En ce 1er mars 2025, le Liban s’apprête à vibrer au rythme du Mois de la Francophonie, une célébration mondiale qui, chaque année en mars, met en lumière la richesse et la diversité de la langue et de la culture francophones, culminant avec la Journée internationale de la Francophonie le 20 mars. Au cœur de cet événement, l’Institut français du Liban (IFL) déploie une programmation éclatante, transformant Beyrouth et ses antennes à travers le pays – Tripoli, Jounieh, Saïda, Deir El Qamar, Zahlé, Baalbeck – en scènes vivantes où littérature, musique, cinéma et arts visuels s’entrelacent. Dans un Liban où le français s’inscrit dans un plurilinguisme unique, entre arabe et anglais, l’IFL mise sur une francophonie moderne et attractive, offrant un mois riche en découvertes. Quels sont les temps forts de cette célébration ? Plongée dans un programme qui fait résonner le français à travers un pays aux mille visages.
Beyrouth, cœur battant de la Francophonie
À Beyrouth, l’IFL orchestre un Mois de la Francophonie foisonnant, transformant la capitale en un carrefour culturel où la langue française se réinvente. Chaque semaine de mars apporte son lot d’événements, mêlant tradition et innovation pour captiver un public diversifié – étudiants, familles, amateurs d’art ou simples curieux. Le cinéma ouvre le bal avec un cycle francophone au Cinéma Montaigne, prévu tous les mardis à 20h (4, 11, 18, 25 mars), coorganisé avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ce programme projette des films de réalisateurs francophones du monde entier – du Québec au Sénégal, en passant par la France et le Liban – offrant une mosaïque de récits qui transcendent les frontières, dans une salle emblématique de la ville.
Le 6 mars à 19h, la Salle Montaigne accueillera le lancement de l’anthologie poétique « Crépuscule », un recueil réunissant des plumes francophones libanaises et internationales, explorant les thèmes du clair-obscur, de la mémoire et de l’espoir dans un pays marqué par les tumultes. Une soirée qui promet lectures vibrantes et échanges passionnés. Puis, le 10 mars à 20h30, le Théâtre Al Madina vibrera avec « Poésie et musique engagées », un duo d’exception entre Nada Yafi, poétesse reconnue, et Tania Saleh, chanteuse aux textes militants, mêlant vers percutants et mélodies envoûtantes pour célébrer la résistance par l’art.
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Le 11 mars marque une double célébration : à 11h15, « Le Quart d’heure de Lecture national » mobilisera des écoles volontaires à travers le Liban, invitant élèves et enseignants à s’arrêter pour lire en français, un moment symbolique pour ancrer la langue dans les jeunes générations. À 16h30, la Salle Montaigne verra la remise du prix lycéen de la traduction francophone, récompensant des élèves pour leurs traductions créatives, suivie d’une table ronde intitulée « Interprète au plus haut sommet de l’État », où des professionnels partageront leur expérience des coulisses diplomatiques, un clin d’œil au rôle du français dans les sphères du pouvoir.
Le 14 mars à 15h30, l’Académie Libanaise des Beaux-Arts (ALBA) s’illuminera avec le vernissage de « Jeunes Plumes engagées », une exposition de dessins et textes d’étudiants francophones explorant les défis sociaux et environnementaux du Liban contemporain. Le 19 mars à 16h, le Cinéma Montaigne s’animera avec La Fête du court métrage, projetant des œuvres brèves mais puissantes venues du monde francophone, une soirée dédiée à la créativité compacte. Enfin, à partir du 29 mars, la Galerie de l’IFL accueillera « Mais fichez-nous la paix – L’humour, l’amour, la guerre, la paix », une exposition signée Serge Bloch et Chaker Bou Abdalla, mêlant dessins drôles et poignants sur la condition humaine, tandis que l’Université Saint-Joseph présentera tout le mois « Océans et mers plastifiés », une installation sensibilisant à la pollution marine.
