Depuis le 23 septembre, Israël a intensifié ses frappes aériennes contre le Liban, principalement concentrées sur les bastions du Hezbollah dans les banlieues sud de Beyrouth. Cependant, malgré cette intensification des hostilités, l’aéroport international Rafik Hariri de Beyrouth, situé à proximité de ces zones, a jusqu’à présent échappé aux attaques israéliennes. Une situation qui soulève à la fois des inquiétudes et des espoirs alors que le ministre libanais des Transports et des Travaux publics, Ali Hamieh, a révélé que le Liban avait reçu des « assurances » de la part de la communauté internationale sur la sécurité de cet aéroport stratégique, sans toutefois obtenir de garanties fermes.
Assurances sans garanties : un équilibre fragile
Dans un contexte où la tension monte chaque jour entre Israël et le Hezbollah, la protection des infrastructures critiques du Liban, notamment l’aéroport de Beyrouth, devient une priorité nationale. Ali Hamieh a expliqué que le Liban cherche à maintenir ses principaux points d’entrée ouverts et fonctionnels, avec une attention particulière pour l’aéroport Rafik Hariri, qui représente le seul lien aérien direct avec l’étranger.
« Le Liban cherche à garder son aéroport public, ses ports maritimes et ses points de passage terrestres en activité », a déclaré Hamieh lors d’une interview à l’AFP. L’aéroport de Beyrouth est crucial non seulement pour les voyageurs, mais aussi pour le transport de marchandises, notamment les denrées alimentaires et les médicaments, dont le pays a désespérément besoin.
Les « assurances » données au gouvernement libanais émanent de la communauté internationale, notamment des États-Unis, qui ont récemment mis en garde Israël contre toute attaque ciblant l’aéroport de Beyrouth ou les routes qui y mènent. Cette intervention diplomatique est un signe de soutien, mais pour le ministre libanais, cela reste insuffisant. « Il y a une grande différence entre des assurances et des garanties », a-t-il souligné, montrant ainsi que la menace n’est pas écartée. En effet, sans garanties formelles, le risque d’une attaque surprise contre l’aéroport demeure, particulièrement dans un contexte où la situation sur le terrain peut évoluer rapidement.
L’aéroport sous haute surveillance
Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah d’utiliser l’aéroport de Beyrouth pour faire passer des armes et du matériel militaire. Ces accusations, fermement rejetées par le gouvernement libanais, alimentent les spéculations sur un potentiel raid israélien. Toutefois, Ali Hamieh a affirmé que l’aéroport est « soumis aux lois libanaises » et fait l’objet de contrôles rigoureux par plusieurs agences de sécurité nationales. « Tout avion militaire ou transportant des armes doit être approuvé par l’armée libanaise et obtenir une licence de mon ministère », a-t-il précisé.
Le ministre a ajouté que son département travaillait en étroite collaboration avec l’armée libanaise et d’autres agences de l’État pour garantir la sécurité de toutes les infrastructures aériennes, maritimes et terrestres. « Nous coordonnons nos efforts pour protéger ces installations, car si elles sont fermées, cela signifierait que nous sommes sous siège », a-t-il averti. En effet, la fermeture de l’aéroport de Beyrouth ou des principaux ports du pays aurait des conséquences dramatiques pour un pays déjà au bord du gouffre économique, dépendant largement des importations pour nourrir sa population et maintenir une activité économique minimale.
Des frappes israéliennes près de l’aéroport
Malgré ces assurances, la proximité de l’aéroport avec la banlieue sud de Beyrouth, une zone sous contrôle du Hezbollah et régulièrement visée par des frappes israéliennes, maintient la pression sur le gouvernement libanais. Depuis le début de la campagne aérienne israélienne, des bombardements ont eu lieu non loin de l’aéroport, créant une atmosphère de tension permanente. Le lundi précédent, les États-Unis ont publiquement mis en garde Israël contre toute attaque directe contre l’aéroport, mais des frappes continues sur les routes et infrastructures proches ont déjà perturbé les accès à cette installation cruciale.
