lundi, février 9, 2026

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Le PMI BLOM du Liban à 50,1 en janvier : une expansion marginale marquée par des signes de ralentissement

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Le secteur privé libanais a entamé l’année 2026 sur une note de croissance minimale, avec l’indice des directeurs d’achats (PMI) établi par BLOMINVEST Bank s’inscrivant à 50,1 points en janvier, contre 51,2 en décembre 2025. Ce chiffre, bien que toujours au-dessus du seuil neutre de 50 points qui sépare l’expansion de la contraction, traduit un affaiblissement notable de la dynamique économique observée au cours des mois précédents. Selon les données publiées par S&P Global et relayées par BLOMINVEST Bank, cette performance reflète une quasi-stagnation de l’activité, soutenue principalement par une demande intérieure fragile, tandis que les commandes extérieures continuent de reculer. Ce ralentissement intervient dans un contexte régional toujours tendu, où les incertitudes sécuritaires pèsent sur les perspectives des entreprises.

Les relevés mensuels du PMI, basés sur des enquêtes auprès d’environ 450 entreprises du secteur privé – couvrant l’industrie, les services, la construction et le commerce de détail – indiquent que l’expansion observée depuis plusieurs mois perd de son élan. En décembre 2025, le PMI avait déjà légèrement fléchi par rapport à novembre, passant de 51,3 à 51,2, mais il maintenait une trajectoire positive pour le cinquième mois consécutif, la plus longue séquence d’expansion depuis plus de douze ans. Janvier 2026 marque ainsi un point d’inflexion, avec un indice à son plus bas niveau en six mois, tout en restant juste au-dessus de la barre des 50 points. Helmi Mrad, analyste senior chez BLOMINVEST Bank, a souligné dans un communiqué que « le PMI libanais pour janvier 2026 est tombé à 50,1 contre 51,2 en décembre 2025, mais il est resté marginalement au-dessus du seuil de 50. Par conséquent, la production est restée inchangée en janvier en raison de flux limités de nouvelles commandes, accompagnés d’une détérioration marginale continue des commandes des clients étrangers ».

Cette comparaison avec décembre met en évidence une décélération progressive : alors que la fin de 2025 avait bénéficié d’une activité accrue autour d’événements comme la visite papale à Beyrouth, qui avait temporairement boosté la demande intérieure, janvier 2026 montre une normalisation plus modeste. Les sous-indices du PMI – pondérés avec 30 % pour les nouvelles commandes, 25 % pour la production, 20 % pour l’emploi, 15 % pour les délais de livraison des fournisseurs et 10 % pour les stocks d’achats – révèlent une stabilité précaire. La production, par exemple, n’a pas progressé, marquant un plateau après les hausses modérées de la fin de l’année précédente. Les données de S&P Global indiquent que cette situation résulte d’une combinaison de facteurs internes et externes, avec une demande domestique qui, bien que soutenant l’indice, ne compense pas pleinement le recul des exportations.

Les publications du 5 février 2026 dans la presse régionale, notamment dans Al-Sharq Al-Awsat et Al Liwaa, ont relayé ces chiffres en insistant sur leur signification pour l’économie libanaise, toujours en phase de récupération après la crise financière de 2019. Al-Sharq Al-Awsat a rapporté que le PMI de janvier confirme une « croissance minimale », avec une comparaison défavorable à décembre où l’indice reflétait encore les effets positifs d’une activité saisonnière accrue. De même, Al Liwaa a mis en avant la persistance d’une expansion, mais a averti que le recul à 50,1 points signale des « inquiétudes croissantes sur la demande », en écho aux analyses de BLOMINVEST. Ces journaux, citant les données officielles de S&P Global, ont souligné que le Liban reste l’un des rares pays de la région à maintenir un PMI au-dessus de 50, contrastant avec des voisins comme l’Égypte ou la Jordanie, où les indices sont plus volatils en raison de pressions inflationnistes persistantes.

Une faiblesse persistante des commandes et une production en quasi-stagnation

Les détails du rapport PMI pour janvier 2026, tels que publiés par BLOMINVEST Bank, mettent en lumière une faiblesse marquée des nouvelles commandes, qui constituent le principal moteur de l’indice. Alors que les commandes domestiques ont légèrement progressé, elles l’ont fait à un rythme bien inférieur à celui observé en décembre 2025, où la croissance avait été la plus rapide depuis mai 2013. En janvier, les flux de nouvelles commandes ont ralenti de manière significative, entraînant une quasi-stagnation de la production. Les entreprises interrogées ont rapporté que l’activité commerciale est restée inchangée par rapport au mois précédent, un fait attribué à une demande intérieure qui, bien que résiliente, peine à accélérer en raison de contraintes budgétaires et d’une consommation prudente des ménages.

