
Par Dr. Grace Elias
Doctorat dâÃtat en Science Politique de lâUniversité Libanaise.
Chercheuse en histoire politique du Liban, spécialiste en discours politique des communautés libanaises.
NOTE DE LA RÃDACTION DEÂ MADANIYA.INFO
EN partenariat avec Madaniya.info â La démission du premier ministre libanais Saad Hariri le 29 octobre au 13me jour dâun «soulèvement populaire au parfum de révolution» a ouvert une période de grandes incertitudes politiques pour le Liban. Au-delà de lâéquation personnelle du milliardaire failli du clan Hariri, sa démission met en relief le rôle majeur de la composante sunnite de la population dans le jeu politique libanais. Pour aller plus loin sur Saad Hariri, cf ce lien:
- https://www.madaniya.info/2017/11/05/saad-hariri-un-homme-aux-ordres/
- https://www.madaniya.info/2019/10/28/liban-un-soulevement-au-parfum-de-revolution/
- https://www.middleeasteye.net/fr/opinion/le-liberalisme-maladie-du-monde-arabe
- https://www.madaniya.info/2019/11/13/la-france-malvenue-au-liban-liberez-georges-abdallah-non-a-lingerence-etrangere-retournez-dans-votre-pays/
Retour sur cette communauté dans un pays qui a longtemps fait office dâ «état tampon» dans la stratégie régionale.
Explorez la carte en direct des evenements et points de situation.
«Deux négations ne font pas une nation», Georges Naccache, 10 Mars 1949; un texte qui valut la prison au journaliste libanais.
Le texte complet de Georges Naccache sur ce lien : https://www.monde-diplomatique.fr/1982/09/A/36936
La proclamation de lâÃtat du Grand Liban le 1er septembre 1920 par le Général Henry Joseph Eugène Gouraud, représentant de la puissance mandataire française sur la Syrie, trois ans après la promesse Balfour (2 novembre 1917) conférant un «Foyer National Juif» en Palestine répondait au souci des puissances coloniales européennes de briser le continuum stratégique du Monde arabe afin dâéviter la constitution dâun «seuil critique» sur le flanc méridional de lâEurope, qui fera obstacle à lâexpansion européenne vers lâAsie.
Le «Foyer National Juif» a été octroyé en Palestine. LâÃtat du Grand Liban a été aménagé par son détachement de la Syrie, dont le général Gouraud en avait la charge.
Sous prétexte de coexistence inter confessionnelle, la France va chercher en fait à faire cohabiter dans une sorte de contiguïté passive «deux négations vouaient à ne jamais constituer une nation» pour reprendre lâexpression du journaliste Georges Naccache.
En fait le projet français visait, dans le prolongement du «Foyer National Juif» en Palestine, à constituer un « foyer chrétien au Liban», sous le leadership maronite, avec la caution des sunnites. Un tour de prestidigitation qui explique les réticences des sunnites à lâégard de cette forme de gouvernement.
La communauté sunnite au Liban: Lâentité et les variables politiques.
I â INTRODUCTION
La société libanaise comprend 18 communautés religieuses qui sont représentées dans le système politique libanais.
Cette organisation a été acceptée dans la Constitution de 1926 et adoptée dans le Pacte national de 1943, puis consignée dans lâAccord de Taëf de 1989, afin de préserver toutes les composantes de la société multi-communautaire libanaise et de permettre à toutes les communautés de participer à la vie nationale, aux décisions cruciales et à la gestion des affaires de la nation.
Ces caractéristiques nous montrent que les communautés â et non lâindividu ou le citoyen- sont lâacteur principal de la vie politique libanaise, dâoù la nécessité dâétudier le rôle de la composante sunnite, ainsi que sa position dans la société et le pouvoir.
Lâévolution historique du Liban en tant quâentité politique et en tant que société complexe, montre que le principe de lâexistence de cette entité pose un problème fondamental auquel la majorité des musulmans, la plupart sunnites, sâopposent, alors que les chrétiens, et en particulier les maronites, sây accrochent.
Le patriarche Elias Hoayek était à lâavant-garde des revendications de lâindépendance du Liban et de la création de lâÃtat en 1920.
Malgré la déclaration du Grand Ãtat libanais en 1920 et la proclamation de la République libanaise en 1926, la majorité de la communauté sunnite a déclaré son rejet de cette entité séparément de la Syrie.
Le Pacte National de 1943, entre les présidents Bichara El-Khoury et Riad El-Solh, a réussi à faire adhérer les musulmans en général, et les sunnites en particulier, à la reconnaissance de lâentité libanaise.
Cependant, le Premier ministre de lâépoque, Riad El-Solh, a affirmé que les musulmans devaient accepter le partage du pouvoir entre les différentes communautés libanaises, dâautant plus que la majorité des musulmans ont remarqué que les communautés chrétiennes (et plus particulièrement les maronites) avaient saisi les ressources de lâÃtat entre 1920 et 1943.
Les sunnites ont alors estimé quâils nâavaient pas bénéficié dâune participation équilibrée au pouvoir pendant toute la période de lâindépendance. Ils ont donc menacé de rejoindre la Syrie et nâont pas hésité à demander leur entrée en 1958 en République arabe unie (Ãgypte et Syrie).
Lâaccord de Taëf a été conclu en 1989, constituant un nouveau compromis entre les communautés libanaises et mettant fin à la guerre au Liban qui avait débuté en 1975. Cet accord a abouti à lâacceptation des musulmans et des chrétiens de lâÃtat libanais. En conséquence, la majorité des sunnites sont devenus les partisans dâun Liban indépendant, ce qui les rapprocherait des chrétiens.[1]
II- LE CONTEXTE HISTORIQUE DU DÃVELOPPEMENT DU POINT DE VUE SUNNITE Ã LâENTITÃ LIBANAISEÂ : 1920 Ã 1990
Lâéglise maronite a joué un rôle important dans la création de lâÃtat libanais. Mais cet Ãtat libanais ne sâest pas limitée aux frontières du Mont Liban, pour des raisons économiques, culturelles et démographiques â les ressources de la montagne ne sont pas suffisantes pour un Ãtat doté dâun cycle économique intégré ou du moins viable, compte tenu des conditions économiques de lâépoque â dâoù la nécessité dâélargir les frontières du Liban pour inclure la côte et les plaines adjacentes à la montagne.[2]
La majorité des musulmans au Liban (dans la côte et les plaines) ont estimé que, la création dâune patrie syrienne indépendante dirigée par le prince Faysal, était le moyen de parvenir à lâindépendance et, le premier pas vers la renaissance de la présence arabe.