Cette proximité a alimenté des rumeurs selon lesquelles l’aéroport pourrait devenir une cible dans un futur proche, d’autant plus que les frappes israéliennes se sont intensifiées, non seulement contre des cibles au Liban, mais aussi contre des infrastructures en Syrie, notamment aux abords de Damas. Israël justifie ces frappes comme des actions visant à limiter l’influence de l’Iran et à affaiblir les capacités du Hezbollah, un allié de Téhéran.
L’importance stratégique de l’aéroport de Beyrouth
L’aéroport Rafik Hariri est la principale porte d’entrée du Liban. Il joue un rôle clé dans l’économie du pays, facilitant non seulement les voyages, mais aussi le commerce. La fermeture de cet aéroport aurait des répercussions directes sur l’économie nationale déjà en grande difficulté, notamment sur les importations de produits essentiels. Le blocus potentiel d’un tel point d’accès isolerait davantage le Liban sur la scène internationale, accentuant la crise humanitaire qui sévit dans le pays.
En plus de son rôle économique, l’aéroport revêt une importance symbolique. Il incarne le lien du Liban avec le reste du monde et représente l’une des rares infrastructures encore opérationnelles dans un pays où les services publics sont en grande partie paralysés par des crises successives, qu’il s’agisse de l’effondrement du système bancaire ou de la détérioration des services de base tels que l’électricité et l’eau.
Les conséquences des frappes israéliennes sur la frontière libano-syrienne
Pendant que l’attention est portée sur la sécurité de l’aéroport de Beyrouth, une autre crise se joue à la frontière avec la Syrie. Le poste frontière de Masnaa, principal point de passage terrestre entre le Liban et la Syrie, a été lourdement endommagé par des frappes israéliennes. Le vendredi précédent, l’armée israélienne a frappé des positions du Hezbollah près de ce passage frontalier stratégique, endommageant la route principale et empêchant les véhicules de circuler.
Cet acte a créé un problème majeur pour le Liban. « La fermeture de ce passage a créé un problème important », a confirmé Ali Hamieh. Le poste frontière de Masnaa est une artère vitale pour les exportations libanaises, notamment pour les agriculteurs et les industriels, et pour les importations de biens essentiels. Avec la route principale coupée, des dizaines de personnes ont été contraintes de traverser la frontière à pied. Le ministre a ajouté que des appels étaient en cours pour rouvrir le passage et restaurer la circulation.
Le poste de Masnaa est aussi un point de fuite pour de nombreux civils libanais cherchant à échapper aux bombardements israéliens. Le gouvernement libanais a indiqué que plus de 400 000 personnes ont fui vers la Syrie depuis le début des frappes, dont des dizaines de milliers via Masnaa avant que la route ne soit coupée. La réouverture de ce passage est donc cruciale, non seulement pour le commerce, mais aussi pour les civils en quête de sécurité.
Une pression internationale croissante pour éviter le pire
Alors que la situation continue de se détériorer, la pression internationale s’intensifie pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grande. Les États-Unis ont joué un rôle central dans la médiation, exhortant Israël à éviter toute attaque directe contre l’aéroport de Beyrouth et les infrastructures critiques du Liban. Le ministre Ali Hamieh a exprimé son espoir que ces pressions diplomatiques continueraient à protéger les installations vitales du pays, même si, comme il l’a souligné, il n’existe pas de garanties formelles.
Les Nations Unies, par la voix de leur Secrétaire général António Guterres, ont également appelé à la retenue et au respect de la souveraineté libanaise, tout en exhortant à une désescalade des tensions dans la région. Dans un contexte où le Liban se remet difficilement de l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth en 2020, toute nouvelle attaque contre ses infrastructures majeures risquerait de plonger le pays dans une crise encore plus profonde.
L’avenir de l’aéroport et des infrastructures libanaises
Le maintien de l’aéroport de Beyrouth et des autres points de passage du pays comme le port maritime et les postes frontières est donc crucial pour la survie du Liban. Si l’aéroport est épargné jusqu’à présent, la situation demeure fragile. Le gouvernement libanais, en coordination avec ses partenaires internationaux, devra continuer à œuvrer pour obtenir des garanties concrètes sur la protection de ses infrastructures, car la moindre attaque pourrait avoir des conséquences irréversibles.



