vendredi, janvier 23, 2026

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Les consultations parlementaires au Liban : vers la désignation d’un Premier ministre et un nouveau gouvernement

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Un nouveau président dans un contexte de crises multiples

L’élection de Joseph Aoun à la présidence libanaise, le 9 janvier 2025, marque une étape cruciale pour un pays confronté à l’une des crises les plus graves de son histoire moderne. Après sept mois de vacance présidentielle, cette élection a été saluée comme une percée politique. Toutefois, comme le souligne « Al Joumhouria » (11 janvier 2025), cet événement ne résout pas les défis structurels auxquels le Liban est confronté. La priorité immédiate est la formation d’un gouvernement capable de répondre aux attentes des citoyens et des partenaires internationaux.

Le président Aoun a rapidement convoqué les blocs parlementaires pour des consultations obligatoires prévues le lundi 13 janvier. Ces consultations, prévues par l’article 53 de la Constitution, visent à désigner un Premier ministre chargé de former un gouvernement. Selon « Al Liwaa » (11 janvier 2025), cette étape est perçue comme un test pour la capacité des forces politiques à travailler ensemble après des années de divisions profondes. Le contexte reste cependant tendu, avec des rivalités persistantes entre les différents blocs parlementaires.

Les principaux candidats au poste de Premier ministre

Selon « Addiyar » (11 janvier 2025), trois figures majeures émergent comme candidats potentiels au poste de Premier ministre. Najib Mikati, actuel chef du gouvernement intérimaire, est considéré comme le favori. Il bénéficie du soutien du président du Parlement, Nabih Berri, et de plusieurs blocs modérés. Mikati est perçu comme une figure consensuelle, bien que son bilan en tant que Premier ministre intérimaire soit critiqué pour un manque de progrès significatif sur les réformes.

Ashraf Rifi, ancien ministre de la Justice, représente une alternative radicale. Soutenu par des forces opposées au Hezbollah, Rifi est connu pour ses positions fermes sur la corruption et l’influence des milices armées. Sa nomination serait un message fort en faveur du changement, mais pourrait exacerber les tensions avec les blocs proches du Hezbollah.

Fouad Makhzoumi, homme d’affaires et député indépendant, est le troisième candidat sérieux. Soutenu par des blocs indépendants et des acteurs cherchant à rompre avec les pratiques politiques traditionnelles, il est perçu comme un outsider. Makhzoumi plaide pour un gouvernement technocratique composé d’experts capables de mettre en œuvre des réformes rapidement.

D’après « Al Binaa » (11 janvier 2025), les négociations entre les blocs parlementaires se concentrent sur la recherche d’un compromis. Le choix du Premier ministre devra refléter un équilibre entre les intérêts des forces politiques locales et les attentes des partenaires internationaux, notamment le FMI et la France, qui réclament des réformes structurelles.

Répartition des ministères : une lutte acharnée

La composition du futur cabinet est au cœur des débats. Certains ministères clés, comme les Finances, l’Intérieur, la Défense et l’Énergie, suscitent des rivalités intenses. Le ministère des Finances, traditionnellement attribué à un chiite, est convoité par le Hezbollah, qui souhaite maintenir son influence sur les décisions économiques. Cependant, les Forces libanaises et d’autres blocs appellent à nommer un technocrate indépendant à ce poste pour garantir une gestion plus transparente, selon « Al Liwaa » (11 janvier 2025).

Le ministère de l’Énergie, longtemps critiqué pour sa mauvaise gestion, est également en jeu. Le Hezbollah et ses alliés insistent pour conserver ce portefeuille stratégique, tandis que l’opposition plaide pour un changement radical afin de résoudre la crise énergétique. « Asharq Al-Awsat » (11 janvier 2025) rapporte que les partenaires internationaux surveillent de près cette nomination, estimant qu’une gestion efficace de ce ministère est essentielle pour attirer des investissements étrangers.

Le ministère de l’Intérieur, qui supervise les forces de sécurité et les élections, est un autre point de friction. Najib Mikati et ses soutiens sunnites cherchent à obtenir ce portefeuille, tandis que les blocs chrétiens réclament une répartition plus équitable. Le ministère de la Défense, essentiel dans un contexte de tensions régionales, pourrait rester sous la responsabilité d’un technocrate pour éviter des conflits partisans.