Ainsi, avec la fin de la Première Guerre mondiale, la défaite de lâEmpire ottoman et lâentrée des forces britanniques et françaises au Liban et en Syrie, le conflit commença à apparaître entre le Mouvement National Libanais et le Mouvement National Arabo-syrien, sous lâeffet des facteurs internes et externes.
Les altercations vont atteindre leur apogée en 1920.[3] Cette année -là , le général Henry Joseph Eugène Georges Gouraud a annoncé la création du «Grand Liban», réalisant ainsi la victoire des aspirations du mouvement «national libanais». Par la suite, le 31 août 1920, un décret a été publié pour annexer Beyrouth, la Bekaa, les villes de Tripoli, Sidon, Tyr et ses annexes au Mont-Liban, ce qui en fait un seul Ãtat (le Grand Liban).[4]
III- LâISLAM SUNNITEÂ ENTRE 1920-1943Â : DU REJET INITIAL DE LâENTITÃ LIBANAISE JUSQUâAU PACTE NATIONAL
La période 1920-1943 a été marquée par une évolution de la vision de lâislam sunnite envers lâentité libanaise.
Au début, les musulmans en général, et les sunnites en particulier, nâétaient pas attirés par leur nouvelle réalité nationale qui les avait transférés de majorité à minorité dans un Ãtat gouverné par les chrétiens et protégé par lâexistence française, câest pourquoi ils ont été derrière un double rejet de la nouvelle entité et du mandat français. De ce fait, ils ont déclaré leur fidélité à lâÃtat arabe.[5]
Ainsi, la majorité de la communauté sunnite a fait face au nouvel Ãtat, par un rejet presque total sur plusieurs aspects, notamment le rejet de lâidentité libanaise et des élections de 1922 et 1925. Ce rejet multiforme a pris une tournure offensive, notamment par la «âConférence de la côte» de 1926.
Lâattitude négative de la majorité musulmane sâest manifestée était dans son boycott du recensement de 1932,[6] car ils refusaient de recevoir des pièces dâidentités écrites avec la mention «âLibanaisâ» étant donné que le terme: (Libanais) signifiait à lâépoque le peuple du Mont-Liban[7].
Cette majorité musulmane a déjà manifesté son rejet vis-à -vis de lâentité libanaise par sa participation à la révolution syrienne de 1925 et son refus de coopérer avec les autorités françaises ou dâentrer dans la nouvelle administration libanaise.
Cette attitude négative reposait sur des considérations idéologiques, politiques, économiques et sociales[8]. Cependant, des développements internes et externes ont contribué à pousser les Libanais sunnites vers une patrie unifiée et indépendante. Parmi eux se trouvaient les traités franco-libanais et franco-syriens.[9]
La stabilisation des institutions politiques et administratives du Liban les a amenés à accepter le statu quo. Cela a également contribué à changer la position des partisans du nationalisme arabe, ce qui signifie que lâobjectif de lâunité de lâÃtat a été mis de côté pour permettre le retrait des forces sous mandat et pour obtenir une indépendance totale. Il était nécessaire de parvenir à un consensus avec les forces politiques de la communauté chrétienne qui a été représentée dans le Pacte national de 1943.[10]
Le Pacte national est un compromis national-communautaire, qui a été adopté par les leaders politiques qui ont joué un rôle de premier plan dans lâindépendance du Liban en 1943.
Les présidents Bichara El-Khoury et Riad El-Solh nâétaient pas seulement des représentants des communautés maronite et sunnite, mais également deux deux conceptions politiwues différentes: le premier le «national libanais», le second, le «nationaliste arabe». Même après que les musulmans et les chrétiens se soient rencontrés en 1943 au sujet du Pacte national qui a conduit à lâindépendance, lâattrait «âislamiqueâ» des Libanais envers la Syrie est resté vivant dans la mémoire des musulmans du Liban.
IV- LâINTÃGRATION PROGRESSIVE DE LA COMMUNAUTÃ SUNNITE DANS LâENTITÃ LIBANAISE
Le Pacte national de 1943 a créé un nouveau cadre politique entre les communautés, répondant à la demande musulmane de partage du pouvoir reflétant lâimportance croissante de leur rôle et de leur influence.[11] Toutefois, un certain nombre dâintellectuels sunnites estimaient quâil y a toujours eu un déséquilibre de partage du pouvoir, et que le Pacte national de 1943 et son application nâont pas permis de combler cette lacune.
La crise de 1958 va réanimer les différences entre chrétiens et musulmans au point de basculer dans une guerre civile larvée, en raison de lâattractivité quâexercait le flux nassérien sur une fraction de la population libanaise et la volonté des puissances occidentales (France, Etats Unis) de maintenir le Liban dans le giron de lâOccident
Au terme de six mois dâaffontements sanglants, le différend a été purgé sur la base dâun compormis se fondant sur le principe «âni gagnant ni perdantâ».
Les divergences traditionnelles entre chrétiens et musulmans ont éclaté de nouveau en 1969.
La crise entre les Palestiniens et lâÃtat libanais a abouti à une convention entre les deux groupes, connue sous le nom dâAccord du Caire. Mais lâaccord a eu de graves répercussions sur la situation interne au Liban et sur la coexistence communautaire.
Le problème de lâidentité et de la participation au pouvoir entre chrétiens et musulmans a été aggravé par le déclenchement de la guerre au Liban en 1975, conflit sanglant et complexe de 15 ans entre les communautés, où les différentes parties ont été influencées et dirigées par différentes forces régionales et mondiales.
Lâislam sunnite, représenté par lâislam traditionnel (Dar al-Fatwa, chefs traditionnels, etc.) a joué un rôle de premier plan à ce stade. Pendant la guerre libanaise, les sunnites ont été influencés par leur appartenance arabe et ont choisi de soutenir le mouvement palestinien aux dépens de la souveraineté et de lâindépendance du Liban.
En ce qui concerne le rôle militaire des sunnites pendant la guerre au Liban, avant lâinvasion israélienne en 1982, la communauté sunnite, avait une force militaire.
Mais après lâinvasion et la sortie de la résistance palestinienne de Beyrouth, elle a subi une série de défaites militaires, dont la plus importante, était la guerre contre le dernier mouvement sunnite au Liban, le «Mouvement indépendant nasserite, les Mourabitouns» et la «âguerre de campâ» contre les Palestiniens..[12]
Lâoccupation israélienne sâinstallait dans une zone ou la communauté chiite constitue la majorité de la population. Cela a été suffisant pour stimuler à nouveau la résistance et la formation dâun nouveau concept influencé par la «Révolution islamique en Iran».
Cette résistance va bénéficier du soutien de la Syrie. Ainsi, la marginalisation de la communauté sunnite a été un événement marquant dans la période post-1983.
