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Le gouvernement libanais exige le désarmement immédiat du Hezbollah après les tirs de roquettes vers Israël

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À l’issue d’une séance extraordinaire du conseil des ministres tenue au palais présidentiel de Baabda, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a annoncé une série de mesures radicales visant à réaffirmer l’autorité exclusive de l’État sur les questions de guerre et de paix. Condamnant fermement les tirs de roquettes revendiqués par le Hezbollah la veille, le cabinet a décrété l’interdiction immédiate de toutes les activités sécuritaires et militaires du parti chiite, l’obligeant à remettre son arsenal à l’État et à se cantonner à un rôle strictement politique. Cette décision, prise dans un contexte d’escalade régionale marquée par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran et les ripostes iraniennes sur les États du Golfe, représente un tournant potentiel dans la quête de souveraineté du Liban, fragilisé par des années de crises internes et externes. Le gouvernement, formé en février 2025 sous la direction de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice, invoque le respect de la Constitution, de l’accord de Taëf et de son propre programme ministériel pour justifier ces dispositions, qui incluent des instructions précises aux forces armées et sécuritaires pour empêcher toute opération non étatique.

Les annonces du Premier ministre ont été diffusées par l’Agence nationale d’information (ANI), soulignant l’unanimité du cabinet malgré les tensions confessionnelles et politiques inhérentes au système libanais. Nawaf Salam, figure sunnite indépendante élue avec un large consensus parlementaire en janvier 2025, a déclaré que ces mesures visent à protéger le Liban d’un engrenage dans le conflit régional, tout en consolidant la crédibilité de l’État aux yeux de la communauté internationale. Le conseil des ministres, présidé par le président Joseph Aoun, ancien chef de l’armée élu en janvier 2025 pour mettre fin à plus de deux ans de vacance présidentielle, a délibéré sur les implications des tirs de roquettes du 1er mars, qui ont rompu une trêve précaire établie en 2025. Ces projectiles, lancés depuis des positions au sud du Liban et visant une base militaire israélienne au sud de Haïfa, ont été suivis de frappes aériennes israéliennes massives, causant 31 morts et 149 blessés selon le ministère de la Santé publique.

La résolution du cabinet se décline en cinq points principaux. Premièrement, l’État libanais rejette sans ambiguïté toute action militaire ou sécuritaire émanant de son territoire en dehors des institutions légitimes, affirmant que la décision de guerre et de paix lui appartient exclusivement. Cela implique l’interdiction immédiate des activités sécuritaires et militaires du Hezbollah, considéré comme opérant en dehors du cadre légal, avec l’obligation pour le parti de livrer ses armes à l’État et de limiter son action au domaine politique, conformément aux normes constitutionnelles et légales. Cette mesure vise à consacrer le monopole des armes aux forces étatiques et à renforcer la souveraineté sur l’ensemble du territoire. Deuxièmement, les appareils militaires et sécuritaires – incluant l’armée libanaise, les Forces de sécurité intérieure et la Sûreté générale – sont chargés d’appliquer ces dispositions sans délai, en empêchant tout lancement de roquettes, de drones ou d’opérations similaires, et en arrêtant les contrevenants conformément aux lois en vigueur.

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Troisièmement, dans une optique de désescalade, le cabinet exhorte les pays garants de la cessation des hostilités – notamment les États-Unis, la France et d’autres acteurs impliqués dans les négociations de 2025 – à obtenir un engagement clair et définitif d’Israël pour cesser toutes les agressions sur le territoire libanais. Le gouvernement réaffirme son adhésion totale à l’accord de trêve, tout en se disant prêt à reprendre les pourparlers avec une participation civile et sous auspice international. Quatrièmement, le ministère des Affaires étrangères et des Émigrés, dirigé par Joe Rajji, est mandaté pour intensifier les contacts diplomatiques avec la communauté internationale et les pays amis afin d’arrêter l’agression israélienne et d’appliquer les résolutions onusiennes pertinentes, dont la 1701 adoptée en 2006. Cinquièmement, le ministère des Affaires sociales, sous la responsabilité de Hanine Sayyed, est chargé de fournir des abris aux déplacés, ainsi que des denrées alimentaires et des biens essentiels, en collaboration avec les ministères concernés, la Haute commission de secours, le Conseil pour le développement et la reconstruction, le Conseil du Sud et l’unité de gestion des risques et des crises à la présidence du conseil.

