Les derniers articles

Articles liés

La Syrie entre fractures et perspectives

- Advertisement -

La Syrie, carrefour géopolitique et mosaïque de cultures, traverse une période tumultueuse marquée par des fractures profondes, tant internes qu’externes. Le régime autoritaire de Hafez el-Assad, puis celui de son fils Bachar, a consolidé son pouvoir au prix d’une répression systématique des libertés et d’une gestion centralisée de la diversité ethnique et religieuse. Dans ce contexte, la question de la démocratie est devenue un enjeu majeur, exacerbée par des dynamiques internes complexes, comme l’extrémisme religieux et la fragmentation sectaire. Cependant, au-delà de cette réalité difficile, des perspectives pour l’avenir se dessinent, alimentées par des débats sur la reconstruction du pays, l’avenir de ses institutions, et la possibilité d’une transition vers un modèle plus inclusif et respectueux des diversités.

Le discours de Hafez el-Assad sur la démocratie, qui évoquait la nécessité d’une éducation populaire sur plusieurs générations, a mis en lumière les défis de transformation sociale et politique que rencontre le pays. Pourtant, la Syrie semble aujourd’hui à un carrefour, où les fractures entre communautés, exacerbées par des années de guerre civile et d’interventionnisme régional, se heurtent à des perspectives de réconciliation et de refondation. Dans cet article, nous nous interrogerons sur les dynamiques qui ont façonné la société syrienne, les raisons pour lesquelles la démocratie n’a pas émergé, et les perspectives qui se dessinent après plus d’une décennie de guerre.

La démocratie en Syrie : la réponse d’Hafez el-Assad et les défis d’une société en transformation

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

En 1994, une journaliste posait une question percutante au président syrien Hafez el-Assad lors d’une conférence de presse : « Pourquoi la Syrie n’est-elle pas démocratique ? » La réponse d’Assad fut marquante et a depuis alimenté de nombreux débats sur la politique et la société syrienne. Il expliqua que, pour qu’il y ait une démocratie, il fallait une éducation complète du peuple, un processus qui prendrait au moins deux générations. Il identifia ensuite un obstacle majeur à cette transformation : l’extrémisme qui gangrenait une partie de la société, en particulier dans l’islam sunnite, ce qui, selon lui, entravait l’émergence d’une démocratie véritable.

Dans ses propos, Assad ne se contenta pas de rejeter la faute sur des facteurs externes, comme les pressions internationales ou l’ingérence étrangère. Il porta son regard sur la société syrienne elle-même, sur ses fractures internes, et sur les dynamiques religieuses qui façonnent les rapports entre les communautés. La question posée par la journaliste touche au cœur de l’un des enjeux les plus complexes de la Syrie contemporaine : pourquoi, malgré ses aspirations à la modernité et à la stabilité, le pays n’a-t-il pas réussi à instaurer une démocratie durable ? Cette réponse de Hafez el-Assad, bien que critiquée, mérite d’être analysée dans le contexte historique et social de la Syrie et de la région.

L’éducation et la démocratie : un défi générationnel

Hafez el-Assad a souligné un aspect fondamental de la démocratie : l’éducation. Il n’a pas évoqué l’éducation uniquement dans son sens académique, mais plutôt dans un sens plus large, celui de la formation des consciences politiques et sociales. Une démocratie ne peut émerger que si la population est suffisamment informée et consciente de ses droits, de ses devoirs et de l’importance de la diversité. Cependant, dans un pays où les institutions éducatives ont longtemps été sous la coupe du régime, et où l’accès à une véritable pluralité d’idées a été limité, ce processus d’éveil démocratique devient un défi de taille.

Assad estimait que le peuple syrien, et en particulier les jeunes générations, avait été confronté à une éducation étatique orientée non pas vers l’esprit critique ou la participation citoyenne, mais plutôt vers le renforcement du pouvoir autoritaire. Mais qui en est responsable si ce n’est Assad ? Dans ce cadre, il était impossible, selon lui, d’implanter un système démocratique réel sans une véritable révolution éducative. L’idée de deux générations pour y parvenir souligne l’importance d’un travail sur le long terme, bien au-delà de l’instauration de lois ou de réformes politiques superficielles.

La dynastie Assad : deux générations au pouvoir, mais quels résultats ?

La dynastie Assad, qui a effectivement duré deux générations, a eu un impact profond sur la Syrie, mais la question reste légitime : qu’a-t-elle fait pour l’éducation, le droit et le respect de l’Autre, comme le suggérait Hafez el-Assad ? La vision autoritaire du régime, qu’il s’agisse de Hafez ou de son fils Bachar, a toujours privilégié la stabilité du pouvoir au détriment d’une véritable démocratisation du pays.

