vendredi, février 20, 2026

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Le nombre d’arrivées touristiques au Liban reste stable en début d’année 2025

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Stagnation du flux touristique malgré une légère reprise économique

Au premier trimestre 2025, le Liban a enregistré un total de 408 989 arrivées touristiques, un chiffre quasiment identique à celui observé sur la même période de l’année précédente (410 531). Cette stabilité masque néanmoins des disparités dans la provenance des visiteurs et reflète une conjoncture toujours fragile du secteur touristique. Bien que les conditions de sécurité se soient relativement améliorées et que le taux de change reste stable, les freins structurels à l’essor du tourisme libanais demeurent.

Recul des visiteurs arabes, hausse des visiteurs européens

La répartition par nationalité montre une évolution contrastée. Les visiteurs en provenance des pays arabes ont diminué de 5,6 %, passant de 148 244 au T1 2024 à 139 957 au T1 2025. Ce recul concerne principalement les voyageurs originaires d’Irak et d’Égypte, souvent constitués de touristes médicaux ou de travailleurs temporaires. À l’inverse, les arrivées en provenance des pays européens progressent légèrement, de 135 124 à 138 522 (+2,5 %), principalement portées par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cette croissance reste cependant insuffisante pour compenser l’atonie générale.

Données comparatives des arrivées touristiques

Origine des visiteursT1 2024T1 2025Évolution
Pays arabes148 244139 957-5,6 %
Pays européens135 124138 522+2,5 %
Autres pays127 163130 510+2,6 %
Total410 531408 989-0,4 %

Source : Ministère du Tourisme, Byblos Research

Érosion de l’attractivité régionale

Le recul du nombre de touristes arabes s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, le Liban est désormais en concurrence directe avec des destinations régionales redevenues plus attractives, telles que la Jordanie, la Turquie et l’Arabie saoudite, qui ont investi massivement dans leurs infrastructures touristiques et offrent une stabilité plus prévisible. Ensuite, l’image du Liban reste ternie par les tensions politiques internes, les pannes de services publics et une infrastructure hôtelière encore en phase de redressement post-crise.

État de l’offre touristique et capacité hôtelière

La capacité hôtelière du Liban reste inférieure à celle de 2019. À Beyrouth, le taux d’occupation moyen pour les hôtels 4 et 5 étoiles s’est établi à 48 % sur le trimestre, selon les données de l’International Hospitality Report, contre 72 % sur la même période en 2019. Le parc hôtelier a perdu environ 17 % de ses chambres disponibles entre 2020 et 2024, en raison de fermetures définitives ou temporaires liées à la crise économique et à l’explosion du port. Plusieurs chaînes internationales, comme Le Bristol ou Le Vendôme, n’ont toujours pas rouvert leurs portes.

Dépenses moyennes par touriste en baisse

Les recettes touristiques par visiteur sont également en diminution. Selon les données de la Banque du Liban, les dépenses moyennes par touriste ont chuté de 13 % entre le T1 2024 et le T1 2025, passant de 1 120 USD à 975 USD. Cette baisse est due à une combinaison de facteurs : raccourcissement des séjours, arbitrage vers des établissements économiques, baisse des dépenses discrétionnaires. Le tourisme libanais reste en grande partie un tourisme de diaspora, dont le comportement économique diffère sensiblement des flux de tourisme international traditionnel.

Manque de politique touristique intégrée

Le Liban ne dispose pas à ce jour d’un plan national de développement touristique opérationnel. Le dernier document stratégique du ministère remonte à 2017. Aucune campagne internationale de promotion n’a été lancée depuis 2021, et les initiatives restent éclatées entre les efforts de municipalités, de syndicats hôteliers et de petits opérateurs privés. Le budget du ministère du Tourisme est l’un des plus faibles de la région, avec moins de 3 millions USD alloués en 2024. Cette faiblesse budgétaire se traduit par un manque de coordination, d’incitations fiscales et d’outils d’accompagnement à la relance du secteur.

Impact limité sur la balance des paiements

La contribution nette du tourisme à la balance des paiements reste modérée. Les recettes touristiques au T1 2025 sont estimées à 398 millions USD, contre 430 millions USD au T1 2024, soit une baisse de 7,4 %. Dans un pays en grave déficit de devises, le tourisme constitue pourtant l’un des rares canaux légaux d’entrée de devises étrangères. Cette contraction illustre la difficulté du Liban à transformer son potentiel naturel et culturel en levier économique efficace.

Données de contexte sur le tourisme au Liban

Avant la crise, le Liban attirait plus de 2 millions de visiteurs annuels, générant environ 3,2 milliards USD de recettes touristiques en 2018. En 2020, ce chiffre est tombé à 413 000 visiteurs. Le rebond post-Covid reste lent, avec 1,3 million de touristes en 2023. Le pays compte environ 470 hôtels enregistrés, pour une capacité d’environ 19 000 chambres, dont plus de 60 % sont concentrées à Beyrouth et dans le Mont Liban. Les principales zones touristiques restent Byblos, Baalbeck, les Cèdres, Batroun et la région de la Békaa.

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