La crise entre les tendances partisanes libanaises accentue la problématique d’une identité nationale dans un pays sans président.  Elle est censée être agréée et vécue selon les normes de la 2ème République. Devenue aléatoire, elle semble devoir correspondre à la priorité des facettes multiples: Celles qui conviendraient aux appartenances fidèles et aux rythmes des circonstances régionales et internationales. Cependant et paradoxalement, nous fonctionnons encore sous la légitimité des droits, des obligations issus d’une démocratie et nous ne sommes que rarement d’accord entre nous sur la définition et la dimension de notre nationalité! Le « koullouna » est souvent pris pour le « kil wahad minna ».

Le cher « watan » se transforme à fur et à mesure en des lieux protégés et définis par des modes de pensées et de vie. Cela se traduit au quotidien par un citoyen peu respectueux des règles de la citoyenneté et de la constitution qui le préserve. Elle demeure fragilisée par le droit définit par ceux qui défendent des engagements spécifiques sur un autre terrain. Néanmoins, est ce que des interventions au delà des frontières peuvent résoudre les failles de notre système démocratique déjà fragilisé et favoriser la force et la résistance de l’état face à tout ennemi? De nombreuses personnes se sont résignées à abandonner un nécessaire positionnement face à cette continuelle stérilité des rapports entre les partenaires de la Nation .

Ainsi, le Liban se situe aujourd’hui à un tournant dangereux de son existence avec deux milieux de stagnations: Les électeurs et les « élus ». Son message de coexistence est menacé. Le constat logique des langages non compatibles est peu considéré par une majorité de responsables politiques. Il va pourtant indiquer d’une part, l’échec flagrant et répété des stratégies non conciliatrices et jusqu’aboutistes qui cherchent à faire perdurer les prérogatives des uns et des autres malgré la faillite de tout dialogue constructif. D’autre part, reconnaître ouvertement que le temps est venu de tourner une page serait une position courageuse et nationale. Le changement messieurs n’est plus une option. Il s’impose pour qu’à travers la société civile, la citoyenneté devienne le langage parlé des actes.

Joe Acoury.