En conséquence, les musulmans sunnites ont été les premiers à annoncer lâapprobation de «âlâAccord de Taëfâ», car elle a renforcé lâautorité du Premier ministre, «âsunniteâ» et prévu pour lâégalité entre les musulmans et les chrétiens dans le système politique libanais.[13]
Lâaccord a également confirmé dâun point de vue idéologique lâidentité arabe de lâÃtat libanais, avec des relations fraternelles sincères avec tous les pays arabes. Du point de vue politique, Al Taëf a mis lâaccent sur les relations privilégiées entre le Liban et la Syrie.[14]
V â LA RÃALITÃ POLITIQUE DE LâISLAM SUNNITE AU LIBANÂ 1990-2018
Depuis la signature de lâaccord de Taëf, (un règlement politique qui a mis un terme à la guerre inter-factionelle en 1990), et introduit des amendements constitutionnels de base à la Constitution libanaise), jusquâen 2005 (la date de la sortie de lâarmée syrienne du Liban), le Liban a vécu une stabilité dans la vie politique, se caractérisant par la montée en puissance de Rafic Hariri, un millardaire libano saoudien, qui a introduit dans la conscience des musulmans sunnites lâappartenance à la nation libanaise comme jamais auparavant.
Lâaccord de Taëf est fondé sur un équilibre régional entre plusieurs pays, notamment lâArabie saoudite et la Syrie, où le rôle de la Syrie était à la fois stabilisateur et perturbateur. Cet accord repose également sur un équilibre interne entre les chrétiens et les musulmans et entre sunnites et chiites.
Cependant, depuis 2005, la scène politique libanaise est instable pour plusieurs raisons, notamment en raison de la modification des rapports de forces qui existait avant lâassassinat du Premier ministre Rafic Hariri[15]. Ainsi, la détérioration du climat politique régional et lâinfluence croissante de lâIran et de lâArabie Saoudite[16] et des altérations internes ont contribué à la divergence croissante entre les sunnites et les chiites du Liban.[17]
Tous ces changements dans la scène politique ont conduit au glissement de lâislam sunnite vers le radicalisme. Ceci a suscité des craintes existentielles à lâintérieur de la communauté sunnite libanaise surtout des groupes les plus modérés et les autres communautés[18].
VI- LA COMPOSANTE SUNNITE SOUS LA TUTELLE SYRIENNE AU LIBAN (1990-2005)
Au cours de la décennie 1990, la composante sunnite a pu retrouver son pouvoir civil, religieux et économique après des années de guerre civile, grâce à lâentrée du Premier ministre Rafic Hariri dans lâaction politique.
Le chef du gouvernement dâalors a réussi à diriger cinq gouvernements, devenant le symbole de la «âprospérité économiqueâ» et de lâunification de la communauté sunnite au Liban.
Il était également perçu comme le seul leader sunnite libanais.[19] à ce stade, les sunnites se sont vu attribuer un rôle économique, ainsi que des relations internationales favorables bénéficiant du pouvoir de leur chef de file.[20]
Rafic Hariri va propulser les sunnites sur le devant de la scène après des années de marginalisation pendant la guerre. Il réussira à se placer comme médiateur entre sunnites du Liban dâune part, et ceux de lâArabie saoudite dâautre part, et entre ces derniers et Damas également. De même, il avait de fortes relations au niveau international surtout avec la France .
CFÂ https://www.cairn.info/leaders-et-partisans-au-libanâ9782811105952-page-107.htm#
Mais, dans la décennie 2000, les choses ont changé. En effet, elles ont, en fait, commencé à changer depuis 1998, date à laquelle le président Ãmile Lahoud a pris ses fonctions. Ainsi, le soutien syrien à Rafic Hariri a décliné.[21]
VII- LA MISE EN GARDE DE LA COMPOSANTE SUNNITE DE LâANTAGONISME DE LA SYRIEÂ :
Dr Abdel-Raouf Senno a déclaré que la Syrie ne permettait à aucune voix islamique de sây opposer pour plusieurs raisons: dâabord, le régime syrien se méfiait des sunnites libanais en raison de leur sympathie pour les sunnites syriens depuis les événements de Hama au début des années 1980. Ensuite, à cause de leur haine du régime dominant la Syrie. Par conséquent, le régime sâest efforcé de les marginaliser pendant la guerre au Liban et de déstabiliser lâaccord national libanais entre eux et les chrétiens. Les musulmans ont été soumis à la pression de lâoccupation syrienne[22].
VIII- LA COMPOSANTE SUNNITE ESTIME QUE LA SYRIE EST LEUR PROFONDEUR ARABE ET STRATÃGIQUEÂ :
Ces positions se sont maintenues après lâaccord de Taëf, lorsque les maronites se sont élevés contre la présence syrienne et contre la mauvaise application de lâaccord.
Bien quâune minorité de musulmans ait critiqué le détournement de lâaccord, les critiques islamistes et sunnites de la Syrie en particulier ne sont pas apparues au grand jour, mais sont restées cachées. Raisons pour lesquelles les sunnites ne sâopposaient pas ouvertement à la présence syrienne et ne formaient pas à lâépoque un seul front national avec les chrétiens.
IX- LES CONSÃQUENCES DES BONNES RELATIONS ENTRE LE LEADER SUNNITE RAFIQ HARIRI ET DAMAS SUR LES SUNNITES DU LIBANÂ :
En ce qui concerne les relations entre Rafic Hariri et le régime syrien, les bonnes relations quâils entretenaient pendant la phase de réconciliation entre la Syrie et lâArabie Saudi se répercutèrentsur la situation des sunnites au Liban.
Au pouvoir, Rafic Hariri, grâce à lâoctroi de bourses via la Fondation Hariri, le chef de file du camp sunnite a favorisé lâaccès à lâéducation et, via des associaitons socio éducatives.
Sur la relation tringulaire Paris Beyrouth Damas, sour le tandem Jacques Chirac Rafic Hariri, cf ce lien:
IX- LE DÃBUT DE LâOPPOSITION SUNNITE Ã LA PRÃSENCE SYRIENNEÂ :
Le retrait unilatéral dâIsraël du Liban en mai 2000 et le décès du président Hafez al-Assad en juin de la même année ont impulsé une nouvelle dynamique politique au Liban, mais lâidée de la résistance est devenue une source de controverse[23].
Dès lors, et à travers les événements de septembre 2001 aux Ãtats-Unis, la situation a commencé à aller à lâencontre des intérêts du régime syrienâ; elle a suscité une opposition chrétienne croissante contre la présence syrienne, estimant que ses causes avaient cessé avec la libération du sud du Liban et, après un long silence, quelques musulmans.