Selon les analyses relayées par Al-Sharq Al-Awsat dans son édition du 5 février 2026, cette faiblesse des commandes s’explique par une combinaison de facteurs locaux : les hausses des coûts d’importation, exacerbées par des frais de transport plus élevés, ont contraint les entreprises à répercuter ces augmentations sur les prix de sortie, freinant ainsi la demande. Le journal cite des données spécifiques indiquant que les nouvelles commandes ont augmenté à un rythme « considérablement plus doux » qu’en décembre, avec un sous-indice des commandes tombant proche du seuil de stagnation. De plus, la production, qui avait connu une expansion modérée en fin d’année 2025 grâce à une demande temporairement renforcée, s’est stabilisée en janvier, marquant une pause dans la reprise observée depuis l’été précédent.

Les secteurs les plus touchés incluent l’industrie manufacturière et la construction, où les retards dans les projets publics – dus à des retards dans l’adoption du budget 2026 – ont amplifié cette stagnation. BLOMINVEST note que les entreprises ont maintenu leurs niveaux d’emploi stables, évitant les embauches malgré une charge de travail en hausse modérée, ce qui reflète une prudence généralisée. Jana Boumatar, analyste junior chez BLOMINVEST, a commenté dans un rapport précédent que « la croissance a été principalement tirée par la demande domestique, temporairement renforcée par une activité économique accrue », mais que janvier montre un retour à une réalité plus austère. Al Liwaa, dans son article du 5 février, a détaillé que cette quasi-stagnation de la production est particulièrement visible dans les biens intermédiaires, où les stocks ont été gérés avec parcimonie pour éviter des surcoûts.

Les enquêtes du PMI révèlent également que les délais de livraison des fournisseurs se sont légèrement allongés en janvier, un signe de tensions dans les chaînes d’approvisionnement, potentiellement liées à des perturbations régionales. Bien que ces retards restent marginaux, ils contribuent à la perception d’une économie en mode de survie plutôt qu’en pleine relance. Les données historiques du PMI montrent que le Liban a connu des périodes similaires en 2024 et 2025, où des expansions timides ont été rapidement freinées par des chocs externes, comme les escalades au sud du pays ou les fluctuations des prix mondiaux de l’énergie.

Un léger recul des commandes étrangères accentue les vulnérabilités

Les commandes étrangères, un indicateur clé de la compétitivité internationale du Liban, ont enregistré un léger recul en janvier 2026, prolongeant une tendance à la contraction observée depuis plusieurs mois. Selon les données de S&P Global, les nouvelles commandes d’exportation ont glissé en territoire négatif, avec une détérioration marginale mais persistante par rapport à décembre 2025. Ce recul s’explique en partie par une demande internationale affaiblie, particulièrement en provenance des marchés européens et du Golfe, où les incertitudes économiques globales – incluant une croissance ralentie en zone euro – ont réduit les appétits pour les produits libanais.

BLOMINVEST Bank rapporte que les entreprises ont signalé une baisse des commandes de clients étrangers pour le huitième mois consécutif, bien que le rythme de ce déclin soit le plus doux observé récemment. Helmi Mrad a précisé que « la détérioration marginale continue des commandes des clients étrangers » a contribué à maintenir la production inchangée. Ce phénomène touche particulièrement les secteurs exportateurs comme l’agroalimentaire et les biens manufacturés, où les hausses des coûts de fret maritime – dues à des tensions en mer Rouge – ont érodé les marges. Les statistiques du PMI indiquent que les exportations nettes ont diminué de 0,5 point en sous-indice, un recul modeste mais symbolique d’une économie libanaise toujours dépendante des remises de la diaspora et des services pour équilibrer sa balance commerciale.

Dans le contexte régional, ce recul des commandes étrangères s’inscrit dans une dynamique plus large : les conflits persistants au Moyen-Orient, notamment les frictions à la frontière sud avec Israël, ont dissuadé certains partenaires commerciaux. Les données de la Banque du Liban montrent que les exportations totales ont stagné en 2025, avec une légère baisse vers l’Europe, un marché clé représentant environ 20 % des ventes extérieures libanaises. Al-Sharq Al-Awsat, dans son analyse du 5 février 2026, a souligné que ce recul accentue les vulnérabilités du Liban, déjà confronté à un déficit commercial chronique estimé à 16 % du PIB en 2025. Le journal note que les efforts pour diversifier les marchés, vers l’Afrique ou l’Asie, restent limités par des infrastructures défaillantes et une compétitivité prix affaiblie par l’inflation persistante.

