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L’Algérie porte secours au Liban avec des livraisons de fioul, un nouvel épisode dans la crise énergétique

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En août 2024, alors que le Liban fait face à une crise énergétique sans précédent, l’Algérie a pris la décision d’envoyer des cargaisons de fioul pour permettre à l’Électricité du Liban (EDL) de relancer la production d’électricité dans des zones vitales. Cette initiative survient dans un contexte où les centrales libanaises étaient presque entièrement à l’arrêt, laissant des institutions essentielles telles que les hôpitaux, l’aéroport et les prisons sans électricité. Cependant, cette aide ponctuelle ne suffit pas à compenser le retard des livraisons de fioul irakien, suspendues en raison de difficultés financières, exacerbant une crise enracinée depuis la fin de la guerre civile.

Le Contexte de la Crise Énergétique au Liban

Le secteur de l’électricité publique au Liban a longtemps souffert de sous-investissements et de mauvaise gestion, des problèmes qui remontent à la période post-guerre civile (1975-1990). Durant le conflit, de nombreuses infrastructures, y compris les centrales électriques, ont été détruites ou gravement endommagées. La reconstruction du secteur énergétique s’est avérée chaotique, marquée par une absence de planification à long terme, une corruption systémique, et une incapacité à répondre aux besoins croissants de la population.

Depuis la fin de la guerre, le Liban n’a jamais pu établir une production d’électricité stable et efficace. L’Électricité du Liban (EDL), la société publique chargée de la production et de la distribution d’électricité, fonctionne avec des déficits massifs. En raison de la vétusté des infrastructures et des fuites importantes dans le réseau, le pays connaît des coupures de courant allant jusqu’à 23 heures par jour. Ce problème persistant est le résultat d’une dépendance excessive vis-à-vis des importations de combustibles, d’une gestion opaque et de la corruption endémique qui caractérisent la gestion des contrats d’approvisionnement énergétique.

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L’Électricité du Liban (EDL), l’entité publique en charge de la distribution d’électricité, accumule chaque année des déficits massifs, en grande partie à cause de la mauvaise gestion, des pertes sur le réseau, et des subventions massives pour les carburants ainsi que le blocage des prix de 1997 à 2020 décidé par le gouvernement Hariri, avec un prix au kilowatt/heure de 2 cents qui est très en dessous du cout de production estimé alors à 17 cents. Les pénuries d’électricité ont progressivement poussé la population à se tourner vers des générateurs privés, un marché souvent contrôlé par des réseaux mafieux, renforçant encore la privatisation de ce service de base. En conséquence, les Libanais paient deux fois pour leur électricité : une fois à l’État et une autre pour faire fonctionner les générateurs privés qui prennent le relais lors des coupures​.

Cela a conduit à une méfiance accrue des bailleurs de fonds internationaux, qui conditionnent désormais leur soutien à des réformes radicales de la gouvernance et à une plus grande transparence.

Les partenaires du Liban, notamment les pays donateurs à travers des conférences comme Paris III et la conférence CEDRE, ont déjà souligné l’importance de la mise en œuvre de réformes structurelles, mais celles-ci tardent à se concrétiser. En raison de cette inertie, l’aide financière internationale, bien que promise, est souvent retenue, faute de garanties sur la lutte contre la corruption​.

Le Scandale Sonatrach : Un Exemple Flagrant de Corruption

En 2020, le scandale Sonatrach a révélé l’ampleur des dysfonctionnements dans le secteur énergétique libanais. Une enquête a révélé que du fioul frelaté, fourni par une filiale de l’entreprise algérienne Sonatrach, avait été livré aux centrales libanaises, provoquant une dégradation significative de la production d’électricité. Des documents falsifiés et des pots-de-vin impliquant des fonctionnaires libanais et des intermédiaires ont été découverts. Ce scandale a encore creusé la méfiance des Libanais à l’égard de leur classe politique, déjà accusée de corruption endémique et d’incapacité à réformer les institutions clés du pays.

Le Scandale ZR Energy : Une Nouvelle Défaillance

En parallèle du scandale Sonatrach, une autre affaire a impliqué ZR Energy, une société libanaise également accusée d’avoir fourni du fioul de mauvaise qualité à l’EDL. En 2020, après avoir remporté un appel d’offres, ZR Energy avait livré un carburant non conforme aux spécifications requises. Ce scandale a de nouveau mis en évidence l’absence de transparence et de rigueur dans l’attribution des contrats énergétiques au Liban. Les enquêtes sur ces deux affaires ont révélé un vaste réseau de corruption qui mine la crédibilité des institutions libanaises et contribue à l’aggravation de la crise énergétique.