L’éducation : une formation à l’obéissance

Sous le régime Assad, l’éducation en Syrie a été largement utilisée comme un outil pour consolider le pouvoir du régime et promouvoir une idéologie nationale fortement marquée par le parti Baath. Les réformes éducatives ont mis l’accent sur la formation politique des jeunes générations, mais en les orientant essentiellement vers une loyauté aveugle au pouvoir en place. Le système éducatif n’a pas été conçu pour favoriser l’esprit critique ou l’ouverture à la diversité d’opinions, éléments essentiels à une démocratie. Bien que des efforts aient été faits pour augmenter le taux d’alphabétisation et d’éducation secondaire, cela n’a pas contribué à l’émergence d’un espace démocratique où le citoyen aurait pu se sentir à l’aise pour s’exprimer librement et participer activement à la vie politique du pays.

Le droit : un outil de contrôle plutôt que de protection des libertés

Le droit, sous la dynastie Assad, n’a jamais été un moyen de garantir les libertés individuelles, mais plutôt un outil de contrôle et de répression. Le système judiciaire était étroitement lié au régime, avec des lois qui servaient principalement à maintenir l’ordre et à réprimer toute forme d’opposition. L’absence de séparation des pouvoirs, le manque d’indépendance de la justice et la répression systématique des dissidents ont fait du droit syrien un instrument de soumission plutôt que de protection des droits et libertés. Les arrestations arbitraires, les détentions sans jugement, et la torture étaient des pratiques courantes dans ce système.

Le respect de l’Autre : un idéal jamais atteint

Le respect de l’Autre, qu’il soit ethnique, religieux ou idéologique, a été un enjeu majeur sous la dynastie Assad. Le régime a réussi à maintenir une coexistence fragile entre les diverses communautés du pays, notamment grâce à un jeu complexe de clientélisme et de répression. Toutefois, cette cohabitation n’a jamais été véritablement fondée sur le respect mutuel ou la reconnaissance de la diversité. En fait, la politique du régime a souvent exacerbé les divisions communautaires, exploitant les tensions sectaires pour maintenir son contrôle. Les minorités, comme les Alaouites (la secte au pouvoir), ont été privilégiées, tandis que les autres communautés, notamment les sunnites et les Kurdes, ont souvent été marginalisées ou réprimées.

L’extrémisme dans l’islam sunnite : un frein à la démocratie ?

Un autre point crucial de la réponse d’Assad touche à l’extrémisme, notamment au sein de l’islam sunnite. En dépit de l’image souvent véhiculée par certains observateurs, l’islam sunnite, en tant qu’entité monolithique, n’est pas nécessairement incompatible avec les principes démocratiques. Pourtant, Assad faisait ici référence à une frange particulière du sunnisme, marquée par une intolérance religieuse et un rejet de l’autre. Cette vision radicale de l’islam sunnite a longtemps été en opposition avec la structure confessionnelle de la Syrie, où le pouvoir est détenu par une élite alaouite, une branche du chiisme, minoritaire dans la région mais dominante dans le pays.

L’extrémisme sunnite, qu’il qualifiait de rejetant l’autre (les chiites, les chrétiens, mais aussi les laïcs et les minorités), a constitué, selon Assad, un obstacle majeur à l’émergence de la démocratie. Il n’avait pas tort de souligner que, dans certains courants religieux, une vision exclusive de l’islam empêchait non seulement la coexistence pacifique des différentes communautés mais aussi la construction d’un système démocratique, qui nécessite une acceptation de la diversité et un respect mutuel entre toutes les composantes de la société.

Les tensions confessionnelles ont été exacerbées par les événements de l’histoire récente, notamment la guerre civile syrienne, qui a vu s’affronter divers groupes armés, certains se réclamant de l’islam sunnite et d’autres défendant des valeurs laïques. L’extrémisme a prospéré dans ce contexte de fragmentation sociale et politique, rendant encore plus difficile l’instauration d’une démocratie pluraliste.

Une réponse à réévaluer dans le contexte actuel

La réponse d’Hafez el-Assad à la question sur la démocratie en Syrie reflète bien les complexités internes du pays, entre extrémisme religieux, défi éducatif et maintien d’un pouvoir autoritaire. Toutefois, avec les événements qui ont secoué la Syrie depuis 2011, sa vision se trouve mise à l’épreuve. Si l’éducation demeure un levier fondamental pour toute transformation démocratique, il est également clair que l’exclusivité sectaire et l’intolérance religieusecontinuent de représenter des obstacles majeurs à une véritable réconciliation nationale.