Lâopposition libanaise a tiré parti des contradictions entre Washington et Damas concernant lâoccupation américaine en Irak en 2003. De plus, plusieurs événements se sont enchainés parmi lesquels :
- La loi sur la responsabilité de la Syrie en décembre 2003.
. La prolongation du président syrien Lahoud en septembre 2004 contre la volonté internationale (résolution 1559).
- La résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 1559[24], appuyée par la France et les Ãtats-Unis, qui demandent le retrait des forces syriennes du Liban.
- Le rétablissement de la vie politique normale dans le pays et le désarmement du Hezbollah.
La Syrie et ses alliés au Liban ont accusé Rafic Hariri de soutenir cette décision (le retrait syrien du Liban).
La Syrie a donc été confrontée à une alliance sans précédent qui comprenait, pour la première fois, des musulmans dirigés par Rafic Hariri et Walid Joumblat, lâancien chef de la coalition palestino progressiste durant la guerre civile, ainsi que ses anciens adversaires chrétiens, notamment les phalangistes et les milices chrétiennes, qui réclamaient la sortie de la Syrie du Liban, appuyés par les régimes américain et français contre la Syrie[25].
Les vicissitudes du Liban de par sa fonction dâétat tampon, cf ce lien :
X- LâASSASSINAT DE RAFIC HARIRI, LE DÃBUT DU CONFLIT ENTRE LES SUNNITES ET LES CHIITES
Il est incontestable que lâassassinat de Rafic Hariri le 14 février 2005 a porté atteinte à lâéquilibre et à la stabilité existants ainsi quâau consensus existant au Liban après 1990.
Pour aller plus loin sur ce sujet, cf ce lien:
Lâassassinat du premier ministre a révélé à quel point les intérêts des communautés chiites et sunnites divergeaient. Dès lors, le pays a été divisé en deux blocs rivaux (8 et 14 mars), avant même que lâarmée syrienne ne se retire du Liban en avril 2005, chacun avec ses propres alliances internes et affiliations étrangères,[26]selon deux axes: américano-franco-saoudien, en contrepartie «lâaxe de la résistance» Iran-Syrie..[27]
La crise politique dans le pays sâest aggravée après le premier mandat présidentiel, lorsque le président Emile Lahoud a quitté le palais présidentiel le 23 novembre 2007, sans que le gouvernement puisse choisir un successeur.
Le Conseil des ministres a assumé le pouvoir exécutif en lâabsence du Président de la République, en signant des décrets et des résolutions que le président Emile Lahoud avait refusé de signer durant son mandat,[28] ce qui a creusé le fossé entre les partis loyalistes et lâopposition et a entrainé à une division sectaire du pays, ce qui va aboutir aux événements du 7 mai 2008.
La crise a éclaté le 7 mai 2008 [29]et le principal argument était lié aux armes du Hezbollah: pour la première fois depuis le début de la crise, le premier ministre Fouad Siniora avait pris deux décisions visant les capacités logistiques et militaires du Hezbollah: En conséquence, la formation politicio militaire chiite a pris, en quelques heures, le contrôle de lâouest de Beyrouth, à majorité sunnite.
Saad Hariri était assiégé à son domicile après lâarrestation de ses gardes du corps et de la sécurité privée d son parti âAl Mostaqbal- «Futurâ» et dâautres forces.[30]De plus, «Saraya Al Moukawamaâ»-les brigades de la résistance- ont engagé leurs forces dans la bataille, en 2008, contre les principaux acteurs sunnites qui visaient le désarmement du Hezbollah.[31]
La gestion gouvernementale de Saad Hariri, cf; ce lien:
Après les événements du 7 mai 2008, Hezbollah a été accusé de diriger ses armes contre les citoyens libanais et non pas pour résister à lâennemi israélien. La demande de légalisation de ses armes est toujours à lâordre du jour du «âConseil de dialogue nationalâ», et le parti refuse toujours dâabandonner les armes à cause la menace israélienne omniprésente[32].
La période précédente avait montré que la scène sunnite libanaise, en particulier depuis lâassassinat de Rafic Hariri en 2005, avait été témoin dâun regain dâadhésion populaire dans le mouvement «âFuturâ», qui avait permis au parti de Saad Hariries qualité de successeur de son père, de diriger la composante sunnite.
Les anciens dirigeants politiques sunnites, arrivés au pouvoir, nâont pas été en mesure de constituer un bloc politique de la taille du bloc du Mouvement du «Futur».
Mais le «âCourant du Futurâ» était miné par les défis régionaux et locaux auxquels il était confronté, et dâautres acteurs sunnites assumaient progressivement des rôles nouveaux ou plus vastes quâils nâavaient jamais occupés auparavant.[33]
De surcroît, les changements stratégiques qui résulteront de lâissue du conflit en Syrie, quelle quâen soit lâissue, influeront inévitablement sur la scène politique libanaise, de même que les événements régionaux vont se repercuter sur la stabilité du pays. *
La fonction de Beyrouth dans le combat de libération national arabe, cf ce lien :
CONCLUSION
En dépit de la pression croissante exercée sur la composante sunnite au Liban depuis 2005, lâislam politique nâa pas connu un grand succès en termes de popularité, pour deux raisons majeures:
- Le soutien de la majorité sunnite au «âMouvement futurâ»,
- Lâabsence de projet alternatif et de soutien pour lâislam politique au Liban.
La guerre civile libanaise et la tutelle syrienne sont, sans aucun doute parmi les causes de la division et de la fragmentation des sunnites au Liban. Les pressions et les divisions régionales entre lâaxe iranien et lâaxe saoudien ne facilitent pas la tâche, mais Dar al-Fatwa a toujours été lente à prendre les décisions. En effet, son rôle se limite à faire des réactions après les événements.[34]
Les chefs religieux et politiques de la communauté sunnite sont actuellement confrontés à de nombreux défis, notamment ceux de la région, en particulier la peur de lâIran et du régime syrien, ainsi que lâémergence de courants religieux extrémistes tels que «Daeshâ». Le seul souci est que les évènements nâinfluencent pas la stabilité fragile dans ce pays.
Ces défis présupposent la construction dâune alliance politique sunnite dans laquelle les sunnites sâaccordent au moins sur lâentité dans laquelle ils souhaitent vivre.
Ceci devrait contribuer à aider la communauté sunnite au Liban à vaincre lâextrémisme et lâexclusion et à maintenir son pouvoir sur la scène politique libanaise[35].