Ces décisions interviennent au moment où le Liban fait face à une recrudescence des violences frontalières. Les tirs de roquettes du 1er mars, six au total, ont été revendiqués par le Hezbollah comme une réponse à la mort de l’ayatollah Ali Khamenei lors des frappes coordonnées américano-israéliennes du 28 février sur des sites militaires et navals iraniens. Ces actions ont entraîné une riposte israélienne immédiate, avec des raids aériens sur la banlieue sud de Beyrouth et neuf localités du sud : Shabiya, Sultaniya, Adshit, Harouf, Toul, Kfoun, Yaroun, Aitaroun et Khiam. Les quartiers de Haret Hreik, Bir el-Abed et Hadath ont été particulièrement touchés, avec un bâtiment résidentiel incendié à Ghobeiry. Le centre d’opérations d’urgence du ministère de la Santé publique, dirigé par Rakan Nasreddine, affilié au Hezbollah, a rapporté que les victimes incluent des civils non impliqués dans les combats, avec plusieurs familles décimées.

La condamnation du gouvernement Salam reflète une frustration croissante face à l’autonomie militaire du Hezbollah, qui opère depuis des décennies en parallèle de l’État. Fondé en 1982 avec le soutien de la Garde révolutionnaire islamique iranienne, le parti chiite dispose d’un arsenal substantiel, estimé à plus de 150 000 roquettes par des sources militaires israéliennes. En 2025, des rapports de l’ONU ont révélé une augmentation de 700 % des transferts d’armes iraniens via la Syrie, contournant les sanctions internationales. Cette dépendance à Téhéran a été mise en évidence par l’alignement du Hezbollah sur les ripostes iraniennes contre des bases américaines au Golfe, suite aux frappes du 28 février qui ont paralysé les espaces aériens de huit pays et perturbé le trafic aérien régional.

Le plan de confinement des armes au nord du Litani, évoqué dans la résolution du cabinet, avait été présenté par le commandement de l’armée lors d’une séance du conseil des ministres le 16 février 2026. Approuvé sans objection des ministres affiliés au Hezbollah, ce plan prévoit une mise en œuvre phasée sur quatre à huit mois, avec un renforcement des déploiements militaires au sud du fleuve. La première phase, initiée en mars 2025, a vu l’armée libanaise, forte de 80 000 hommes, positionner des unités supplémentaires en coordination avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). La deuxième phase, accélérée par les événements récents, vise le désarmement progressif des milices non étatiques dans la zone frontalière. Le ministre de la Défense, Michel Menassah, a confirmé que des bataillons spéciaux ont été mobilisés dès l’aube du 2 mars pour sécuriser les sites de lancement présumés à Shabiya et Sultaniya.

Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large pour appliquer la résolution 1701 de l’ONU, qui exige le retrait des armes non étatiques au sud du Litani et le déploiement exclusif de l’armée libanaise dans cette région. La FINUL, dont le mandat expire fin 2026, a rapporté une augmentation de 55 % des incidents en 2025, incluant des attaques sur ses patrouilles. En janvier 2026, un convoi près de Naqoura a été visé, blessant des casques bleus italiens. Le commandant de la FINUL, le général Aroldo Lázaro Sáenz, a appelé à une coopération accrue avec l’armée libanaise pour surveiller la ligne bleue, la frontière délimitée par l’ONU.

Les implications sécuritaires de ces mesures sont immédiates. Le gouvernement a ordonné l’évacuation de 52 localités au sud, affectant des milliers de familles contraintes de quitter leurs foyers sous la menace de bombardements. Des drones israéliens survolent régulièrement la région, recueillant des données sur les mouvements de population, tandis que des obus ont frappé des villages comme Kafr Kila et Aïta el-Chaab. Le chef d’état-major israélien, Eyal Zamir, a indiqué que les opérations pourraient s’étendre sur plusieurs jours, avec une posture offensive soutenue. Du côté libanais, les forces de sécurité ont intensifié les patrouilles dans la Békaa occidentale, où 53 localités ont été menacées de frappes par Israël.

Au-delà des affrontements militaires, les tensions se manifestent dans le domaine cybernétique. La Direction générale de la Sûreté générale a émis une alerte le 2 mars sur des applications mobiles développées par la société israélienne Party Poopers, basée à Tel-Aviv, telles que « Ghourfa wa Nass » et ses variantes, soupçonnées de collecter des données personnelles pour des fins d’espionnage. Ces outils, mis à jour le 25 novembre 2025, demandent des accès étendus à la localisation, aux contacts et aux appareils multimédias. Des exercices conjoints avec l’ONU en février 2026 ont révélé des vulnérabilités dans les réseaux libanais, avec des malwares infectant des appareils civils pour surveiller les déplacements.

