jeudi, février 5, 2026

Les derniers articles

Articles liés

L’armée libanaise mène un nouveau raid à Kamed el-Loz et saisit des munitions de guerre et des grenades

- Advertisement -

L’armée libanaise a annoncé, dans un communiqué publié ce 5 février 2026, avoir procédé à un nouveau raid dans la localité de Kamed el-Loz, dans la vallée de la Békaa. Cette opération, menée par une patrouille de la direction du renseignement, a permis la saisie d’une quantité de munitions de guerre et de grenades à main au domicile d’un citoyen identifié par les initiales A.B. Les objets confisqués ont été remis aux autorités compétentes, tandis que les enquêtes se poursuivent pour appréhender les individus impliqués. Cette action s’inscrit dans le prolongement direct d’une opération antérieure, datée du 2 février 2026, qui avait déjà conduit à la confiscation d’une importante quantité d’armes et de munitions dans les régions de Kamed el-Loz et de Rachaya, avec l’arrestation de deux personnes.

Ce nouveau développement illustre les efforts soutenus des forces armées libanaises pour juguler la prolifération des armes illégales dans une zone sensible, marquée par des défis sécuritaires persistants. La vallée de la Békaa, frontalière avec la Syrie, reste un foyer de tensions où les trafics en tous genres prospèrent, alimentés par l’instabilité régionale. Les autorités libanaises, confrontées à une multiplicité de menaces, intensifient leurs interventions pour réaffirmer le contrôle de l’État sur ces territoires.

Une opération en continuité avec les raids récents

Le communiqué de l’armée précise que ce raid découle des résultats des interrogatoires menés avec les deux individus arrêtés lors de l’opération du 2 février. Ces investigations ont permis d’identifier le domicile d’A.B. comme un site potentiel de stockage d’armes. La perquisition a révélé des munitions adaptées à des usages militaires et des grenades à main, des engins explosifs qui posent un risque immédiat pour la sécurité publique. Bien que les détails quantitatifs n’aient pas été divulgués, cette saisie s’ajoute à un arsenal déjà substantiel confisqué plus tôt dans la semaine, incluant des fusils, des munitions et des équipements militaires.

Cette séquence d’opérations n’est pas isolée. Le 30 janvier 2026, les forces armées ont mené des raids à Brital et Taybeh, dans la région de Baalbek, ciblant un réseau impliqué dans des vols de voitures et du trafic de drogue. Ces interventions ont abouti à l’arrestation de plusieurs suspects et à la saisie de biens illicites, démontrant une approche multidimensionnelle contre la criminalité organisée. De même, le 15 janvier 2026, à Al-Qasr dans la région de Hermel, quatre individus ont été appréhendés avec une importante quantité d’armes et de munitions de guerre, soulignant la fréquence des découvertes d’arsenaux clandestins dans la Békaa.

Ces actions reflètent une stratégie plus large de l’armée libanaise, qui multiplie les perquisitions dans la vallée depuis plusieurs mois. En octobre 2025, des raids dans la Békaa ont conduit à l’arrestation de trois personnes et à la saisie d’armes et de munitions militaires, les objets étant remis aux autorités judiciaires pour poursuite. Ces opérations s’inscrivent dans un contexte où la Békaa est souvent décrite comme une zone où les gangs criminels opèrent avec une relative impunité, profitant de la porosité des frontières et de l’instabilité syrienne voisine.

La vallée de la Békaa, un foyer de tensions sécuritaires

La vallée de la Békaa, étendue sur plus de 4 000 kilomètres carrés, constitue un corridor stratégique entre le Liban et la Syrie. Sa géographie montagneuse et ses routes secondaires facilitent les trafics transfrontaliers, rendant le contrôle étatique complexe. Depuis des décennies, cette région est associée à la culture du cannabis, au trafic de drogue et à la contrebande d’armes, des activités qui se sont intensifiées avec la guerre en Syrie depuis 2011. Les clans locaux, souvent armés, exercent une influence notable dans des zones reculées, où l’État peine à imposer son autorité de manière permanente.

En 2025, la situation sécuritaire dans la Békaa s’est détériorée en raison des répercussions du conflit entre Israël et le Hezbollah. Des frappes aériennes israéliennes ont visé des zones montagneuses de l’est du Liban en octobre 2025, affirmant cibler des objectifs du Hezbollah dans la plaine de la Békaa. Ces bombardements ont non seulement accru les tensions, mais aussi laissé des résidus explosifs, compliquant les efforts de déminage. Handicap International, actif dans la région, a rapporté en novembre 2025 la neutralisation de restes de bombes dans la vallée, où de nombreux villages ont été touchés par des frappes en 2024, rendant le retour des habitants dangereux.

La volatilité sécuritaire est soulignée par les avertissements internationaux. Les autorités canadiennes décrivent la situation dans le nord-est de la Békaa comme instable, avec des risques de violence sporadique, de crime organisé et d’enlèvements. De même, le gouvernement britannique met en garde contre les gangs impliqués dans la culture et le trafic de drogue dans la Békaa nord, où des crimes armés comme les vols sont courants. Ces alertes reflètent une réalité où les kidnappings ont eu lieu dans les zones frontalières avec la Syrie, et où la criminalité organisée prospère dans un environnement post-conflit.

