« Le temps de la vie de l’homme, un instant; sa substance, fluente; ses sensations, indistinctes; l’assemblage de tout son corps, une facile décomposition; son âme, un tourbillon; son destin, difficilement conjecturable; sa renommée,  une vague opinion ». Sénéque- La brièveté de la vie-

Depuis qu’on nous a servi les élans éphémères et les initiatives apparentes, les prémisses qui conditionnent les dispositions des uns et des autres ne déclenchent en tant de nos responsables que le prétexte d’émergentes « nécessités » en dernière minute. Ainsi, le dialogue dit national va perdre à coup de drastiques négligences sa plus évidente raison d’être: Une concertation normale; libre, fonctionnelle et dévouée, sans compter, au salut de la patrie. Cependant, les sujets conflictuels de fond dominent jusqu’aujourd’hui les scènes, économique et politique locales. La recherche de solutions viables demeure plus que jamais ligotée par le climat explosif au Moyen Orient.

Cependant, en continuant de miser sur l’expectative d’une redéfinition des zones d’influences dans la région, on pourrait encore plus fragiliser nos structures constitutionnelles par l’impact négatif régional. La très précaire stabilité sécuritaire du pays risquerait de sombrer sous les retombées directes des guerres confessionnelles au nom de l’Islam. Elles sont l’outil d’une transformation des rapports de force entre les fils du prophète Mohammed. Ces conflits seraient commandités de l’intérieur d’un monde arabe fort perplexe face au rôle de l’Iran vis à vis des grandes puissances. Néanmoins, tout celà se passe au détriment d’un urgent appui pour la défense de justes démocraties. La priorité va aux carnages humains qui se déroulent sur les sols, Irakien et Syrien. Dans ce gravissime contexte, l’axe de tout dialogue constructif au Liban ne peut être initié ni développé avec une mentalité auto-protectrice des diverses tendances divergentes. Il s’avère inutile donc de se retrouver encore entre « partenaires » de la nation pour sauver des échanges superficiels au milieu de blessures saillantes. Elles incarnent ce lourd et sourd silence promoteur d’immobilisme.

On l’a tous compris: l’échange émotionnel menace de déborder sur la clarté mentale. Pourtant, sans une calme et pondérée lucidité, les adhérents aux tendances opposées ne pourraient chercher ni trouver un terrain possible propice d’entente pour établir un tronc national commun. Les « politiques » actuelles ne sont plus valides aux normes des pensées conciliatrices. Ces idéologies ne fonctionnent que pour elles, loin de tout ce qui se rapporte aux besoins du citoyen. Une attitude de tonicité systématique à coup de verbes durs et de blocages ne peut permettre de réaliser, même au meilleur des cas qu’un accord ponctuel. Son but servirait l’opportunité des intérêts par des minces accords selon ou en attendant une conjoncture favorable chargée d’influences. En somme, on veut en vain nous convaincre que la coexistence passe toujours par les mêmes personnages qui représentent ces prérogatives taillées à la mesure de leur cercle.

Il faudrait rappeller nos concitoyens que les premières valeurs qui fondent nos appartenances communes existent déjà fortement en chacun, sont peu considérées et rarement ouvertement défendues. Elles concernent pourtant des valeurs communes dont; le droit de vivre dans la sécurité physique, la paix relationnelle avec tout autre individu et la libre expression de pensée et d’action, responsable de respecter également celle d’autrui. Le chemin le plus court vers la solution de nos maux serait-il de proclamer une feuille de route qui nous unit indiscutablement sans controverse: Ouvrer pour partager ensemble la paix et éloigner tout malheur? 

Joe Acoury.

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