La Syrie, comme de nombreux autres pays de la région, se trouve aujourd’hui à un carrefour, où la quête de stabilité pourrait à la fois conduire à une réforme politique profonde, mais aussi à une nouvelle forme de coexistence pacifique, basée sur un respect réel de la diversité et des droits humains. La démocratie en Syrie, si elle veut émerger, devra surmonter bien plus que l’extrémisme religieux ou un manque d’éducation : elle devra engager une véritable réflexion collective sur l’unité, la tolérance et l’acceptation de l’Autre.

Quelles perspectives pour l’après Assad ?

Les perspectives en Syrie après la chute d’Assad s’annoncent complexes, marquées par des luttes de pouvoir, des réajustements géopolitiques et des défis pour la reconstruction. Bien que la disparition du régime actuel soit envisagée par certains comme une porte vers une transition démocratique, la réalité sur le terrain pourrait être bien différente.

La première phase post-Assad sera probablement caractérisée par des conflits internes entre les factions ayant contribué à sa chute. Parmi elles, l’armée syrienne libre (ALS) et hay’at tahrir al-sham (HTS) joueront un rôle clé. Si l’ALS incarne une vision de gouvernance plus ouverte, HTS reste profondément ancrée dans une idéologie islamiste radicale, hostile à toute forme de diversité religieuse ou politique. Ces divergences idéologiques pourraient entraîner une mini-guerre entre ces groupes, exacerbant l’instabilité dans une Syrie déjà fragmentée.

Toutefois, un scénario plausible serait l’intervention de la Turquie pour imposer une stabilisation relative. Ankara pourrait superviser la formation d’un noyau central syrien sous son influence, tout en accordant une autonomie relative à deux autres entités territoriales. Ce modèle fédéraliste permettrait de répondre aux réalités locales tout en réduisant les risques de partition totale du pays. Cependant, une telle transition nécessiterait des accords tacites entre les puissances régionales et internationales, notamment la Russie, l’Iran et les Etats-Unis.

Le retour des réfugiés syriens constitue une autre question centrale. Pour que ce mouvement devienne possible, un environnement sécurisé et des garanties pour la reconstruction économique et sociale devront être mises en place. Cette étape, essentielle pour alléger la pression sur les pays voisins comme le Liban, pourrait également inaugurer un processus de normalisation au sein de la région.

Dans ce contexte, le rôle des acteurs locaux comme le Hezbollah sera également redéfini. Une Syrie post-Assad pourrait contraindre ce groupe à réduire son influence régionale et à se recentrer sur le Liban, sous pression internationale pour respecter la légalité nationale.

Enfin, les perspectives de la Syrie dépendent largement de la capacité de ses habitants et de ses élites politiques à dépasser les fractures confessionnelles et idéologiques. Une telle transition exigera un soutien international massif, mais aussi une volonté locale de rompre avec les modèles de domination du passé.

Vers quel modèle de société ? Coercition ou Contrat ?

Les sociétés humaines se sont historiquement structurées selon deux grands paradigmes : le modèle coercitif et dominateur, basé sur la contrainte et l’imposition, et le modèle par contrat, fondé sur le consentement mutuel et la coopération volontaire. Ces deux visions opposées traduisent des conceptions radicalement différentes du pouvoir, de la liberté et des relations humaines.

Le modèle coercitif et dominateur

Ce modèle repose sur une hiérarchie verticale où le pouvoir s’impose par la force, la peur ou la manipulation. L’ordre est maintenu grâce à des mécanismes de domination qui excluent ou répriment toute dissidence.

Caractéristiques principales

Un pouvoir centralisé : l’autorité est concentrée dans les mains d’une élite ou d’un dirigeant, souvent présenté comme incontestable.
La contrainte comme outil : les lois, les règlements et les normes sociales sont imposés sans consultation ni consentement des gouvernés.
Une vision unilatérale de l’ordre : l’individu ou la communauté doit se soumettre au bien supposé supérieur, déterminé par ceux qui détiennent le pouvoir.
L’usage de la peur : la coercition est justifiée par des menaces réelles ou imaginaires, qu’elles soient internes (rébellions) ou externes (ennemis étrangers).

Exemples historiques et contemporains

Les monarchies absolues : le roi gouvernait par « droit divin », sans obligation de rendre des comptes à ses sujets.
Les régimes totalitaires : comme ceux de Staline ou d’Hitler, où toute opposition était éliminée au nom de l’ordre et de l’unité nationale.
Les dictatures modernes : en Syrie ou en Corée du nord, où le pouvoir central contrôle chaque aspect de la vie des citoyens.