Les perturbations aériennes, prolongées par l’escalade régionale, aggravent la situation. Middle East Airlines a ajouté un vol supplémentaire vers Istanbul le 2 mars et reporté la liaison de retour depuis Larnaca au 3 mars, avec des retards sur les rotations vers Riyad. Les fermetures d’espaces aériens dans l’Iran, Israël, l’Irak, le Qatar, le Bahreïn, le Koweït, la Syrie et les Émirats arabes unis persistent, avec plus de 3 400 vols annulés le 1er mars. Emirates a étendu la suspension jusqu’au 2 mars à 15h00, tandis que des projectiles interceptés près de l’espace aérien libanais augmentent les risques pour l’aéroport Rafic Hariri.

Économiquement, ces événements exacerbent la fragilité du Liban. Le budget 2026, approuvé par le parlement le 30 janvier 2026 et signé par le président Aoun le 10 février, a été présenté comme un plan à déficit zéro, avec des dépenses alignées sur les recettes prévues. Soumis par le cabinet le 22 septembre 2025, il prévoit des allocations renforcées pour la Défense et la Santé, mais a suscité des critiques pour des distributions suspectes au ministère de la Santé, dirigé par Rakan Nasreddine. La dette publique, estimée à environ 100 milliards de dollars par le FMI en 2025, pèse sur une économie dont le PIB a chuté de 40 % depuis 2019, atteignant 28,3 milliards de dollars en 2024. Le taux de pauvreté monétaire a grimpé à 44 % en 2022, selon la Banque mondiale, avec près des trois quarts de la population affectés par une pauvreté multidimensionnelle.

Les réactions internes soulignent les fractures politiques. Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a accueilli ces mesures comme un pas essentiel pour éviter un déclin inévitable, réitérant son appel à déclarer le Hezbollah hors la loi. Basé à Maarab, Geagea a invoqué vingt ans d’avertissements ignorés, accusant le parti d’être un prolongement de l’Iran. Du côté du Hezbollah, des sources proches ont dénoncé une capitulation face à Israël, sans réponse officielle immédiate. Le parti, qui contrôle plusieurs portefeuilles ministériels via ses alliés, n’a pas objecté au plan de confinement lors de son approbation en février 2025.

Sur le terrain, les communautés frontalières subissent des dommages cumulés. En février 2026, des pulvérisations d’herbicides cancérigènes par Israël sur des terres agricoles sud-libanaises ont endommagé des systèmes d’irrigation, entraînant des pertes de 30 % dans la production, selon le ministère de l’Agriculture. Des tentatives de sabotage numérique sur des réseaux agricoles ont été rapportées, simulant des herbicides pour perturber les approvisionnements en eau. En décembre 2025, six démolitions d’équipements de reconstruction au sud ont été documentées, aggravant la crise humanitaire. Des drones et des obus continuent de cibler des infrastructures civiles, forçant des déplacements massifs et impactant l’accès à l’aéroport de Beyrouth.

Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Ahmed Al-Hajjar, a signalé des arrestations préventives de suspects liés à des milices, avec des barrages routiers renforcés dans les zones chiites. L’armée libanaise a collecté des preuves sur les sites de lancement des roquettes pour des poursuites judiciaires. Ces opérations, coordonnées avec la FINUL, visent à créer une zone tampon effective, bien que les menaces israéliennes persistent. Au Koweït, des crashes d’avions militaires américains le 2 mars ont illustré les dangers régionaux, avec des survivants évacués sous haute sécurité. Au Liban, des spyware comme Pegasus, développé par NSO Group, ont été détectés sur des appareils d’activistes, permettant une surveillance accrue.

Les contacts diplomatiques s’intensifient, avec le ministre Joe Rajji en liaison avec l’ONU et les chancelleries européennes. La Commission nationale des droits de l’homme a qualifié les raids israéliens de crimes de guerre potentiels, citant l’absence d’avertissements et le caractère indiscriminé des bombardements. Ces développements, sur fond de fermetures aériennes prolongées et de cybermenaces, marquent les défis immédiats pour le gouvernement Salam dans sa tentative de rétablir l’ordre étatique face aux pressions internes et externes.

