Lors de son traditionnel discours de Noël, le Patriarche maronite Beshara al-Rahi a renouvelé son appel à une politique de « neutralité positive » pour le Liban. Une prise de position marquée par le souhait de restaurer la souveraineté du pays tout en réaffirmant son rôle historique en tant que plateforme de dialogue et de coexistence entre cultures et religions.
Un appel pour une souveraineté retrouvée
Devant des fidèles rassemblés pour les célébrations de Noël, Beshara al-Rahi a insisté sur la nécessité pour le Liban de se doter d’une politique de neutralité face aux conflits régionaux. Selon lui, cette neutralité est essentielle pour préserver l’intégrité du pays et garantir son indépendance dans un contexte de crises internes et de pressions extérieures.
« Le Liban doit protéger sa souveraineté et se défendre contre tout occupant, sans s’ingérer dans les affaires des autres États », a déclaré le Patriarche. Une allusion claire aux ingérences étrangères qui exacerbent les divisions internes et compromettent la stabilité du pays.
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Dans son discours, il a également appelé à l’unité militaire. « Nous avons besoin d’une seule armée, et non de deux », a-t-il affirmé, visant implicitement la milice armée du Hezbollah, considérée par de nombreux Libanais comme un acteur déstabilisateur du fait de son alignement sur des intérêts régionaux étrangers, notamment ceux de l’Iran.
La neutralité comme clé de la paix régionale
Le concept de « neutralité positive » proposé par al-Rahi ne se limite pas à un repli stratégique. Il appelle à une position active où le Liban, en s’abstenant de prendre part aux conflits régionaux, retrouverait sa vocation en tant que lieu de rencontre et de dialogue.
Selon le Patriarche, cette neutralité permettrait au Liban de jouer un rôle crucial en promouvant la paix dans une région marquée par les tensions religieuses et les luttes géopolitiques. « Cette neutralité active consolidera la position du Liban en tant que défenseur de la paix et garantira son rôle dans le rapprochement des cultures et des religions », a-t-il souligné.
Cette vision repose sur l’histoire même du Liban, pays qui, avant de sombrer dans la guerre civile en 1975, était perçu comme un modèle de coexistence religieuse au Moyen-Orient. Cependant, cette position neutre a été progressivement affaiblie par des alliances conflictuelles, notamment au cours des dernières décennies.
Neutralité : une utopie ou un objectif atteignable ?
La question de la neutralité reste toutefois complexe dans un pays profondément divisé sur les plans politique, religieux et communautaire. Si la neutralité est perçue par certains comme une solution aux conflits internes, elle pourrait également être difficile à mettre en œuvre dans un contexte où les intérêts régionaux et internationaux continuent de peser lourdement sur les choix stratégiques du Liban.
Cependant, l’appel d’al-Rahi résonne comme une tentative de réaffirmer l’identité libanaise face aux influences extérieures. « Nous devons retrouver notre souveraineté et protéger notre rôle unique dans la région », a-t-il insisté, plaidant pour une mobilisation collective autour de cette vision.
Le chemin vers la réconciliation nationale
Pour de nombreux analystes, l’appel à la neutralité positive est une étape nécessaire mais insuffisante pour résoudre la crise libanaise. Des réformes structurelles, une lutte contre la corruption et un retour à une gouvernance efficace sont également indispensables pour restaurer la confiance des citoyens et de la communauté internationale.