[1] â Ù Ù Ù ÙØ§Ø¨ÙØ© ٠ع Ø§ÙØ¯ÙØªÙØ± Ø¬ÙØ±Ø¬ شر٠( استاذ Ø§ÙØ¹ÙÙÙ Ø§ÙØ³Ø§Ø³ÙÙØ© ÙÙ Ø§ÙØ¬Ø§Ù عة اÙÙØ¨ÙاÙÙÙØ©-ÙÙÙØ© Ø§ÙØÙÙÙ ÙØ§ÙعÙÙÙ Ø§ÙØ³ÙØ§Ø³ÙØ©- اÙÙØ±Ø¹ Ø§ÙØ«Ø§ÙÙ).
[2]Â â Ø¨Ø§Ø³Ù Ø§ÙØ¬Ø³Ø±Ø Ù ÙØ«Ø§Ù 1943 Ù٠اذا ÙØ§ÙØ ÙÙÙ Ø³ÙØ·ØØ دار اÙÙÙØ§Ø± ÙÙÙØ´Ø±Ø Ø¨ÙØ±ÙØªØ 1978Ø Øµ. 45-46.
[3]Â â Ø§Ù٠رجع ÙÙØ³ÙØ Øµ. 47.
[4] â ÙÙ Ø§Ù Ø§ÙØµÙÙÙØ¨ÙØ ØªØ§Ø±ÙØ® ÙØ¨ÙØ§Ù Ø§ÙØØ¯ÙØ«Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ¹Ø§Ø´Ø±Ø©Ø دار اÙÙÙØ§Ø± ÙÙÙØ´Ø±Ø Ø¨ÙØ±ÙØªØ 2008Ø Øµ. 209.
[5]Â â Ø¨Ø§Ø³Ù Ø§ÙØ¬Ø³Ø±Ø Ù ÙØ«Ø§Ù 1943 Ù٠اذا ÙØ§ÙØ ÙÙÙ Ø³ÙØ·ØØ اÙ٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨ÙØ Øµ. 54-55.
[6]Â â Ø§Ù٠رجع ÙÙØ³ÙØ Øµ. 54-55.
[7]Â â ØØ³Ø§Ù ØÙØ§ÙØÂ Â» Ø£Ø¹ÙØ§Ù ÙØ§ ØªÙØ³Ù ÙÙ ØªØ§Ø±ÙØ® Ø¨ÙØ±Ùت : Ø§ÙØ¹Ùا٠ة Ø§ÙØ´ÙØ® ٠صطÙÙ ÙØ¬Ø§ Ù ÙØªÙ Ø¨ÙØ±Ùت اÙÙ ØØ±Ùسة: Ø¬Ø°ÙØ± أصÙÙØ ÙØ¹ÙÙ ÙØ§ÙØ¹Ø ÙÙ ÙØ§Ù٠٠شرÙÙØ© (1852 â 1932Ù ) Ø§ÙØÙÙØ© (1/3)Â Â«Â Ø Ø§ÙØ³Ø¨Øª 28 ÙÙØ³Ø§Ù 2012ØÂ Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© اÙÙÙØ§Ø¡ØÂ http://aliwaa.com.lb/Article.aspx?Articled=121733 (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 1-11-2016).
[8]Â â Ø¨Ø§Ø³Ù Ø§ÙØ¬Ø³Ø±Ø Ù ÙØ«Ø§Ù 1943 Ù٠اذا ÙØ§ÙØ ÙÙÙ Ø³ÙØ·ØØ اÙ٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨ÙØ Øµ. 54-55.
[9]Â â Ø§Ù٠رجع ÙÙØ³ÙØ Øµ. 67.
[10]Â â ØªÙÙØ¯Ùر ÙØ§ÙÙØ ÙØ¨ÙØ§Ù ØªØ¹Ø§ÙØ´ ÙÙ Ø²Ù Ù Ø§ÙØØ±Ø¨ ٠٠إÙÙÙØ§Ø± دÙÙØ© Ø¥ÙÙ Ø¥ÙØ¨Ø¹Ø§Ø« Ø£Ù Ø©Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ£ÙÙÙØ ترج٠ة Ù ÙØ±Ùس صÙÙØ¨Ø§Ø Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù-Ø§ÙØ£ÙØ±ÙØ¨ÙØ Ø¨Ø§Ø±ÙØ³Ø 1993Ø Øµ. 97.
[11] â ÙØ±Ùد Ø§ÙØ®Ø§Ø²ÙØ ØªÙÙÙ Ø£ÙØµØ§Ù Ø§ÙØ¯ÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨Ùا٠1967-1976Ø ØªØ±Ø¬Ù Ø© Ø´ÙØ±Ù رØÙÙÙ Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ«Ø§ÙØ«Ø©Ø Ø¯Ø§Ø± اÙÙÙØ§Ø± ÙÙÙØ´Ø±Ø Ø¨ÙØ±ÙØªØ Ø´Ø¨Ø§Ø· 2005Ø Øµ. 321.
[12]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø  » Ø§ÙØ³ÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨Ùا٠: Ø§ÙØªÙÙÙØ± اÙÙ Ø°ÙØ¨Ù ÙØ§ÙØµØ¹ÙØ¯ اÙÙØ·ÙÙ » ØÂ ÙØØ¯Ø© Ø§ÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª ÙØ§ÙØ£Ø¨ØØ§Ø«ØÂ Ù Ø±ÙØ² ØµÙØ§Ø¹Ø© اÙÙÙØ± ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª ÙØ§ÙØ£Ø¨ØØ§Ø«Ø14 Ø¯ÙØ³Ù بر 2015Ø Ø¨ÙØ±Ùت-ÙØ¨ÙØ§ÙØÂ http://www.fikercenter.com/server/php/ (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 21-2-2017)
[13]Â â Ø¹Ø¨Ø¯Ø§ÙرؤÙ٠سÙÙÙØ ØØ±Ø¨ ÙØ¨Ùا٠1975-1990 : تÙÙÙÙÙ Ø§ÙØ¯ÙÙØ© ÙØªØµØ¯ÙÙØ¹ اÙÙ Ø¬ØªÙ Ø¹Ø Ø§ÙÙ Ø¬ÙØ¯ Ø§ÙØ§ÙÙ: Ù ÙØ§Ø±Ùات Ø§ÙØ³Ùاسة ÙØ§ÙÙØ²Ø§Ø¹Ø§Øª اÙÙ Ø³ÙØØ© ÙØ§ÙتسÙÙØ©Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ«Ø§ÙÙØ©Ø Ù ÙØ´Ùرات Ø§ÙØ¬Ø§Ù عة اÙÙØ¨ÙاÙÙÙØ©-ÙØ³Ù Ø§ÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª Ø§ÙØªØ§Ø±ÙØ®ÙÙØ©Ø ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2015Ø Øµ.771 .
