Des décisions devraient être prises dès la semaine prochaine par les autorités libanaises pour sécuriser la distribution alimentaire lourdement impactée par le conflit entre l’Ukraine et la Russie. Pour rappel, 55% du blé importé pour produire de la farine provient d’Ukraine, un approvisionnement aujourd’hui interrompu par le conflit.
Ainsi le premier ministre libanais Najib Mikati devrait officialiser une interdiction temporaire d’exportation des matières alimentaires produites localement alors que le ministère de l’économie et les associations de minotiers ont déjà indiqué réserver les stocks restants de blé à la production de farine destinée à la fabrication du pain arabe après le constat que le stock actuel ne pourrait suffire qu’un mois et demi.
Les stocks actuels sont en effet limités aux seules marchandises présentes dans les minoteries suite à la destruction des silos du port de Beyrouth, le 4 août 2020.
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
Le Ministère de l’économie a parallèlement lancé une nouvelle campagne visant à l’encontre des importateurs de denrée alimentaire accusé de retenir les marchandises en l’attente d’une hausse des prix. Il s’agit également de contrôler l’augmentation des prix. Des poursuites judiciaires ont déjà été entamées à l’encontre de certains commerçants accusés d’avoir augmenté de manière illégale les tarifs de marchandises encore subventionnées. Cependant, des supermarchés et centres commerciaux auraient retiré de leurs rayonnages des marchandises.
Enfin concernant le retour des pénuries d’essence et les files de carburants qui sont réapparues dès hier, le ministère de l’économie estime que les stocks actuels ne suffiront qu’une semaine à 10 jours. Il s’agira de revoir les tarifs des carburants, alors que des stations essence auraient stocké comme l’été dernier, d’importantes quantités sans les écouler pour l’heure, dans l’attente d’une nouvelle hausse des prix.
Cette information intervient alors que le Liban avait déjà été lourdement impacté par une crise économique apparue au grand jour dès 2019. La monnaie nationale a perdu plus de 90% de sa valeur par rapport au dollar, amenant 82% de la population à vivre sous le seuil de pauvreté et 36% dans un état d’extrême pauvreté.