Conséquences

Des sociétés fragmentées : la domination suscite le ressentiment et la révolte.
Une créativité bridée : les individus, privés de liberté, n’osent pas innover ou exprimer leurs idées.
Une instabilité chronique : les régimes coercitifs s’effondrent souvent sous la pression des forces qu’ils tentent de réprimer.

Le modèle par contrat

Ce modèle repose sur le principe que les relations sociales et politiques doivent être fondées sur des accords mutuels entre des individus égaux en dignité et en droits.

Caractéristiques principales

la souveraineté du consentement : toute loi ou règle découle d’un accord volontaire entre les membres de la société.
la coopération plutôt que la contrainte : les citoyens participent activement à l’élaboration des normes qui régissent leur vie.
une vision horizontale du pouvoir : le pouvoir n’est pas imposé d’en haut mais émane de la base, via des mécanismes démocratiques ou participatifs.
une responsabilité partagée : les citoyens, en s’engageant par contrat, acceptent non seulement des droits mais aussi des devoirs envers la collectivité.

Exemples historiques et contemporains

Les démocraties modernes : comme en suisse, où les citoyens participent directement aux décisions par référendum.
Les sociétés traditionnelles basées sur des pactes : certaines tribus ou communautés indigènes fonctionnent encore sur la base d’accords consensuels.
Les organisations décentralisées : des modèles comme les coopératives ou certaines entreprises horizontales illustrent un fonctionnement par contrat.

Avantages

Une paix sociale durable : les citoyens, impliqués dans la prise de décision, se sentent responsables de l’ordre établi.
Un épanouissement individuel : la liberté d’expression et d’innovation permet aux talents de s’épanouir.
Une adaptabilité accrue : les sociétés par contrat, fondées sur le dialogue, s’adaptent mieux aux changements.

Comparaison entre les deux modèles

CritèresModèle coercitifModèle par contrat
Origine du pouvoirImposition par la forceConsentement mutuel
Relation au citoyenSoumissionParticipation
MécanismesPeur, répressionDialogue, négociation
StabilitéFragile, sujette aux révoltesDurable, fondée sur la confiance
Impact individuelOppression, passivitéLiberté, épanouissement

Les défis de la transition vers un modèle par contrat

Bien que le modèle par contrat soit souvent perçu comme idéal, sa mise en œuvre n’est pas sans obstacles.

L’éducation : une société par contrat nécessite des citoyens informés et capables de participer activement au débat public.
La confiance : dans des sociétés marquées par la domination, restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions est un défi majeur.
L’équilibre des pouvoirs : un modèle par contrat doit prévenir l’émergence de nouvelles formes de domination, comme celles exercées par des élites économiques ou technocratiques.

Vers un modèle contractuel et inclusif

Le passage d’un modèle coercitif à un modèle par contrat représente une évolution majeure dans la manière dont les sociétés se structurent. Il ne s’agit pas seulement d’un changement institutionnel, mais d’une transformation profonde des mentalités et des rapports humains.

Dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, le modèle par contrat offre une solution réaliste pour concilier la diversité et l’unité, l’individu et la collectivité. En reconnaissant la dignité et les droits de chaque personne, il pose les bases d’une société juste, libre et prospère. Ce modèle n’est pas un idéal utopique, mais une nécessité pour affronter les défis du présent et bâtir un avenir meilleur.

Les malentendus sur le fédéralisme au Liban comme en Syrie : une unité dans la diversité

Le fédéralisme, bien que controversé dans des contextes comme le Liban et la Syrie, repose sur une idée fondamentale : unir tout en respectant les différences. Il ne s’agit pas de fragmenter ou de diviser, mais de bâtir une gouvernance qui reconnaît et valorise la diversité, en lui offrant un cadre institutionnel pour s’exprimer sans nuire à l’unité nationale. Dans des sociétés complexes et pluriculturelles comme celles du Liban et de la Syrie, cette approche peut être perçue comme une opportunité de réconciliation et de coopération.

Le fédéralisme : un modèle d’unité dans la diversité

Au cœur du fédéralisme se trouve une reconnaissance explicite des spécificités locales ou régionales, qu’elles soient culturelles, religieuses, linguistiques ou ethniques. Contrairement à un système centralisé, qui impose une uniformité souvent perçue comme oppressive, le fédéralisme offre une gestion différenciée mais coordonnée.