Un rejet catégorique des actions unilatérales du Hezbollah

Les tirs de roquettes du 1er mars, lancés depuis des villages frontaliers comme ceux situés près de la Ligne bleue, ont visé une base militaire israélienne près de Haïfa. Le Hezbollah, dans un communiqué publié sur ses chaînes Telegram et Al-Manar, a décrit ces opérations comme « limitées et proportionnées », en réponse à ce qu’il qualifie d’assassinat d’Ali Khamenei lors d’une opération conjointe américano-israélienne. Les projectiles, d’une portée estimée à 40 kilomètres, ont été partiellement interceptés, les autres tombant dans des zones ouvertes. Cette action a été immédiatement suivie de frappes israéliennes sur des dizaines de sites, incluant des centres de commandement dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth et un entrepôt d’armes à Tyr, comme détaillé dans le communiqué de l’armée israélienne publié ce même jour.

Le gouvernement libanais, par la voix de Nawaf Salam, a qualifié ces tirs d’« acte irresponsable et suspect », soulignant leur incompatibilité avec la politique de neutralité adoptée depuis la formation du cabinet. Le vice-Premier ministre Tarek Mitri, lors d’une intervention télévisée sur LBCI ce 2 mars, a renforcé ce message en déclarant que « toute initiative unilatérale expose le Liban à des représailles qui aggravent sa vulnérabilité économique et humanitaire ». Cette position s’aligne sur la déclaration ministérielle du gouvernement, approuvée en février 2025, qui priorise la reconstruction et la distanciation des conflits régionaux.

Les mesures sécuritaires ordonnées par le Conseil

En application du premier point de la décision, les appareils sécuritaires ont été mobilisés dès l’après-midi du 2 mars. Le ministre de la Défense Michel Menassa a confirmé lors d’une réunion avec le commandement de l’armée que des patrouilles renforcées seraient déployées au sud du Litani, avec des checkpoints supplémentaires installés dans des villages comme Khiam et Marjayoun. Le général Joseph Aoun, président de la République et ancien commandant en chef de l’armée, a supervisé personnellement ces opérations depuis Baabda, ordonnant la saisie de tout matériel suspect. Des rapports internes indiquent que plusieurs véhicules ont été inspectés près de la frontière syro-libanaise, où des cargaisons d’armes avaient déjà été interceptées en octobre 2025.

Le deuxième point, relatif au plan de monopole des armes au nord du Litani présenté le 16 février 2026, implique l’utilisation de « tous les moyens nécessaires ». Ce plan, élaboré en coordination avec le comité de surveillance du cessez-le-feu, prévoit des perquisitions systématiques dans les zones chiites du sud et de la Bekaa. Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a annoncé que des unités spéciales, formées avec l’aide française depuis juin 2025, seraient déployées pour éviter toute confrontation directe tout en assurant l’exécution. Des saisies préliminaires, incluant des roquettes de type Grad et des drones de fabrication iranienne, ont été rapportées dans des villages comme Nabatiyeh.

Les appels diplomatiques pour une désescalade

Conformément au troisième et quatrième points, le ministre des Affaires étrangères Joe Rajji a intensifié les contacts avec les chancelleries. Un appel avec le secrétaire d’État américain ce 2 mars a abouti à une promesse de soutien pour renforcer la FINUL, dont le mandat a été étendu en août 2025 pour inclure des patrouilles aériennes. Le président français Emmanuel Macron, lors d’un échange avec Nawaf Salam, a réaffirmé l’engagement de Paris pour des négociations indirectes via le comité de surveillance, réuni en urgence à Naqoura ce jour-là. Le commandant de la FINUL, le général Aroldo Lázaro Sáenz, a déclaré que « des violations ont été observées des deux côtés, nécessitant une enquête conjointe ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU, informé par le secrétaire général, a prévu une session le 3 mars pour discuter des implications de la résolution 1701. Des représentants égyptiens et qataris, contactés par Beyrouth, ont exprimé leur préoccupation quant à un possible débordement régional, rappelant les avertissements émis en janvier 2026 sur le risque d’une guerre élargie si le Hezbollah ne respectait pas les délais de retrait.

Les dispositions humanitaires pour les déplacés

Le cinquième point charge le ministère des Affaires sociales, dirigé par Haneen Sayed, de coordonner l’aide aux déplacés. Dès le 2 mars, des centres d’hébergement ont été ouverts à Sidon et Tripoli, accueillant plus de 500 familles évacuées des banlieues sud de Beyrouth après les frappes sur Dahiyeh. En coopération avec la Haute Commission pour le Secours et le Conseil du Sud, des distributions de vivres ont été organisées, incluant 10 000 kits alimentaires financés par l’Union européenne. Le ministre de la Santé Rakan Nasreddine a mobilisé des équipes médicales pour les hôpitaux de Beyrouth, saturés par les blessés souffrant de fractures et de brûlures dues aux explosions.