[14]Â â Ø±Ø§Ø¬Ø¹ ÙØ«ÙÙØ© اÙÙÙØ§Ù اÙÙØ·ÙÙ â Ø§ØªÙØ§Ù Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ 5 تشرÙÙ Ø§ÙØ«Ø§ÙÙ 1989Ø Ø§ÙÙ Ø¬ÙØ³ اÙÙÙØ§Ø¨Ù اÙÙØ¨ÙاÙÙØ Ø§ÙØ¬Ù ÙÙØ±ÙØ© اÙÙØ¨ÙاÙÙØ©Ø www.lp.gov.lb.
[15]Â â ØªÙØ±ÙØ± Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ø§ÙØ§Ø²Ù ات Ø§ÙØ¯ÙÙÙØ© ØÙÙ Ø§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ§Ùسط رÙÙ 132 Ø Â Â» ØªÙØ§Ø²Ù ÙØ´: ÙØ¨ÙØ§Ù ÙØ§Ùصراع ÙÙ Ø³ÙØ±ÙØ© Â«Â Ø ØªØ±Ø¬Ù Ø© Ù Ù Ø§ÙØ¥ÙÙÙÙØ²ÙØ©Ø 22 تشرÙÙ Ø§ÙØ«Ø§ÙÙ 2012 Ø Ø¨ÙØ±ÙØªØ Ø¨Ø±ÙÙØ³Ù Ø Øµ 1 ØÂ http://www.crisisgroup.org/ (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ Â 27/4/2015)
[16]Â â Ø±Ø¶ÙØ§Ù Ø§ÙØ³ÙØ¯Ø Â Â» Ø§ÙØ£Ø²Ù Ø© Ø§ÙØ³ÙاسÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù ÙØ§ÙÙÙØ§Ø¦Ø¹ اÙÙ Ø³ØªØ¬Ø¯ÙØ© « ØÂ Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© Ø§ÙØ§ØªØØ§Ø¯Â ÙÙ ØµÙØØ© ÙØ¬Ùات اÙÙØ¸Ø±Ø 7/4/2013Øwww.ridwanalsayyid (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 9/05/2015 )
[17]Â â ØªÙØ±ÙØ± Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ø§ÙØ§Ø²Ù ات Ø§ÙØ¯ÙÙÙØ© ØÙÙ Ø§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ§Ùسط رÙÙ 96Ø Â«Â Ø§ÙØ³Ùاسة ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ© Ø§ÙØ³ÙÙØ© ÙØªÙار اÙÙ Ø³ØªÙØ¨Ù بزعا٠ة Ø§ÙØØ±ÙØ±Ù »Ø26 Ø£ÙØ§Ø± 2010Ø Ø¨ÙØ±ÙØªØ Ø¨Ø±ÙÙØ³ÙØ /http://www.crisisgroup.org (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 16/1/2015).
[18]Â â ØªÙØ±ÙØ± Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ø§ÙØ§Ø²Ù ات Ø§ÙØ¯ÙÙÙØ© ØÙÙ Ø§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ§Ùسط رÙÙ 160:  » ÙØ¨ÙØ§Ù ÙØ¥Ø³ØªØ±Ø§ØªÙجÙÙØ§Øª Ø§ÙØ¨Ùاء اÙ٠ضÙÙØ©Â Â»Ø 20 ØªÙ ÙØ² 2015Ø ØªØ±Ø¬Ù Ø© Ù Ù Ø§ÙØ¥ÙÙÙÙØ²ÙØ©ØÂ  www.crisisgroup.org (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 28/07/2015).
[19] â ٠ارÙÙ Ø§Ø¨Ù Ø²ÙØ¯Ø « ÙÙ ÙØ§ ÙØ²Ø§Ù سÙÙØ© ÙØ¨Ùا٠٠٠دÙ٠زعÙ٠بعد عشر سÙÙØ§Øª عÙÙ Ø¥ØºØªÙØ§Ù Ø§ÙØØ±ÙØ±ÙØÂ Â»Ø Ù Ø±ÙØ² ÙØ§Ø±ÙÙØºÙ ÙÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ£ÙØ³Ø·Ø 13 شباط 2015ØÂ http://carnegie-mec.org/Ø ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ 18/4/ 2015.
[20]Â â Ø²ÙÙØ±ÙÙØ§Ø±ÙØ Â Â» Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ© Ø§ÙØ³ÙÙÙØ© Ø£Ù Ø§Ù Ø¹ÙØ§ØµÙ اÙÙ ØªØºÙØ±Ø§Øª اÙÙØ¨Ø±Ù »ØÂ Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© Ø§ÙØ³ÙÙØ±Ø 27/9/2007ØÂ Ù Ø¬ÙØ© ٠عÙÙÙ Ø§ØªØ Ø§ÙØ¹Ø¯Ø¯ Ø§ÙØ®Ù سÙÙØ بعÙÙØ§Ù: دÙÙØ© Ø§ÙØ·ÙائÙ..ÙØ§ÙØ±Ø¦Ø§Ø³Ø©Ø ÙØµØ¯Ø±Ùا اÙÙ Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù ÙÙ٠عÙÙ٠ات Ø¨Ø§ÙØªØ¹Ø§ÙÙ Ù Ø¹Â Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© Ø§ÙØ³ÙÙØ±Ø ÙØ§ÙÙÙ Ø§ÙØ«Ø§ÙÙ 2008Ø Ø¨ÙØ±Ùت-ÙØ¨ÙØ§ÙØ ص.61.
[21] â Taku Osoegawa, Syria and Lebanon International Relations and Diplomacy in the Middle East, I.B.Tauris & Co Ltd, London-New York, 2013, p. 129.
[22]Â â Ø¹Ø¨Ø¯Ø§ÙرؤÙ٠سÙÙÙØ ÙØ¨ÙØ§Ù Ø§ÙØ·Ùائ٠Ù٠دÙÙØ© ٠ا بعد Ø§ÙØ·Ø§Ø¦Ù Ø¥Ø´ÙØ§ÙÙØ§Øª Ø§ÙØªØ¹Ø§ÙØ´ ÙØ§ÙØ³ÙØ§Ø¯Ø© ÙØ£Ø¯Ùار Ø§ÙØ®Ø§Ø±Ø¬Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ«Ø§ÙÙØ©Ø اÙÙ Ø¹ÙØ¯ Ø§ÙØ£Ù٠اÙÙ ÙÙØ£Ø¨ØØ§Ø« Ø§ÙØ´Ø±ÙÙØ©Ø Ø¨ÙØ±Ùت- ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2015Ø Øµ 218-219.
