Le général Youssef Haddad, représentant de l’armée libanaise, a pris la parole lors de la conférence internationale organisée à Paris, pour exposer les efforts déployés par les Forces armées libanaises (FAL) face à la situation de crise dans le Sud-Liban. Son discours a porté sur l’importance de renforcer les capacités de l’armée libanaise, ainsi que sur le besoin urgent de soutien international pour garantir la sécurité et la stabilité de la région.
La nécessité d’un soutien aux Forces armées libanaises
Dès le début de son intervention, Haddad a exprimé sa gratitude au nom du commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, pour le soutien international apporté aux Forces armées libanaises. Il a souligné que ces forces, en collaboration avec les Forces de sécurité intérieure et d’autres agences de sécurité, étaient prêtes à rétablir la souveraineté de l’État libanais, notamment dans le Sud du pays, au sud du fleuve Litani.
Il a insisté sur l’urgence de « stopper le carnage » et a présenté trois axes de travail pour soutenir les efforts de l’armée libanaise. Le premier point clé était la création d’un comité technique militaire pour anticiper les crises. Ce comité regroupe les chefs d’État-Major de plusieurs pays européens, y compris la France, et est présidé par un officier supérieur des forces italiennes. Ce comité est chargé de gérer efficacement les ressources financières, humaines et logistiques nécessaires pour accroître les capacités de l’armée libanaise.
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Recrutement et formation de nouvelles recrues
Le second point crucial de son discours concernait le renforcement des effectifs des Forces armées libanaises. Le général Haddad a souligné que le gouvernement libanais avait donné son autorisation pour recruter 1 500 nouvelles recrues dans une première phase, afin de renforcer le dispositif militaire dans le Sud-Liban. Il a insisté sur l’importance de transformer ces jeunes recrues en soldats professionnels capables d’opérer dans un environnement contesté pour « restaurer la paix et la stabilité ». Cependant, il a précisé que cela nécessitait un investissement conséquent, à la fois en termes de financement, de formation, et de logistique.
Il a également attiré l’attention sur les efforts nécessaires pour préparer ces recrues, en indiquant que la formation de soldats aptes à remplir leurs missions demande un investissement non seulement dans les ressources humaines, mais aussi dans les infrastructures de soutien, telles que les salaires, le ravitaillement, et l’approvisionnement.
La gestion des crises et la reconstruction
Haddad a ensuite abordé un autre aspect essentiel : la reconstruction et le déminage dans le Sud-Liban. Il a expliqué que, pour rétablir la stabilité dans les zones touchées par le conflit, il fallait non seulement renforcer les capacités militaires, mais aussi s’engager dans des activités de génie telles que le déminage, la dépollution, et le déblayage des routes et villages. Ces opérations visent à préparer un retour sécurisé des populations dans leurs régions et à permettre l’intervention des Forces de sécurité intérieure pour épauler les efforts des FAL.
Ces travaux de reconstruction et de nettoyage sont cruciaux pour la remise en place des services de l’État dans le Sud-Liban, afin de rétablir un environnement stable et sécurisé qui permette l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise des activités économiques et sociales.
La stabilité régionale et la cohésion nationale
En conclusion, le général Haddad a mis en avant les deux grands défis auxquels l’armée libanaise est confrontée : le maintien de la sécurité au Sud-Liban et la cohésion sociale à l’intérieur du pays. Il a insisté sur l’importance de maintenir la cohésion intercommunautaire au Liban, qui est une mission essentielle des Forces armées. Haddad a appelé la communauté internationale à continuer de soutenir les efforts de l’armée libanaise pour créer un environnement sécurisé qui ne bénéficiera pas uniquement au Liban, mais à toute la région, du Moyen-Orient à l’Europe.
En conclusion, Haddad a clairement exposé que, pour surmonter ces défis et assurer la stabilité régionale, « plus que jamais, nous avons besoin de votre soutien ». Il a donc exhorté les nations présentes à fournir un soutien continu et accru aux Forces armées libanaises, tant sur le plan financier que logistique, pour garantir la paix et la sécurité dans la région.
