Le ministre des Affaires étrangères et des Émigrés du Liban, Abdullah Bou Habib, a pris la parole lors de la réunion ministérielle des pays du G7, soulignant la nécessité d’une intervention internationale pour ramener la stabilité au Liban et dans la région. Bou Habib a commencé par rappeler le passé prospère du Liban dans les années 1960, lorsque Beyrouth était connue sous le nom de « Suisse du Moyen-Orient », un carrefour entre l’Orient et l’Occident.
Un appel à la paix et à la stabilité dans un contexte de tensions régionales
Bou Habib a souligné que le peuple libanais, ouvert et pacifique de nature, a toujours servi de pont entre différentes civilisations. Toutefois, le Liban a également été victime de son système de démocratie consensuelle, qui a souvent permis à des acteurs externes d’exploiter ses faiblesses à leurs propres fins, notamment en lien avec la question palestinienne. Il a évoqué l’échec de la communauté internationale à appliquer les résolutions des Nations Unies sur la solution des deux États, laissant le peuple palestinien sans État et transformant des centaines de milliers de Palestiniens en réfugiés, dont près de 400 000 sont encore présents au Liban.
Priorité à un cessez-le-feu immédiat
En dépit des circonstances tragiques actuelles dues au conflit israélo-palestinien, le ministre libanais a insisté sur la nécessité de trouver des solutions qui ramèneraient la paix et éviteraient une guerre régionale de plus grande ampleur. Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui prévoit le retrait israélien des territoires occupés lors de la récente offensive et le renforcement de la présence de l’armée libanaise au sud du pays, sans aucune autre autorité armée que celle de l’État.
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Une feuille de route en huit points pour la paix au Liban
Bou Habib a également proposé une feuille de route en huit points visant à garantir la stabilité durable au Liban, notamment :
- Le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés lors du dernier conflit et le retour aux frontières internationalement reconnues, conformément à l’accord d’armistice de 1949.
- Le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, conformément à la résolution 1701.
- Le retour des déplacés des deux côtés de la frontière à leurs villages d’origine.
- L’élection d’un président libanais, indépendant et capable de comprendre les équilibres régionaux et internationaux.
- La reprise des négociations pour définir les frontières terrestres dans les zones contestées.
- Le lancement d’un processus de négociation pour la restitution des fermes de Chebaa, des collines de Kfar Shouba, et du point B1 à Ra’s Naqoura.
- La reconstruction des infrastructures détruites et la remise en état des terres agricoles contaminées.
- Un soutien financier et technique pour renforcer les capacités de l’État libanais et de ses institutions civiles et militaires.
Un appel à la communauté internationale pour restaurer le rôle historique du Liban
Le ministre Bou Habib a conclu en soulignant le rôle historique du Liban en tant que phare de civilisation en Méditerranée, rappelant l’importance de l’émigration libanaise et son impact à travers le monde. Il a appelé les pays du G7 à soutenir le Liban pour qu’il puisse retrouver sa place dans le concert des nations et garantir la sécurité et la prospérité de sa population.