[23]âÂ Ø¬ÙØ²Ù٠باØÙØ·Ø Â Â» تÙÙÙÙ Ø§ØªÙØ§Ù Ø§ÙØ·Ø§Ø¦Ù ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: ØØ¯Ùد ØªÙØ§Ø³Ù Ø§ÙØ³Ùطة عÙ٠أساس Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ© Â«Â Ø Ø¯Ø±Ø§Ø³Ø© Ù Ø±ÙØ² ÙØ§Ø±ÙÙØºÙ ÙÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ§ÙسطØ16 Ø£ÙØ§Ø± 2016Ø ÙØ¨ÙØ§ÙØÂ http://carnegie-mec.org/2016/05/16/ar-pub-63591 ( ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 28-4-2017)
[24]Â â Ø¹Ø¨Ø¯Ø§ÙرؤÙ٠سÙÙÙØ  » ÙØ¨ÙØ§Ù Ø§ÙØ¯ÙÙØ© ÙØ§Ù٠جت٠ع: ØªØØ¯Ùات اÙ٠رØÙØ© Ø³ÙØ§Ø³ÙاÙ »ØÂ Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© اÙÙÙØ§Ø¡Ø 6 شباط 2014Ø Ø§ÙØ¸Ø±Â www.abdelraoufsinno.com (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 31/5/2015)
[25]Â â Ø§Ù٠رجع ÙÙØ³Ù.
[26]Â â Ø¹Ø¨Ø¯Ø§ÙرؤÙ٠سÙÙÙØ Â«Â Ø§ÙØªØ¹Ø§ÙØ´ اÙ٠أزÙÙ . ÙØ¨Ùا٠٠٠اÙÙ ÙØ«Ø§Ù اÙÙØ·Ù٠اÙÙ Ø¥ØªÙØ§Ù Ø§ÙØ¯ÙØØ© ÙØªØ¯Ø§Ø¹Ùات٠1943-2011.ÙÙ Ø§ÙØÙ Ù٠اÙÙØ¯Ø±Ø§ÙÙÙØ© Ø£Ù ÙÙ Ø§ÙØ¯ÙÙØ© اÙ٠دÙÙÙØ©ØÂ Â»Ø ÙØ¯ÙØ© ØªØ§Ø±ÙØ® ÙØ¨Ùا٠عبر Ø§ÙØ¹ØµÙر: Ù Ø³Ø§Ø¦Ù ÙØ§ÙØªØ´Ø§ÙØ§ØªØ Ø§ÙØ¬Ø§Ù عة Ø§ÙØ§Ù ÙØ±ÙÙØ© ÙÙØ¹ÙÙÙ ÙØ§ÙتÙÙÙÙÙØ¬Ùا (AUST)Ø 26 ØØ²Ùرا٠2013Ø www.abdelraoufsinno.com (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 31/5/2015 ).
[27]Â â Ø¹Ø¨Ø¯Ø§ÙرؤÙ٠سÙÙÙØ Â«Â ÙØ¨ÙØ§Ù Ø§ÙØ¯ÙÙØ© ÙØ§Ù٠جت٠ع: ØªØØ¯Ùات اÙ٠رØÙØ© Ø³ÙØ§Ø³ÙاÙÂ Â»Ø Ø§Ù٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù.
[28]Â â ØµÙر ÙÙØ³Ù ØµÙØ±Ø  » ÙØ¤Ø§Ø¯ Ø§ÙØ³ÙÙÙØ±Ø© Ø±Ø¦ÙØ³ ØÙÙÙ Ø© Â«Â Ø§ÙØ§Ø®ØªÙاÙ » اÙÙØ·Ù٠تتÙ٠ذ عÙÙ ÙØ¯ Ø§ÙØØµ ÙØ¸ÙÙ ÙÙÙØ§Ù ÙÙØØ±ÙØ±Ù »ØÂ Ù Ø¬ÙØ© اÙ٠عÙÙÙ Ø§ØªØ Ø§ÙØ¹Ø¯Ø¯ اÙÙØ§ØØ¯ ÙØ§ÙستÙÙØ بعÙÙØ§Ù: دÙÙØ© Ø±Ø¦ÙØ³ Ø§ÙØÙÙÙ Ø©Ø ÙØµØ¯Ø±Ùا اÙÙ Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù ÙÙ٠عÙÙ٠ات Ø¨Ø§ÙØªØ¹Ø§ÙÙ Ù Ø¹Â Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© Ø§ÙØ³ÙÙØ±Â Ø ÙØ§ÙÙÙ Ø§ÙØ£ÙÙ 2008Ø Ø¨ÙØ±Ùت-ÙØ¨ÙØ§ÙØ ص 125-126.
[29] â ÙÙ ÙÙ ØØ¨Ùب Ø ÙØ¨Ùا٠اÙÙØ¯ÙØ© بÙÙ ØØ±Ø¨ÙÙØ Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ£ÙÙÙØ اÙ٠ؤسسة Ø§ÙØØ¯ÙØ«Ø© ÙÙÙØªØ§Ø¨Ø Ø¨ÙØ±Ùت- ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2014Ø Øµ.ص 281-283.
[30]â ØªÙØ±ÙØ± Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ø§ÙØ£Ø²Ù ات Ø§ÙØ¯ÙÙÙÙØ© ØÙÙ Ø§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ£Ùسط رÙÙ 96Ø Â Â» Ø§ÙØ³Ùاسة ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ© Ø§ÙØ³ÙÙÙØ© ÙØªÙار اÙÙ Ø³ØªÙØ¨Ù بزعا٠ة Ø§ÙØØ±ÙØ±ÙÂ Â»Ø Ø§Ù٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù.
[31]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø  » اÙÙØ§Ø¹ÙÙÙ Ø§ÙØ³ÙÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªØØ¯Ùات ÙØ§ÙÙ Ø³ØªÙØ¨ÙÂ Â»Ø ØªÙØ±Ùر صادر Ø¹Ù Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ 16 ÙÙØ³Ø§Ù 2015Ø Øµ. 4-5Øhtt://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ18/4/2015 )
[32]Â â Ø¹Ø¨Ø¯ اÙÙÙØ§Ø¨ Ø¨Ø¯Ø±Ø®Ø§ÙØ  » ÙØ¨ÙاÙ: ÙØÙ ØÙÙÙ Ø© ÙØØ¯Ø© ÙØ·ÙÙØ© ت٠تص Ø§ÙØ´ØÙ Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙÙÂ Â»Ø Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ17 ÙÙØ³Ø§Ù 2013Ø Øµ 4ØÂ http://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ Â 19/4/2015)
[33]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø Â«Â Ø®Ø±ÙØ·Ø© اÙÙØ§Ø¹ÙÙÙ Ø§ÙØ³ÙÙÙÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªØ±ÙÙØ¨Ø© ÙØ§ÙØªÙØ¬ÙØ§ØªÂ Â»Ø ØªÙØ±Ùر صادر Ø¹Ù Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ 16 آذار 2015Ø htt://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 13/4/2015)
[34]Â â Ø±Ø¶ÙØ§Ù Ø§ÙØ³ÙØ¯Ø Â«Â Ø§ÙØ£Ùضاع Ø§ÙØ¥Ø³ÙØ§Ù ÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù ÙØ¸Ø±Ø© Ø¹Ø§Ù Ø©Â Â»Ø Ø£ÙØ¸Ø± ÙÙ Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ù Ù Ø§ÙØ¨Ø§ØØ«ÙÙØ Ø§ÙØ³ÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù Ø±ÙØ§Ùات Ø§ÙØ³Ùاسة ÙØ§ÙطائÙÙÙØ©Ø Ù Ø±ÙØ² اÙ٠سبار ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª ÙØ§ÙبØÙØ«Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ£ÙÙÙØ ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2010Ø Øµ.13-14.