Dans les villages frontaliers, des évacuations ont été facilitées par l’armée libanaise, avec des convois escortés vers le nord. L’Unité de gestion des risques de catastrophes, rattachée à la présidence du Conseil, a activé son plan d’urgence, prévoyant des stocks d’eau potable pour 20 000 personnes.

Les réactions internes face à la fermeté gouvernementale

Cette déclaration a suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique. Samir Geagea, chef des Forces libanaises, a salué la décision lors d’une conférence de presse à Meerab ce 2 mars, déclarant que « le moment est venu de déclarer le Hezbollah hors la loi et de dissoudre ses structures militaires ».

Du côté chiite, le mouvement Amal, représenté par le président du Parlement Nabih Berri, a exprimé des réserves, soulignant lors d’une réunion à Aïn el-Tiné que « toute mesure unilatérale pourrait aggraver les divisions ». Le Hezbollah, via son porte-parole, a qualifié la déclaration de « capitulation face aux pressions étrangères », affirmant dans un communiqué que ses actions « défendent le Liban contre l’agression israélienne ».

La déclaration complète du Premier ministre Nawaf Salam

Voici l’intégralité de la déclaration prononcée par le Premier ministre Nawaf Salam après la session du Conseil des ministres :

« Le Conseil des ministres, en application de la Constitution, du document d’entente nationale et de la déclaration ministérielle du gouvernement,

Et après son rejet et sa condamnation de l’opération de lancement de roquettes revendiquée par le Hezbollah hier, qui contredit le monopole de l’État libanais sur la décision de guerre et de paix, comme elle contredit le refus d’impliquer le Liban dans la guerre régionale en cours, et constitue une déviation des décisions du Conseil des ministres et un dépassement de la volonté de la majorité des Libanais, ce qui sape la crédibilité de l’État libanais.

Et après délibération, le Conseil a décidé :

Premièrement : L’État libanais déclare son rejet absolu, sans ambiguïté ni interprétation, de toute action militaire ou sécuritaire lancée depuis le territoire libanais en dehors du cadre de ses institutions légitimes, et confirme que la décision de guerre et de paix est exclusivement entre ses mains, ce qui nécessite l’interdiction immédiate de toutes les activités sécuritaires et militaires du Hezbollah en tant qu’illégales, et l’obligation de remettre ses armes à l’État libanais et de limiter son travail au domaine politique dans les cadres constitutionnels et légaux, afin de consolider le monopole des armes par l’État et de renforcer sa souveraineté complète sur l’ensemble de son territoire.

Et elle demande à tous les appareils militaires et sécuritaires de prendre les mesures immédiates pour appliquer ce qui précède et pour empêcher toute opération militaire ou lancement de roquettes ou de drones depuis le territoire libanais, et d’arrêter les contrevenants conformément aux lois et réglementations en vigueur.

Deuxièmement : Demander au commandement de l’armée de commencer immédiatement et avec fermeté l’exécution du plan présenté lors de la session du Conseil des ministres du 16 février 2026 dans sa partie relative au monopole des armes au nord du fleuve Litani, en utilisant tous les moyens nécessaires pour garantir l’exécution du plan.

Troisièmement : Et partant du souci constant de ne pas entraîner le Liban dans tout conflit dans le cadre des conditions régionales tendues, le Conseil demande aux pays garants de la déclaration de cessation des hostilités d’obtenir un engagement clair et final du côté israélien pour arrêter toutes les agressions sur l’ensemble du territoire libanais, tout en confirmant l’engagement total et final du Liban envers l’intégralité des dispositions de la déclaration et ce qui préserve la paix et la stabilité. Et le Conseil déclare sa pleine disponibilité à reprendre les négociations à ce sujet avec une participation civile et un parrainage international.

Quatrièmement : Demander au ministère des Affaires étrangères et des Expatriés d’intensifier les contacts diplomatiques avec la communauté internationale et les pays frères et amis pour arrêter l’agression israélienne et appliquer les résolutions internationales pertinentes.

Cinquièmement : Demander au ministère des Affaires sociales de sécuriser des lieux d’hébergement pour les déplacés et de leur fournir les denrées alimentaires et les nécessités essentielles, en coopération avec les ministères concernés, la Haute Commission pour le Secours, le Conseil pour le Développement et la Reconstruction, le Conseil du Sud et l’Unité de gestion des risques de catastrophes et des crises à la présidence du Conseil des ministres. »

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