Des dirigeants de banques libanaises se seraient montrées inquiètes face à la proposition du Président de la République de déclarer un état de défaut de paiement concernant les obligations libellées en livre libanaise, deux ans après l’annonce d’un état de défaut de paiement sur les eurobonds.
Ce type d’obligation est principalement détenu par les banques locales, la caisse de sécurité sociale, les syndicats locaux et des particuliers
Pour rappel, le chef de l’état s’était étonné de voir un budget 2022 accordant un poste de dépense de 7 600 milliards de livres libanaises d’obligations dont 6 400 milliards comme service de la dette publique dont un tiers reviendra aux banques et les deux tiers à la Banque du Liban.
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Certains observateurs estiment que les versements de la dette publique interne pourraient encore provoquer une nouvelle hausse de la masse monétaire et donc une nouvelle poussée inflationniste en plus des autres facteurs favorisant la hausse des prix comme l’augmentation de certaines taxes, prix de services publics ou du dollar douanier qui s’alignerait sur le taux de la plateforme électronique de la Banque du Liban Sayrafa, vu que l’essentiel de l’économie est désormais une économie « cash » et non plus transitant par le secteur bancaire.
Cependant, certaines sources bancaires estiment que cette décision pourrait amener à une première mondiale et pourrait avoir des répercussions dramatiques pour le financement du secteur public. Ainsi, si une telle décision serait prise, seule la Banque du Liban pourrait encore financer l’état, ce qui aggraverait encore son déficit. Par ailleurs, les banques privées – qui détiennent 24% de la dette publique interne en livre libanaise – seront obligées d’annuler tout rendement des comptes actuels, faute d’avoir su diversifier leurs risques en accordant des prêts au secteur productif avant que la crise économique n’advienne.