[35]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø  » Ø§ÙØ³ÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªÙÙÙØ± اÙÙ Ø°ÙØ¨Ù ÙØ§ÙØµØ¹ÙØ¯ اÙÙØ·ÙÙÂ Â»Ø Ø§Ù٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù.
س ØÙÙÙ Ø© Â«Â Ø§ÙØ§Ø®ØªÙاÙ » اÙÙØ·Ù٠تتÙ٠ذ عÙÙ ÙØ¯ Ø§ÙØØµ ÙØ¸ÙÙ ÙÙÙØ§Ù ÙÙØØ±ÙØ±Ù »ØÂ Ù Ø¬ÙØ© اÙ٠عÙÙÙ Ø§ØªØ Ø§ÙØ¹Ø¯Ø¯ اÙÙØ§ØØ¯ ÙØ§ÙستÙÙØ بعÙÙØ§Ù: دÙÙØ© Ø±Ø¦ÙØ³ Ø§ÙØÙÙÙ Ø©Ø ÙØµØ¯Ø±Ùا اÙÙ Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¹Ø±Ø¨Ù ÙÙ٠عÙÙ٠ات Ø¨Ø§ÙØªØ¹Ø§ÙÙ Ù Ø¹Â Ø¬Ø±ÙØ¯Ø© Ø§ÙØ³ÙÙØ±Â Ø ÙØ§ÙÙÙ Ø§ÙØ£ÙÙ 2008Ø Ø¨ÙØ±Ùت-ÙØ¨ÙØ§ÙØ ص 125-126.
[29] â ÙÙ ÙÙ ØØ¨Ùب Ø ÙØ¨Ùا٠اÙÙØ¯ÙØ© بÙÙ ØØ±Ø¨ÙÙØ Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ£ÙÙÙØ اÙ٠ؤسسة Ø§ÙØØ¯ÙØ«Ø© ÙÙÙØªØ§Ø¨Ø Ø¨ÙØ±Ùت- ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2014Ø Øµ.ص 281-283.
[30]â ØªÙØ±ÙØ± Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ø§ÙØ£Ø²Ù ات Ø§ÙØ¯ÙÙÙÙØ© ØÙÙ Ø§ÙØ´Ø±Ù Ø§ÙØ£Ùسط رÙÙ 96Ø Â Â» Ø§ÙØ³Ùاسة ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙØ© Ø§ÙØ³ÙÙÙØ© ÙØªÙار اÙÙ Ø³ØªÙØ¨Ù بزعا٠ة Ø§ÙØØ±ÙØ±ÙÂ Â»Ø Ø§Ù٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù.
[31]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø  » اÙÙØ§Ø¹ÙÙÙ Ø§ÙØ³ÙÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªØØ¯Ùات ÙØ§ÙÙ Ø³ØªÙØ¨ÙÂ Â»Ø ØªÙØ±Ùر صادر Ø¹Ù Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ 16 ÙÙØ³Ø§Ù 2015Ø Øµ. 4-5Øhtt://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ18/4/2015 )
[32]Â â Ø¹Ø¨Ø¯ اÙÙÙØ§Ø¨ Ø¨Ø¯Ø±Ø®Ø§ÙØ  » ÙØ¨ÙاÙ: ÙØÙ ØÙÙÙ Ø© ÙØØ¯Ø© ÙØ·ÙÙØ© ت٠تص Ø§ÙØ´ØÙ Ø§ÙØ·Ø§Ø¦ÙÙÂ Â»Ø Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ17 ÙÙØ³Ø§Ù 2013Ø Øµ 4ØÂ http://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ Â 19/4/2015)
[33]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø Â«Â Ø®Ø±ÙØ·Ø© اÙÙØ§Ø¹ÙÙÙ Ø§ÙØ³ÙÙÙÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªØ±ÙÙØ¨Ø© ÙØ§ÙØªÙØ¬ÙØ§ØªÂ Â»Ø ØªÙØ±Ùر صادر Ø¹Ù Ù Ø±ÙØ² Ø§ÙØ¬Ø²Ùرة ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§ØªØ 16 آذار 2015Ø htt://studies.aljazeera.net (ØªØ§Ø±ÙØ® Ø§ÙØ¯Ø®ÙÙ ÙÙ 13/4/2015)
[34]Â â Ø±Ø¶ÙØ§Ù Ø§ÙØ³ÙØ¯Ø Â«Â Ø§ÙØ£Ùضاع Ø§ÙØ¥Ø³ÙØ§Ù ÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù ÙØ¸Ø±Ø© Ø¹Ø§Ù Ø©Â Â»Ø Ø£ÙØ¸Ø± ÙÙ Ù Ø¬Ù ÙØ¹Ø© Ù Ù Ø§ÙØ¨Ø§ØØ«ÙÙØ Ø§ÙØ³ÙÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙØ§Ù Ø±ÙØ§Ùات Ø§ÙØ³Ùاسة ÙØ§ÙطائÙÙÙØ©Ø Ù Ø±ÙØ² اÙ٠سبار ÙÙØ¯Ø±Ø§Ø³Ø§Øª ÙØ§ÙبØÙØ«Ø Ø§ÙØ·Ø¨Ø¹Ø© Ø§ÙØ£ÙÙÙØ ÙØ¨ÙØ§ÙØ 2010Ø Øµ.13-14.
[35]Â â Ø´ÙÙÙ Ø´ÙÙØ±Ø  » Ø§ÙØ³ÙØ© ÙÙ ÙØ¨ÙاÙ: Ø§ÙØªÙÙÙØ± اÙÙ Ø°ÙØ¨Ù ÙØ§ÙØµØ¹ÙØ¯ اÙÙØ·ÙÙÂ Â»Ø Ø§Ù٠رجع Ø§ÙØ³Ø§Ø¨Ù.