Les efforts de l’armée pour le monopole des armes

Sous la direction du général Rodolphe Haykal, commandant en chef de l’armée libanaise, les forces armées ont intensifié leurs opérations pour restreindre la circulation des armes illégales. En décembre 2025, le général Haykal a présenté au cabinet un plan baptisé « Bouclier de la patrie », visant à établir un monopole étatique sur les armes, en conformité avec les engagements internationaux du Liban. Ce plan, approuvé par le Conseil des ministres le 5 août 2025, prévoit une déploiement progressif des forces armées, commençant par le sud du Litani, puis s’étendant à la Békaa et au reste du territoire.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’accord de cessation des hostilités de novembre 2024, qui stipule que seules les forces de sécurité étatiques peuvent être armées au Liban. En octobre 2025, l’armée a épuisé ses stocks d’explosifs pour détruire des caches d’armes du Hezbollah, marquant une étape concrète dans le désarmement. Par ailleurs, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a signalé plus de 400 caches d’armes en janvier 2026, aidant l’armée libanaise à se déployer sur 130 positions dans le sud du pays. En mai 2025, la Finul avait déjà identifié plus de 225 caches dans la région sud, illustrant la coopération internationale pour stabiliser le territoire.

Le rapport du Conseil de sécurité des Nations unies, publié en novembre 2025 sous la référence S/2025/738, détaille l’application de la résolution 1701 depuis le dernier bilan, soulignant les violations persistantes et les efforts pour renforcer la présence étatique. Le document met en lumière les incursions israéliennes, comme celle d’octobre 2025 à Blida, qualifiée de violation flagrante de la souveraineté libanaise, et appelle à un retrait complet des positions occupées par l’armée israélienne.

Le contexte gouvernemental et les défis internes

Sous le gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, les autorités libanaises accordent une priorité accrue à la sécurité intérieure. Nawaf Salam, ancien juge à la Cour internationale de justice, a présidé une réunion du cabinet le 30 janvier 2026, sous l’égide du président Joseph Aoun, pour discuter des mesures contre la criminalité organisée. Le président Aoun, ancien commandant de l’armée, a marqué son premier anniversaire à la tête de l’État en janvier 2026 en soulignant les avancées dans le monopole des armes, avec l’achèvement de la première phase au sud du Litani.

Ces efforts sont compliqués par les pressions extérieures. En décembre 2025, les États-Unis ont fixé une date limite pour le désarmement du Hezbollah, intensifiant les tensions internes. Israël, de son côté, a poursuivi des violations aériennes et terrestres, avec plus de 4 500 infractions recensées en un an, incluant des attaques dans la Békaa. En juillet 2025, des bombardements israéliens ont visé des cibles du Hezbollah dans la plaine de la Békaa, malgré le cessez-le-feu.

Les implications environnementales et humanitaires

Les opérations sécuritaires dans la Békaa s’entremêlent avec des défis environnementaux aggravés par les conflits récents. En février 2026, des avions israéliens ont pulvérisé des substances suspectées d’être des pesticides toxiques sur des villages du sud du Liban, provoquant des réactions officielles. La ministre de l’Environnement, Tamara Elzein, a demandé des échantillons à l’armée pour analyse, tandis que la Finul a dénoncé une activité contraire à la résolution 1701. Ces incidents ont endommagé plus de 540 hectares de terres frontalières, affectant l’agriculture dans la Békaa et le sud.

Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, publié en avril 2025, évalue à plus de 700 millions de dollars les dommages au secteur agricole libanais dus au conflit, principalement dans la Békaa. En janvier 2025, le nombre de déplacés internes a chuté à environ 110 000, mais les retours sont entravés par les munitions non explosées et les restrictions d’accès dans plus de soixante villages.

Les perspectives immédiates des opérations en cours

Les raids comme celui de Kamed el-Loz soulignent la détermination de l’armée à traquer les réseaux armés. Le plan de déploiement progressif, qui inclut désormais la Békaa après les zones sud, prévoit une intensification des perquisitions pour démanteler les caches restantes. En novembre 2025, le ministre des Affaires étrangères a discuté à Washington des implications sécuritaires pour la Békaa, soulignant les répercussions potentielles sur la stabilité régionale.

Dans un rapport de février 2025, l’évaluation des destructions dans la Békaa indique que 464 bâtiments ont été endommagés, représentant 0,41 % des structures totales, avec des impacts sur les infrastructures locales. Ces données mettent en évidence les défis persistants pour la reconstruction, tandis que les forces de sécurité intérieure, comme les Forces de sécurité intérieure, ont saisi des entrepôts illégaux en janvier 2026, complétant les efforts militaires.

Les autorités libanaises, en coordination avec la Finul, poursuivent le traitement des munitions non explosées et des tunnels, renforçant le contrôle sur les territoires. Le communiqué de l’armée du 5 février insiste sur la poursuite des enquêtes, indiquant que d’autres arrestations pourraient suivre, dans un effort continu pour sécuriser la Békaa face aux menaces internes et externes.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi