mercredi, janvier 14, 2026

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Le Liban devrait renouer avec une croissance de 3,4 % en 2025 (Bloomberg)

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Retour à la croissance après une année de contraction sévère
Selon l’enquête régionale menée par Bloomberg entre le 28 février et le 5 mars 2025, le Liban pourrait enregistrer une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 3,4 % en 2025. Cette projection intervient après une année 2024 marquée par une contraction économique estimée à -6,5 %, conséquence directe des effets du conflit régional, de l’instabilité politique interne et de la crise financière persistante. Les perspectives pour 2026 sont encore plus optimistes avec une croissance projetée à 4,4 %, suggérant un potentiel de rebond si les conditions structurelles sont réunies.

Un recul attendu mais progressif de l’inflation
L’inflation, estimée à 45,2 % en 2024, devrait s’atténuer à 21,2 % en 2025 avant de ralentir encore à 15,0 % en 2026. Cette tendance reflète l’impact attendu d’une stabilisation relative du marché des changes, d’un retour progressif de la confiance dans les circuits de distribution et d’un redémarrage des importations en lien avec la reprise des activités portuaires et commerciales. La baisse projetée de l’inflation reste toutefois conditionnée à la discipline budgétaire, à une éventuelle normalisation des politiques monétaires et à l’absence de nouveaux chocs externes, notamment géopolitiques.

Un déficit externe en aggravation malgré la croissance
Le déficit du compte courant, estimé à -15,0 % du PIB en 2024, devrait s’aggraver à -17,4 % en 2025 et à -18,7 % en 2026. Cette détérioration, malgré une reprise économique, s’explique par une reprise plus rapide des importations que des exportations, ainsi que par l’augmentation de la facture énergétique et du déficit commercial. L’absence de remises significatives de la diaspora et le ralentissement des flux d’investissements directs étrangers contribuent également à cette dynamique déséquilibrée. Le Liban reste structurellement dépendant des entrées de capitaux extérieurs pour financer ses besoins de balance des paiements.

Tensions budgétaires croissantes attendues jusqu’en 2026
Le déficit budgétaire, estimé à -0,6 % du PIB en 2024, devrait augmenter progressivement à -1,3 % en 2025 puis à -2,5 % en 2026. Ce creusement est en partie attribuable à l’augmentation des dépenses sociales et de reconstruction post-crise, à la stabilisation des taux de change nécessitant des interventions monétaires coûteuses, ainsi qu’à la faible mobilisation fiscale liée à une économie encore largement informelle. Le contexte de stagnation des réformes fiscales compromet l’élargissement de l’assiette fiscale, ce qui limite la capacité de l’État à financer ses missions sans recourir à l’endettement ou à la monétisation.

Tableau récapitulatif des prévisions économiques

Indicateur202420252026
Croissance du PIB réel (%)-6,53,44,4
Inflation (IPC, %)45,221,215,0
Déficit du compte courant (% du PIB)-15,0-17,4-18,7
Déficit budgétaire (% du PIB)-0,6-1,3-2,5

Comparaison régionale : le Liban en transition lente
Parmi les pays couverts par l’enquête Bloomberg — à savoir le Liban, le Maroc, la Tunisie et la Jordanie — le Liban est le seul à afficher une croissance négative en 2024. La Jordanie et le Maroc, portés par des exportations plus dynamiques et un secteur touristique résilient, affichent des trajectoires plus stables. En revanche, les taux d’inflation libanais restent les plus élevés, traduisant une instabilité structurelle plus profonde et une dépendance monétaire accrue à un secteur bancaire en restructuration.

Conditions de la reprise : réforme et stabilisation monétaire
Les prévisions de reprise reposent sur plusieurs hypothèses implicites : apaisement des tensions géopolitiques régionales, mise en œuvre effective de la réforme bancaire et adoption des recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Un autre levier déterminant est la capacité de la Banque du Liban à stabiliser durablement le taux de change en réduisant les écarts entre le marché parallèle et le taux officiel. En mars 2025, le taux s’établissait encore autour de 89 600 livres libanaises pour un dollar, sans perspective claire de retour à un régime de change unique.

Des perspectives fragiles mais conditionnellement encourageantes
L’amélioration des agrégats macroéconomiques ne signifie pas nécessairement une amélioration immédiate des conditions de vie. La croissance projetée est susceptible d’être inégalement répartie, avec une persistance de la pauvreté, de la précarité énergétique et de la fuite des talents si des politiques inclusives ne sont pas mises en œuvre. L’indice V-Dem de démocratie libérale, qui classe le Liban 114e mondial, souligne également que les conditions institutionnelles ne sont pas encore réunies pour une relance fondée sur la transparence et la bonne gouvernance.

Données institutionnelles : Bloomberg
Bloomberg L.P. est une société américaine spécialisée dans les services financiers, fondée en 1981 par Michael Bloomberg. Elle fournit des données économiques, financières et politiques à travers ses plateformes numériques et ses services d’analyse. Elle est utilisée quotidiennement par les banques centrales, les analystes économiques, les gouvernements et les investisseurs institutionnels. Ses enquêtes macroéconomiques reposent sur des agrégations statistiques issues d’un panel d’économistes internationaux, combinées à des prévisions modèles.

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Newsdesk Libnanews
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