La Cour pénale internationale (CPI) a officiellement émis des mandats d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et de l’ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, les accusant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés aux opérations militaires menées dans la bande de Gaza. Cette décision intervient malgré les pressions et les menaces proférées par des membres républicains du Congrès américain à l’encontre de l’institution internationale.
Parallèlement, un mandat d’arrêt a été également émis contre le commandant de l’aile militaire du Hamas, Mohammed Deif.
Les accusations portées par la CPI
Le procureur de la CPI, Karim Khan, a déclaré que les mandats d’arrêt visent à répondre aux allégations de violations graves du droit international humanitaire commises lors des offensives israéliennes à Gaza. Les charges incluent des actes tels que l’homicide intentionnel, la persécution et la destruction massive de biens sans justification militaire. Ces accusations s’appuient sur des enquêtes approfondies menées par la CPI et des organisations internationales de défense des droits de l’homme.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Réactions israéliennes et américaines
Le gouvernement israélien a fermement rejeté les mandats d’arrêt, qualifiant la décision de la CPI de « politique » et d' »injustifiée ». Le Premier ministre Netanyahu a déclaré que « l’État d’Israël ne reconnaît pas la juridiction de la CPI et continuera de défendre ses citoyens contre le terrorisme ».
Aux États-Unis, des sénateurs républicains ont exprimé leur indignation face à la décision de la CPI. Le sénateur John Thune, futur leader de la majorité républicaine au Sénat, a menacé l’institution de sanctions si elle ne revenait pas sur sa décision. Il a déclaré : « Si la CPI et son procureur ne reviennent pas sur leurs actions scandaleuses et illégales visant à émettre des mandats d’arrêt contre des responsables israéliens, le Sénat devrait immédiatement voter une législation de sanctions, comme la Chambre l’a déjà fait de manière bipartisane » .
Pressions et menaces contre la CPI
Depuis l’annonce des enquêtes de la CPI sur les actions israéliennes à Gaza, l’institution a fait face à des pressions croissantes de la part de certains membres du Congrès américain. En mai 2024, douze sénateurs américains ont envoyé une lettre au procureur général de la CPI, Karim Khan, le menaçant personnellement ainsi que sa famille en cas de lancement de mandats d’arrêt contre des responsables israéliens. Ces actions ont été largement critiquées par des organisations internationales et des experts en droit, qui y voient une tentative d’intimidation visant à entraver le travail indépendant de la CPI.
Soutien international à la CPI
Malgré les pressions, plusieurs pays et organisations internationales ont exprimé leur soutien à la CPI. La France, par exemple, a officiellement annoncé soutenir la Cour pénale internationale, dont le procureur, Karim Khan, a réclamé des mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens. Des experts des Nations unies ont également exprimé leur plus grande consternation face aux déclarations de responsables américains et israéliens menaçant d’exercer des représailles contre la CPI, ses fonctionnaires et les membres de leurs familles.
Conséquences potentielles
L’émission de ces mandats d’arrêt pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations internationales et la diplomatie au Moyen-Orient. Si Israël continue de rejeter la juridiction de la CPI, les mandats pourraient limiter les déplacements internationaux des responsables concernés et affecter les relations bilatérales avec les pays membres de la CPI. De plus, les menaces de sanctions américaines contre la CPI pourraient entraîner des tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens, qui soutiennent généralement le travail de la Cour.
En dépit des pressions, la CPI semble déterminée à poursuivre ses enquêtes de manière indépendante, affirmant son engagement à lutter contre l’impunité pour les crimes les plus graves affectant la communauté internationale.



