Dans le cadre de ses efforts pour maintenir la sécurité et contrôler les flux migratoires, l’armée libanaise a annoncé l’arrestation de 36 ressortissants syriens entrés illégalement sur le territoire. Ces opérations, menées dans les régions de Deyr Ammar (Nord) et Hermel (Békaa), illustrent une nouvelle fois la pression exercée sur le Liban par la crise syrienne, un voisin en proie à un conflit qui dure depuis plus d’une décennie.
Arrestations : les détails
Le communiqué publié par la Direction de l’orientation de l’armée libanaise précise :
- À Deyr Ammar (Nord) : 24 Syriens ont été arrêtés sur un poste de contrôle pour avoir circulé sans documents légaux.
- À Beit al-Tachm (Hermel) : 12 autres ont été interceptés après avoir traversé clandestinement la frontière.
Les détenus ont été remis à la justice pour enquête.
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Le spectre de la crise syrienne
Depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, les retombées du conflit se font sentir sur le Liban. Les tensions aux frontières, l’afflux massif de réfugiés et la multiplication des réseaux de trafic humain et de contrebande exacerbent les vulnérabilités d’un pays déjà fragilisé par ses propres crises économiques et politiques.
La situation en Syrie reste volatile, marquée par des affrontements sporadiques entre les forces du régime de Bachar el-Assad, les groupes armés d’opposition, et les milices kurdes dans certaines régions. Ces troubles engendrent un flux continu de personnes cherchant à fuir la violence ou la misère économique, augmentant la pression sur les frontières libanaises.
Le Liban et le risque d’un débordement militaire
L’histoire récente rappelle que les tensions en Syrie peuvent facilement franchir les frontières et déstabiliser le Liban. L’épisode d’Aarsal en 2014, où des combats violents ont éclaté entre l’armée libanaise et des groupes djihadistes venus de Syrie, reste gravé dans les mémoires. À cette époque, des factions armées liées à Daech et au Front al-Nosra (affilié à Al-Qaïda) avaient tenté de prendre pied dans cette région frontalière, entraînant des pertes humaines et un déplacement massif de populations.
Bien que l’armée libanaise ait réussi à contenir cette menace à l’époque, le risque d’une résurgence de tels incidents reste élevé, notamment dans les zones frontalières où le contrôle est rendu difficile par une topographie montagneuse et de nombreux passages illégaux.
La pression des réfugiés syriens
Avec plus d’un million de réfugiés syriens enregistrés officiellement par le HCR (et probablement bien plus en réalité), le Liban est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant. Cependant, l’accueil de ces populations pèse lourdement sur les infrastructures, les services publics et l’économie, aggravant les tensions sociales dans un contexte où le Liban traverse l’une des pires crises économiques de son histoire.
Le rôle crucial de l’armée libanaise
Face à ces défis, l’armée libanaise joue un rôle clé. Malgré des ressources limitées, elle reste en première ligne pour sécuriser les frontières et contenir les flux migratoires. Elle collabore régulièrement avec la Direction du renseignement militaire pour traquer les réseaux de contrebande et intercepter les passages illégaux.
Cependant, les défis sont multiples :
- Trafic d’armes et de drogues : Les frontières servent souvent de point de passage pour des marchandises illicites, alimentant les tensions sécuritaires internes.
- Groupes armés : Certaines zones frontalières restent vulnérables à l’infiltration de factions armées, notamment dans les régions proches de la Békaa et du Nord.
- Ressources insuffisantes : Avec une économie en chute libre, l’armée manque souvent des moyens nécessaires pour renforcer sa présence dans toutes les zones sensibles, d’autant plus qu’elle devrait également se déployer au Sud du Liban dans le cadre du cessez-le-feu avec Israël.