Les défis économiques : réformes nécessaires et attentes internationales

La crise économique libanaise est l’une des plus graves au monde, selon la Banque mondiale. La monnaie nationale a perdu plus de 90 % de sa valeur depuis 2019, et le taux de pauvreté dépasse désormais 80 %. Le futur gouvernement devra s’attaquer à des problèmes structurels, notamment la restructuration du secteur bancaire, la lutte contre la corruption et la relance des infrastructures publiques.

« Al Quds Al Arabi » (11 janvier 2025) souligne que la relance économique dépendra en grande partie de la capacité du Liban à répondre aux exigences du FMI. Les réformes conditionnent le déblocage de financements internationaux vitaux pour stabiliser le pays. Parmi les priorités figurent la réduction du déficit budgétaire, la réforme des subventions et la mise en œuvre d’un plan de relance pour le secteur de l’électricité. La communauté internationale, notamment la France et les États-Unis, insiste sur la nécessité d’un gouvernement technocratique capable de mener ces réformes sans ingérence partisane.

Le ministère des Finances jouera un rôle central dans ces efforts. « Addiyar » (11 janvier 2025) rapporte que des discussions sont en cours pour inclure des experts indépendants dans le cabinet. Cela permettrait de rassurer les bailleurs de fonds et de garantir une gestion plus efficace des ressources publiques.

Tensions politiques et enjeux régionaux

Le discours d’investiture de Joseph Aoun a mis l’accent sur la souveraineté nationale et le monopole de l’État sur les armes. Cette déclaration, perçue comme un message direct au Hezbollah, a suscité des réactions contrastées. « Al Sharq » (11 janvier 2025) souligne que cette position pourrait compliquer les négociations pour la formation du gouvernement. Le Hezbollah et ses alliés cherchent à préserver leur influence, tandis que certains blocs, comme les Forces libanaises, réclament une position plus ferme contre les milices armées.

Sur le plan régional, les relations avec Israël, la Syrie et les pays du Golfe restent des dossiers sensibles. Le Liban doit naviguer avec prudence pour éviter une escalade des tensions. « Asharq Al-Awsat » (11 janvier 2025) rapporte que la communauté internationale surveille de près les initiatives libanaises en matière de gestion des frontières et de lutte contre le trafic d’armes. La résolution de ces problèmes est perçue comme essentielle pour stabiliser le pays et attirer des investissements étrangers.

Perspectives pour la formation du gouvernement

Trois scénarios principaux se dessinent pour la formation du gouvernement. Le premier est un cabinet d’union nationale, regroupant toutes les forces politiques. Cette option, bien qu’elle puisse favoriser la stabilité, risque d’être paralysée par des désaccords internes. Le deuxième scénario est un gouvernement technocratique, composé d’experts indépendants. Soutenue par les partenaires internationaux, cette option est perçue comme la plus efficace pour mettre en œuvre des réformes rapidement, mais elle pourrait se heurter à l’opposition des blocs traditionnels. Enfin, un gouvernement minoritaire, soutenu par une coalition restreinte, pourrait permettre une prise de décisions rapide mais manquerait de légitimité.

« Al Joumhouria » (11 janvier 2025) rapporte que le président Aoun espère conclure les consultations parlementaires rapidement pour éviter tout retard dans la formation du cabinet. Cependant, les rivalités politiques et les exigences contradictoires des différents blocs rendent ce processus particulièrement complexe.

Conclusion : un tournant décisif pour le Liban

Les consultations parlementaires et la formation du gouvernement représentent un test crucial pour la présidence de Joseph Aoun. Les attentes des citoyens, épuisés par des années de crise, et des partenaires internationaux sont élevées. Chaque décision prise dans les semaines à venir aura un impact durable sur l’avenir politique, économique et social du Liban. La capacité des forces politiques à surmonter leurs divisions sera déterminante pour amorcer une reconstruction du pays et restaurer la confiance des citoyens.

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Newsdesk Libnanews
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