort et quatre Mexicains blessés. Le 1er mars, 32 hommes de Gonzales entrèrent, portant la garnison à 189. Crockett participa à des missions de reconnaissance, dont une le 3 mars avec trois hommes pour localiser les forces de James Fannin à Goliad, qui n’arrivèrent jamais. Santa Anna, impatient, ordonna l’assaut malgré les conseils d’attendre des canons plus lourds attendus le 7 mars.

La bataille finale et la chute du fort

L’assaut commença avant l’aube le 6 mars 1836. À 22h le 5 mars, le bombardement cessa, permettant aux Texians de dormir. Plus de 2 000 Mexicains, divisés en quatre colonnes sous Cos, Duque, Romero et Morales, avancèrent silencieusement, avec 500 cavaliers et 400 en réserve. À 5h30, les cris et clairons retentirent. Les sentinelles texianes furent tuées ; les défenseurs ripostèrent avec des canons chargés de mitraille (clous, charnières), infligeant de lourdes pertes.

Travis mourut tôt sur le bastion nord, d’une balle ou d’un coup d’épée. Trois assauts furent repoussés, mais les Mexicains escaladèrent le mur nord via des brèches et des échelles. Le général Juan Amador ouvrit une porte latérale ; les murs est et ouest tombèrent, le canon sud fut capturé. Les défenseurs se replièrent dans les baraquements et la chapelle pour un combat au corps-à-corps. Bowie, alité, tua plusieurs assaillants avec son pistolet et son couteau avant de périr. Crockett, adossé au mur, se battit avec sa carabine comme massue et son couteau, entouré de corps mexicains.

La chapelle, dernier bastion avec 11 hommes, fut prise ; les Mexicains tirèrent dans les corps pendant 15 minutes. La bataille dura environ 90 minutes, de 5h30 à 6h30. Tous les défenseurs, 182 à 257, périrent ; les non-combattants comme Susanna Dickinson et sa fille Angelina furent épargnés. Les Mexicains perdirent 60 à 600 tués et 250 blessés, selon les sources. Les corps texians furent brûlés sur ordre de Santa Anna.

Les suites immédiates et l’impact stratégique

La victoire mexicaine reprit le contrôle de San Antonio, mais le siège ne dura que quatre jours de plus que prévu par Santa Anna, qui avait annoncé la prise pour le 2 mars. La politique de non-quartier, incluant l’exécution de survivants potentiels, inspira la résistance texiane. Des rapports de reddition circulèrent dès le 11 mars, avec des Téjanos comme Andrés Barcena et Anselmo Vergara informant Sam Houston à Gonzales de la chute du fort. Crockett fut mentionné parmi les exécutés dès le 27 mars.

La nouvelle déclencha le « Runaway Scrape », une fuite massive des civils texians vers l’est. La Convention de 1836 à Washington-on-the-Brazos déclara l’indépendance le 2 mars, adoptant une constitution inspirée des États-Unis, autorisant l’esclavage. Houston organisa ses troupes, évitant le combat jusqu’à la bataille de San Jacinto le 21 avril, où 900 Texians surprirent 1 200 Mexicains, tuant 650 et capturant Santa Anna. Ce dernier ordonna le retrait mexicain via les traités de Velasco en mai, reconnaissant de facto l’indépendance, bien que le Mexique ne la reconnût jamais formellement.

Les mythes entourant Crockett et l’Alamo

La mort de Crockett alimenta de nombreux débats historiques. Des récits mexicains, comme ceux du colonel José Enrique de la Peña en 1836, affirment qu’il fut capturé avec cinq à sept défenseurs et exécuté sur ordre de Santa Anna, contredisant les images héroïques d’un dernier combat. De la Peña décrivit Crockett comme « un naturaliste bien connu, voyageur qui a pris part aux invasions et révolutions de cette région, un homme qui a utilisé un titre de colonel pour tromper les gens de son pays ». Des témoignages texians, comme celui du cuisinier Ben, le dépeignent mort entouré de 16 corps mexicains, couteau planté dans l’un d’eux.

Ces divergences naquirent dès 1836, avec des rumeurs de reddition propagées pour discréditer Santa Anna. Les mythes s’amplifièrent via des almanachs, pièces de théâtre et films, comme la minisérie Disney de 1954-1955 ou le film de John Wayne en 1960, montrant Crockett mourant en se battant jusqu’au bout. Des historiens modernes, s’appuyant sur des preuves volumineuses, penchent pour l’exécution, bien que l’authenticité du manuscrit de de la Peña soit débattue – des analyses en 2001 confirmant ses traits d’armée mexicaine des années 1830. D’autres mythes incluent Travis traçant une ligne au sol (invention de 1873) ou les défenseurs retardant significativement Santa Anna, alors que le siège ne coûta que quatre jours supplémentaires.

La réalité historique révèle un Crockett engagé dans la défense, priant brièvement dans la chapelle avant l’assaut selon Susanna Dickinson, et se battant farouchement. Des comptes comme celui de Theodore Roosevelt en 1885 le dépeignent en dernier survivant, tuant plusieurs ennemis dans un combat au corps-à-corps. Pourtant, les faits soulignent que jusqu’à la moitié des défenseurs tentèrent de fuir, pourchassés par la cavalerie mexicaine. L’Alamo, loin d’être une victoire stratégique pour les Texians, devint un symbole de sacrifice, amplifiant le recrutement et menant à San Jacinto.

L’héritage dans le contexte régional

L’Alamo, site d’une bataille où périrent des figures comme Travis, Bowie et Crockett, s’inscrit dans une histoire plus large de la mission espagnole fondée en 1718 pour contrer les incursions françaises et indigènes. Transformée en fort en 1835, elle symbolisa la résistance texiane, malgré des pertes mexicaines estimées à un tiers des assaillants. Juan Seguín, Tejano, enterra les cendres des défenseurs sous un arbre en 1837. La révolution aboutit à la République du Texas, reconnue par les États-Unis en 1837, mais les dynamiques raciales persistèrent : les Tejanos, alliés des Texians, affrontèrent des discriminations post-indépendance.

Des rapports immédiats, comme ceux de Barcena et Vergara le 11 mars, confirmèrent la chute, avec des détails sur les exécutions. Santa Anna, dans ses mémoires, nota les corps « parmi les cadavres » sans mention de reddition, affirmant : « Pas un soldat n’a montré de signes de désir de se rendre. » L’événement inspira des cris de ralliement comme « Souvenez-vous de l’Alamo ! » à San Jacinto, où Houston déclara : « Vous auriez dû vous souvenir de cela à l’Alamo. » Les implications immédiates inclurent une mobilisation accrue, avec 78 % des volontaires de janvier à mars 1836 provenant des États-Unis après le 2 octobre 1835.

Aujourd’hui, l’Alamo reste un lieu de mémoire, avec 189 défenseurs listés officiellement, potentiellement jusqu’à 257. Des analyses récentes, croisant sources mexicaines et texianes, clarifient les faits : le fort, mal défendu, fut piégé par l’approche inattendue de Santa Anna le 23 février, malgré les avertissements ignorés par Travis et Bowie. Les civils comme Dickinson furent libérés pour propager la nouvelle, accentuant l’impact psychologique. La bataille, bien que militairement insignifiante, forgea l’identité texane, marquant les tensions entre centralisme mexicain et aspirations locales.

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