Les antennes de l’IFL : la Francophonie rayonne à travers le pays
Loin de se limiter à Beyrouth, l’IFL déploie ses ailes dans ses antennes régionales – Tripoli, Jounieh, Saïda, Deir El Qamar, Zahlé, Baalbeck – pour faire vivre la francophonie dans chaque coin du Liban. Pour les enfants et adolescents, deux événements phares marquent ce mois. Le concours « Mon Liban à moi » invite les jeunes à écrire et lire à voix haute leurs visions du pays, avec une finale prévue le 26 mars dans une ambiance festive réunissant participants de tout le territoire. Parallèlement, le spectacle « La Reine des couleurs », porté par Les Amis des Marionnettes, entame une tournée éclatante à Saïda, Tripoli, Baalbeck, Jounieh, Deir El Qamar, et Beyrouth, offrant une fable enchantée où marionnettes et musique explorent l’imaginaire enfantin, un répit bienvenu dans un pays souvent assombri.
Les amoureux des lettres ne seront pas en reste. À partir du 10 mars et jusqu’à mi-avril, un itinéraire littéraire sillonnera le Liban, avec des rencontres et signatures d’auteurs libanais francophones dans chaque antenne. De Tripoli, avec ses ruelles historiques, à Zahlé, cœur de la Bekaa, ces rendez-vous promettent des échanges intimes autour de romans, poèmes et récits qui capturent l’âme plurielle du pays. À Deir El Qamar, l’antenne accueillera l’exposition « Le Monde sans fin », une plongée visuelle et narrative dans les univers de la francophonie mondiale, mêlant illustrations et textes pour un voyage sans frontières.
Ces initiatives, ancrées dans le plurilinguisme libanais où le français cohabite avec l’arabe et l’anglais, témoignent d’une francophonie vivante et inclusive. Elles s’adressent à tous – enfants, étudiants, familles – dans un pays où la culture reste un refuge face aux défis quotidiens. Les antennes, souvent nichées dans des bâtiments historiques ou des centres communautaires, deviennent des phares culturels, reliant des régions parfois isolées par la géographie ou les tensions locales.
Un Liban à la croisée des chemins : la culture comme rempart
Ces deux volets – Beyrouth et les antennes – ne sont pas de simples événements ; ils reflètent une volonté de l’IFL de faire de la francophonie un pont dans un Liban fracturé. À Beyrouth, le cycle cinématographique ou la soirée poésie-musique engagée au Théâtre Al Madina ne sont pas que des divertissements : ils célèbrent une langue qui porte des voix de résistance et d’espoir, dans une ville marquée par des années de crises. Le « Quart d’heure de Lecture » dans les écoles et le prix lycéen de la traduction visent à semer des graines chez les jeunes, dans un système éducatif souvent sous pression. Les expositions, de « Jeunes Plumes engagées » à « Océans et mers plastifiés », interpellent sur des enjeux sociaux et environnementaux brûlants, offrant une tribune aux nouvelles générations.
Dans les antennes, le concours « Mon Liban à moi » et la tournée de « La Reine des couleurs » ne se contentent pas de distraire : ils tissent des liens entre des communautés dispersées, de la côte nord de Tripoli aux vallées de Baalbeck, dans un pays où les divisions sectaires et régionales restent vives. L’itinéraire littéraire, avec ses auteurs sillonnant les routes, rappelle que le français est une langue vivante, pas un vestige colonial, portée par des écrivains qui capturent l’âme libanaise dans toute sa complexité. À Deir El Qamar, « Le Monde sans fin » élargit cet horizon, connectant le local au global.
Dans un Liban où l’insécurité croît et où la société vacille, cette francophonie portée par l’IFL agit comme un rempart culturel. Elle ne résout pas les crises, mais offre un espace de respiration, un lieu où enfants, artistes et citoyens peuvent se retrouver autour d’une langue qui unit plutôt que divise. Alors que le 20 mars approchera, point culminant de ce mois, le Liban prouve que, même dans l’ombre, il peut encore faire briller la lumière de la culture francophone.