  1. Une diversité institutionnalisée : chaque région ou entité dispose de son propre cadre de gouvernance pour gérer les affaires locales, qu’il s’agisse de l’éducation, de la culture ou des services publics. cela permet de répondre aux besoins spécifiques des populations sans passer par des structures nationales souvent éloignées de leurs réalités.
  2. Un socle commun : malgré cette autonomie, les entités fédérées restent liées par des institutions centrales, comme le gouvernement fédéral ou une constitution nationale, qui garantissent la cohérence de l’ensemble.

Unité et diversité dans des exemples réussis

De nombreux pays ont démontré que le fédéralisme peut fonctionner dans des contextes marqués par une grande diversité :

  • En suisse, quatre langues nationales coexistent dans un système fédéral qui permet à chaque région (ou canton) de gérer ses affaires tout en participant à l’unité du pays.
  • En inde, un modèle fédéral asymétrique reconnaît les spécificités linguistiques et culturelles de chaque État tout en maintenant une structure nationale forte.
  • En belgique, un système fédéral complexe a permis de concilier les intérêts des communautés flamande, wallonne et germanophone.

Dans chacun de ces cas, le fédéralisme a offert un équilibre entre la reconnaissance des différences locales et la préservation d’un cadre national commun.

Comment le fédéralisme respecte la diversité

  1. Reconnaissance culturelle et religieuse : au Liban, les communautés religieuses ont des identités profondément enracinées. Un système fédéral pourrait leur permettre d’exercer une autonomie dans des domaines culturels ou éducatifs sans empiéter sur les droits des autres communautés. En Syrie, il en irait de même pour les kurdes, les alaouites, les druzes et les sunnites.
  2. Gestion décentralisée des ressources : un modèle fédéral permettrait aux régions d’exploiter et de gérer leurs propres ressources économiques, tout en contribuant au budget national. Cela pourrait réduire les inégalités et les frustrations liées à un pouvoir central perçu comme accapareur.
  3. Préservation de l’identité nationale : le fédéralisme ne nie pas l’unité nationale, il l’enrichit. En offrant à chaque région un espace pour exprimer ses particularités, il renforce le sentiment d’appartenance à un cadre plus large et inclusif.

Le fédéralisme, une alternative au centralisme autoritaire

Dans des contextes comme la Syrie, où le centralisme a été utilisé pour imposer une vision homogène souvent au profit d’une minorité, le fédéralisme peut devenir un rempart contre les abus de pouvoir. Il transforme le rapport entre le centre et la périphérie en une relation de partenariat plutôt que de domination.

  • En Syrie, un modèle fédéral pourrait garantir aux kurdes une autonomie culturelle et politique sans menacer l’unité du pays. Il pourrait également offrir aux alaouites, souvent perçus comme liés au régime, une place sécurisée dans un Syrie post-Assad.
  • Au Liban, le fédéralisme pourrait désamorcer les tensions confessionnelles en offrant à chaque région une capacité de décision sur ses priorités, sans passer par des compromis laborieux au niveau national.

Le respect mutuel au cœur du fédéralisme

Le succès du fédéralisme repose sur un principe clé : le respect mutuel entre les différentes entités qui composent l’État. Chaque région ou communauté doit reconnaître la légitimité des autres, tout en s’engageant à préserver l’unité nationale.

  1. Un équilibre des pouvoirs : le fédéralisme établit des mécanismes pour éviter que le centre n’impose sa volonté aux régions ou que les régions n’ignorent leurs obligations envers l’État central.
  2. Des droits garantis : une constitution fédérale établit des garanties pour protéger les minorités et assurer que l’autonomie ne se traduise pas par des abus locaux ou des discriminations internes.
  3. Un dialogue permanent : le fédéralisme favorise la négociation et la coopération entre les entités, car il repose sur l’idée que l’unité ne peut être imposée, mais doit être construite par un engagement mutuel.

Conclusion : le fédéralisme comme outil de réconciliation en Syrie comme au Liban

Dans des pays comme le Liban et la Syrie, où les divisions sont profondes et souvent instrumentalisées, le fédéralisme offre une voie pour transformer ces différences en richesse. Il ne s’agit pas de nier les particularités locales, mais de leur donner une place légitime dans un cadre national commun.

En reconnaissant la diversité tout en renforçant l’unité, le fédéralisme peut devenir un moteur de stabilité et de progrès. Au lieu d’être une menace, il pourrait être la clé d’un avenir où chaque communauté se sent respectée et intégrée dans un projet collectif plus grand. Pour cela, il est essentiel de dépasser les peurs, de déconstruire les malentendus et d’engager un dialogue honnête sur les bénéfices réels de ce modèle.

Bernard Raymond Jabre

- Advertisement -
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

A lire aussi