Les Retards du Fioul Irakien

En 2021, un accord entre le Liban et l’Irak prévoyait la fourniture d’un million de tonnes de fioul, destiné à assurer la production d’électricité au Liban. Cependant, en 2024, les livraisons de ce fioul ont été retardées en raison de l’incapacité du gouvernement libanais à mobiliser les fonds nécessaires pour honorer les paiements. La Banque centrale du Liban, déjà confrontée à des dettes colossales et à une crise de liquidités, n’a pas pu réunir les sommes requises, bloquant ainsi l’approvisionnement en fioul indispensable pour les centrales électriques du pays.

L’Aide Algérienne : Un Soulagement Temporaire

Face à l’urgence énergétique, l’Algérie est intervenue en envoyant d’importantes quantités de fioul pour permettre aux centrales libanaises de relancer la production d’électricité. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné cette aide après des discussions avec les autorités libanaises, marquant une étape importante dans la coopération entre les deux pays. Le ministre libanais de l’Énergie, Walid Fayad, a confirmé que ce soutien algérien permettrait temporairement de rétablir l’électricité dans des infrastructures vitales, bien que cette solution ne soit que transitoire.

Sources :

  • Al Jazeera, « Lebanon fuel scandal reveals deep state corruption », mai 2020.
  • L’Économiste Maghrébin, « Du carburant algérien pour sortir le Liban de l’obscurité », août 2024【13†source】.
  • Libnanews, « Fioul frelaté : Un scandale sans précédent », 2020【12†source】.

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1 COMMENTAIRE

  1. L’Algérie vient en aide au Liban. C’est encore et toujours le seul peuple à venir en aide aux autres. C’est toujours l’Algérie qui répond présent. Mon Dieu que j’aime ce peuple. Dieu m’en est témoin, si il y a bien un peuple qui mérite le respect et l’amour c’est bien les Algériens. Partout où des peuples souffrent, l’Algérie va à leur secours, comme avec nous, les libanais. Séisme au Maroc, l’Algérie a aussitôt envoyé de l’aide humanitaire, des centaines de tonnes de médicaments et nourriture, des médecins, maîtres chiens secouristes et des millions de dollars. Depuis toujours l’Algérie aide les Palestiniens via des convois humanitaires et de l’argent, même en exfiltrant des enfants, femmes et hommes blessés par l’entité s.ioniste. Partout en Afrique où il y a une catastrophe naturelle ou guerre, c’est encore l’Algérie qui vient en aide. Récemment l’Algérie a supprimé la dette à 13 pays africains. C’est extraordinaire. Aujourd’hui l’Algérie nous aide, nous, les libanais et sans aucune contrepartie. Depuis des décennies aussi loin que je me souvienne, l’Algérie n’a jamais hésité à venir au secours des peuples en souffrances. C’est dans l’ADN du peuple algérien. Le monde reste sourd et aveugle mais l’Algérie n’a jamais abandonné ceux qui souffrent. C’est magnifique. Et le plus beau, c’est qu’ils ne demandent rien en retour. J’ai un profond respect pour les Algériens. Ils ne cessent pas de me surprendre. C’est le peuple le plus brave et avec le plus grand coeur de monde. Et honte aux pays Arabes qui n’ont rien fait même si on attend rien d’eux. Idem pour les soit disant amis européens particulièrement la France qui faisaient les beaux parleurs lorsque une explosion a ravagé Beyrouth. Macron qui disait que la France sera toujours là pour soutenir et aider le Liban mais ce type n’est qu’un mythomane.
    Bref bravo et merci El Djazair. Dieu protège l’Algérie, peuple aux million et demi de martyrs.
    Concernant le pétrole frelaté à l’époque, l’Algérie n’y était pour rien. Elle a répondu à la commande faite en respectant son contrat. Ce sont nos dirigeants qui ont magouillé en commandant du pétrole de basse qualité alors que l’Algérie possède un des meilleurs pétrole au monde, mais nos élites ont trompé le peuple et l’Algérie. D’ailleurs l’Algérie s’est éloigné de ce scandale car ils ont aussi été trompé mais malgré ça ils n’ont aucune rancune. Quel grand peuple.
    Thank you Algeria 🇩🇿 We love you ❤😘🤟

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