Discours du général Haddad
Merci beaucoup, Monsieur le Président. Excellences, Mesdames et Messieurs. Permettez-moi, au nom du commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, qui ne peut être présent aujourd’hui en raison de la situation, de vous remercier tous pour le soutien que vous apportez aux Forces armées libanaises. Et quand je dis Forces armées libanaises, j’inclus également les Forces de sécurité intérieure et toutes les agences de sécurité au niveau de l’État libanais aptes à rétablir la souveraineté de l’État dans le Sud-Liban et plus particulièrement au sud du fleuve Litani.
Il faut arrêter le carnage. Pour cela, il y a plusieurs moyens. L’un des moyens est de soutenir les Forces armées libanaises. Pour cela, nous avons trois axes de travail. Le premier, il y a six mois, nous avons créé un comité technique militaire pour anticiper les crises conjoncturelles auxquelles le Liban fait face. Ce comité regroupe la plupart des chefs d’État-Major des armées européennes, dont la France fait partie, et est actuellement présidé par un officier supérieur des Forces armées italiennes. Ce comité technique militaire a coopéré avec les missions de défense auprès des ambassades à Beyrouth pour former des groupes de travail par thème : finances, ressources humaines, logistique, instruction, encadrement, le tout pour une gestion optimisée du projet et de toute assistance qui pourrait venir aux Forces armées libanaises.
Ce comité a pour mission de cibler et de bien gérer toute assistance pour accroître les capacités de l’armée libanaise, pour monter en puissance et en autonomie, pour pouvoir appliquer pleinement la résolution des Nations Unies 1701, en coopération étroite avec la FINUL au Sud-Liban et selon les directives du gouvernement libanais.
Le deuxième point, et c’est un chiffre que je voudrais, s’il vous plaît, que vous reteniez à la fin de cette journée : le Premier ministre ici présent, ainsi que le gouvernement libanais, a donné l’autorisation aux Forces armées libanaises de recruter 1 500 recrues, et en première phase, ces 1 500 recrues viendront renforcer le dispositif des Forces armées libanaises dans le Sud-Liban pour aider nos forces armées ainsi que la FINUL à appliquer pleinement dans tous ses alinéas la résolution 1701. Cependant, une jeune recrue civile, pour la transformer en officier, en soldat professionnel apte à opérer dans un milieu contesté pour appliquer la paix, restaurer la paix et la stabilité, cela demande un investissement conséquent dans la durée et en quantité, au niveau des ressources humaines, au niveau des finances, au niveau des salaires, au niveau du ravitaillement, au niveau de l’approvisionnement.
Deuxièmement, au-delà de la disponibilité opérationnelle des Forces armées libanaises dans le Sud-Liban, nous allons également entreprendre des activités de génie. Il faudra déminer, dépolluer, décontaminer. Il faudra mener des activités de travaux publics, déblayer les routes, déblayer les villages. Vous avez une idée des destructions qu’il y a ? Tout cela dans un seul but : permettre à long terme à tous les services de l’État et en premier lieu aux Forces de sécurité intérieure de venir aider et épauler les Forces armées libanaises dans le Sud.
Le dernier secteur permettra à tous les services de l’État de reprendre leur rôle comme il se doit. Et concernant notre réunion aujourd’hui, il s’agit de permettre de créer un environnement sécurisé pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Enfin, le dernier point, monsieur le ministre, nous avons deux défis. L’armée libanaise, tout en ayant un œil sur le Sud, comme vous l’avez si bien mentionné, doit aussi garder un œil sur l’intérieur du pays, sur la cohésion sociale, la cohésion intercommunautaire, et c’est l’une des missions principales de l’armée libanaise. Nous veillons à cela. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de votre soutien pour créer un environnement sécurisé qui ne peut que profiter à la sécurité et à la stabilité de la région, du Moyen-Orient, du bassin méditerranéen et de l’Europe.
Merci, Monsieur le Président.