Les secteurs des services, moins exposés aux exportations physiques, ont mieux résisté, avec une demande touristique qui, bien que saisonnière, soutient partiellement l’indice. Cependant, les enquêtes révèlent que les entreprises exportatrices ont réduit leurs stocks pour minimiser les risques, une stratégie qui pourrait limiter leur capacité à rebondir si la demande internationale se redresse.

Prudence dans les achats et gestion rigoureuse des stocks face aux pressions inflationnistes

Face à un environnement économique incertain, les entreprises libanaises ont adopté une approche prudente en matière d’achats et de gestion des stocks en janvier 2026. Le rapport PMI de BLOMINVEST indique que l’activité d’achat a augmenté, mais à un rythme modéré, avec les firmes préférant maintenir des niveaux de stocks bas pour éviter des coûts inutiles. Cette prudence s’explique par des pressions inflationnistes accrues : les coûts d’achat ont progressé au rythme le plus rapide en quatre mois, principalement en raison de hausses des prix d’importation et des frais opérationnels.

Les données montrent que les prix d’entrée ont augmenté, forçant les entreprises à relever leurs tarifs de sortie pour préserver leurs marges, un ajustement qui a atteint un pic sur 23 mois. S&P Global note que cette inflation des coûts est liée à des facteurs externes, comme les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et les fluctuations des devises. Les entreprises ont ainsi réduit leurs achats non essentiels, optant pour une gestion des stocks « juste à temps » pour minimiser les expositions. BLOMINVEST rapporte que les stocks d’achats ont légèrement diminué, reflétant une stratégie défensive face à une demande incertaine.

Cette gestion rigoureuse est particulièrement évidente dans l’industrie, où les délais de livraison allongés ont incité à des commandes plus petites. Les enquêtes du PMI révèlent que les firmes ont évité les embauches massives, maintenant l’emploi stable malgré une charge de travail accrue, une décision motivée par des coûts salariaux en hausse modérée. Al Liwaa, dans son édition du 5 février 2026, a décrit cette prudence comme une « réponse rationnelle à un environnement volatile », citant des exemples d’entreprises du secteur manufacturier qui ont réduit leurs inventaires de 5 % en moyenne par rapport à décembre.

Les implications de cette stratégie sont doubles : elle protège les bilans à court terme, mais pourrait limiter la capacité de réponse à une reprise de la demande. Dans un contexte où la Banque du Liban maintient une politique monétaire stricte pour stabiliser la livre – avec des réserves en devises à 11,95 milliards de dollars fin janvier 2026 – cette prudence reflète une adaptation aux contraintes financières persistantes.

Un climat pessimiste dominé par les risques géopolitiques persistants

Le sentiment des entreprises libanaises reste fermement pessimiste pour l’année 2026, avec les préoccupations sécuritaires au premier plan. Les enquêtes du PMI indiquent que les attentes pour les douze prochains mois sont négatives, les firmes citant les tensions régionales comme principal frein. Malgré des espoirs pour un réengagement avec le FMI et un soutien externe, les risques géopolitiques – notamment les frictions à la frontière sud et les instabilités au Moyen-Orient – pèsent lourdement sur la confiance.

BLOMINVEST note que le pessimisme est associé à des préoccupations sécuritaires, avec des preuves anecdotiques montrant que les entreprises anticipent des disruptions potentielles. Jana Boumatar a indiqué que « le sentiment des affaires est resté fermement pessimiste, reflétant des préoccupations sécuritaires persistantes, même si les espoirs pour un engagement renouvelé avec le FMI et un soutien externe continuent de soutenir les attentes pour une stabilisation à plus long terme ». Les données montrent que cette pessimisme est plus prononcé dans les secteurs exposés, comme la construction et les exportations, où les investissements sont reportés.

Les implications immédiates incluent une croissance projetée à 4 % pour 2026, conditionnée à une stabilité politique et des réformes, mais avec des risques baissiers liés à des escalades potentielles. Les remises de la diaspora, en hausse de 12 % au premier trimestre, et le tourisme restent des piliers, mais les vulnérabilités externes persistent, avec un déficit courant à 16,1 % du PIB. Les efforts de reconstruction, modestes, pourraient atténuer ces risques, mais les tensions régionales maintiennent un climat d’incertitude, influençant les décisions d’investissement et les stratégies opérationnelles des entreprises.

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